Culture

Belmondo le Magnifique : la Cinémathèque rallume enfin l’acteur le plus libre du cinéma français

posted by Vincent 19 octobre 2026
Jean-Paul Belmondo sur le tournage de Pierrot le fou, aux côtés de Jean-Luc Godard derrière la caméra

Cinq ans après sa mort, la Cinémathèque française consacre à Jean-Paul Belmondo la grande rétrospective qu’il méritait depuis longtemps. « Belmondo, le Magnifique » occupe les salles du 51 rue de Bercy jusqu’au 31 janvier 2027, et pour une fois le titre n’est pas du marketing : c’est bien un monument qu’on célèbre, pas une simple vedette populaire.

Le parcours est signé Clémentine Deroudille, qui avait déjà réussi les expos Brassens et Barbara, et ça se sent. On n’est pas devant une vitrine poussiéreuse d’affiches alignées. Il y a des costumes, des photos de tournage, des archives personnelles prêtées par la famille, et surtout cette idée simple que Belmondo, c’est d’abord un corps en mouvement. Un acteur qui cascadait lui-même, qui courait sur les toits, qui sautait d’un hélicoptère sans doublure. L’expo l’a compris et joue la carte physique : des bornes où vous écoutez ses répliques cultes, un quiz musical, et même un fond vert pour vous filmer en train de rejouer une cascade. C’est malin, c’est joueur, et ça colle parfaitement au bonhomme.

Ce qui frappe, en traversant les salles, c’est l’amplitude de la carrière. Quatre-vingt-dix films. L’intello de la Nouvelle Vague chez Godard et Melville d’un côté, le roi du box-office populaire de l’autre, celui de L’Homme de Rio, du Magnifique et de Peur sur la ville. Belmondo a passé sa vie à refuser qu’on le range dans une case, et c’est sans doute ça le vrai sujet de l’expo : un type qui pouvait être Pierrot le fou le lundi et un flic cascadeur le vendredi, sans jamais se renier.

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Pour prolonger la visite, le coffret qui réunit L’Homme de Rio et Le Magnifique, deux sommets de la période populaire :

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En parallèle, la Cinémathèque déroule une rétrospective de ses films sur grand écran, avec rencontres et conférences. C’est franchement le bon moment pour revoir Léon Morin, prêtre ou À bout de souffle dans de vraies conditions, loin d’un écran de salon.

Comptez 14 euros plein tarif, 11 pour les 18-25 ans, 7 pour les plus jeunes, et c’est gratuit avec le Libre Pass. Pour qui a grandi avec ses films du dimanche soir, c’est un passage presque obligé. Et pour les plus jeunes qui ne connaissent Bébel que de nom, c’est l’occasion de comprendre pourquoi un acteur peut devenir, à lui seul, une certaine idée du cinéma français.

Crédit photo : La Cinémathèque française

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