Culture

La Bourse de Commerce fête les 200 ans de la photographie avec Remember Me, et pour une fois on vous conseille d’y foncer sans trop réfléchir

posted by Vincent 12 octobre 2026
Affiche officielle de l'exposition Remember Me a la Bourse de Commerce, un oeil en noir et blanc encadre de rouge

La photographie a tout juste deux cents ans. Pour marquer le coup, la Collection Pinault ouvre grand les portes de sa Bourse de Commerce et sort du coffre ce qu’elle garde de plus précieux. Remember Me, depuis le 7 octobre et jusqu’au 18 janvier 2027.

C’est la première fois que le lieu consacre une exposition entière à la photo. Et ils n’ont pas fait les choses à moitié.

Près de sept cents tirages, signés par plus de soixante-dix photographes. Autant dire qu’on ne traverse pas ça en vingt minutes.

Le titre vient d’une œuvre de Barbara Kruger, et il résume assez bien l’idée : chaque image porte en elle une mémoire, un instant qu’on a voulu retenir avant qu’il file. Les commissaires Matthieu Humery et Emma Lavigne ont construit le parcours autour de ça, le temps des images, du noir et blanc argentique au numérique.

Le gros morceau, c’est Irving Penn. Près de quatre cent cinquante photos rien que pour lui, des années 1940 jusqu’au début des années 2000. Portraits, mode, natures mortes. Du grand Penn, celui qui cadrait un mégot écrasé comme un visage de star. À voir avant le 10 janvier, cette partie-là ferme plus tôt que le reste.

Irving Penn: A Career in Photography

Pour prolonger la salle Irving Penn de l’expo, ce beau livre retrace soixante-dix ans de sa carriere.

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Juste à côté, Raymond Depardon et sa série La France, celle des sous-préfectures tristes et des places désertes photographiées à la chambre entre 2005 et 2009. C’est lent, c’est gris, c’est magnifique. Le contraire total du spectaculaire, et ça fait un bien fou.

Et puis il y a la rotonde. Barbara Kruger y a installé The History of Tears, pensée pour le lieu, avec des citations géantes tirées de 1984 d’Orwell et d’Aimé Césaire qui courent sur les murs et le sol. On entre là-dedans un peu écrasé, c’est voulu.

Au milieu de tout ça, les noms défilent. Cartier-Bresson, Man Ray, Cindy Sherman, Annie Leibovitz, Richard Avedon, Helmut Newton, Claude Cahun, Gustave Le Gray. Deux siècles d’histoire rassemblés sous une même coupole.

Comptez 15 euros l’entrée, 10 en tarif réduit. C’est 2 rue de Viarmes, dans le premier.

Si vous voulez mon avis, c’est l’expo à caler avant les fêtes. Pas pour cocher une case culturelle, juste pour prendre une grosse claque devant des images qu’on a tous déjà croisées sans jamais les voir en vrai.

Crédit photo : expo.paris

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