
Il y a des artistes qu’on a du mal à ranger dans une case, et Aloïse Sauvage en fait clairement partie. Rappeuse, chanteuse, danseuse, circassienne, actrice vue dans 120 battements par minute puis dans Hors normes : la liste donne presque le tournis. Révélée dans la catégorie scène aux Victoires de la musique en 2020, elle revient le 23 octobre avec La Foudre, son nouvel album, et cette fois elle a tout tenu elle-même.
C’est peut-être ça le vrai sujet. Après Déraille puis Sauvage, elle sort ce disque en indépendante, sans gros label derrière pour arrondir les angles. Douze titres écrits dans l’après d’une rupture amoureuse, avec cette idée simple et un peu casse-gueule de faire de la chute quelque chose de constructif. L’amour, le vertige, la solitude, puis la liberté qu’on finit par récupérer : le programme est posé, et il ne triche pas sur son point de départ.
Les extraits déjà sortis donnent le ton. tomboy jouait sur l’identité et le regard des autres avec cette énergie un peu rageuse qui est sa marque, antidote tire plutôt vers la reconstruction. On reconnaît sa façon de passer du flow parlé au refrain qui décolle, sans jamais vraiment choisir entre le rap et la pop. C’est ce grand écart qui agace certains et qui plaît énormément à d’autres.
En attendant La Foudre, son album précédent reste la meilleure porte d’entrée dans son univers.
Sauvage (album) → voir sur Amazon
Lien affilié Amazon. En tant que Partenaire Amazon, je réalise un bénéfice sur les achats remplissant les conditions requises.
Mon avis, avant d’avoir le disque en entier ? Il y a de quoi être plutôt confiant. Sauvage tenait déjà debout tout seul, et une rupture racontée sans pathos, ça lui va bien, parce qu’elle a toujours mis du corps et du mouvement là où d’autres mettent des violons. Le risque, c’est l’album de rupture qui tourne au journal intime un peu plombant. Sauf qu’avec elle, on a quand même peu de doutes que ça reste nerveux.
Pour qui c’est, du coup ? Pour celles et ceux qui aiment la chanson française quand elle ne reste pas sagement dans son couloir, quelque part entre Pomme, Yseult et une scène rap plus brute. Si vous l’avez découverte sur scène, vous savez déjà qu’elle donne tout. Douze titres, c’est long pour un disque de rupture, et c’est là que tout va se jouer. Mais le pari est franchement tentant.
La Foudre, le 23 octobre.
Crédit photo : Aloïse Sauvage





