Culture

DC lâche enfin un film d’horreur pour adultes avec Clayface, et c’est Mike Flanagan qui tient la seringue

posted by Vincent 20 octobre 2026
Affiche officielle du film Clayface (DC Studios), visage de Matt Hagen se changeant en argile rouge

Ça fait des années qu’on nous promet un univers DC plus audacieux. Avec Clayface, en salles depuis le 21 octobre, James Gunn tient enfin sa promesse. Voilà un film classé hard R, gore jusqu’au trognon, qui n’a strictement rien à voir avec les bastons en collants dont le genre nous gavait.

Le pitch tient de la vieille tragédie. Matt Hagen est un acteur en pleine ascension, défiguré par un chef mafieux. Un scientifique lui propose un traitement expérimental pour retrouver son visage. Ça marche. Sauf que voilà, son corps se met à devenir argile vivante, et son esprit part en miettes à mesure qu’il perd le sens de qui il est. Clayface, dans les comics, c’est un ennemi récurrent de Batman. Ici, aucune importance : le film se tient tout seul, pas besoin d’avoir révisé le moindre épisode du DCU.

Ce qui change tout, c’est l’équipe. Le scénario est signé Mike Flanagan, l’homme derrière The Haunting of Hill House et Doctor Sleep, épaulé par Hossein Amini. La réalisation revient à James Watkins, qui avait déjà glacé pas mal de monde avec Eden Lake. Dans le rôle-titre, un acteur gallois encore peu connu chez nous, Tom Rhys Harries, entouré de Naomi Ackie, Max Minghella et l’excellent Eddie Marsan. Le genre de distribution qui ne hurle pas le blockbuster, et c’est tant mieux.

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Les premiers retours sont étonnamment chaleureux. Les critiques parlent d’un film dégoûtant, inventif, et carrément drôle par moments, qui assume son body horror sans jamais le planquer. Certains y voient même un hommage sincère aux vieilles romances gothiques, celles où le monstre souffre plus qu’il ne fait peur. 1h49 de métamorphose poisseuse, donc, avec une vraie mélancolie dessous. On est loin du film de commande calibré pour vendre des figurines, et c’est peut-être ça, la vraie surprise.

Le pari de DC est clair. Plutôt que d’empiler les crossovers, le studio tente une horreur d’auteur, modeste et frontale, construite autour d’une seule tragédie humaine. Si ça marche, on tient peut-être le début d’une vraie branche adulte à côté des grosses machines.

Est-ce que ça vaut le détour ? Si vous fuyez les films de super-héros parce qu’ils se ressemblent tous, Clayface est précisément le contre-exemple. C’est petit, c’est méchant, c’est triste, et ça ne cherche surtout pas à lancer dix suites. Attention quand même : le classement adulte n’est pas volé, les âmes sensibles passeront leur chemin. Pour les autres, c’est l’une des propositions les plus bizarres et attachantes du mois dans une salle obscure.

Crédit photo : AlloCiné / DC Studios

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