
Il y a des marques qui ne trichent jamais. Aardman en fait partie. Le studio britannique derrière Wallace et Gromit ressort Shaun le mouton pour une aventure d’Halloween, en salles depuis le 21 octobre, et c’est à nouveau du travail d’orfèvre image par image.
Le pitch tient sur un timbre-poste. À la ferme de Mossy Bottom, tout le monde se prépare pour la fête quand le Fermier, maladroit comme toujours, écrabouille les citrouilles du troupeau. Shaun se transforme alors en petit savant fou pour réparer les dégâts. Forcément, ça déraille. Le Fermier disparaît, une créature poilue se met à rôder dans les bois, et les moutons partent à sa recherche dans une nuit qui sent le loup-garou de série B.
Ce qui frappe d’abord, c’est le muet. Shaun ne parle pas, personne ne parle vraiment, juste des bêlements, des grognements et des bruitages. Tout passe par le regard, le mouvement, le timing. À l’heure où l’animation industrielle balance des dialogues à la pelle pour meubler, voir un film miser à ce point sur le geste pur, ça fait du bien. Les réalisateurs Steve Cox et Matthew Walker connaissent la maison et ne cherchent pas à réinventer la formule. Ils la polissent.
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La durée joue en sa faveur. 1h20, pas une minute de trop, et encore, le film traîne un peu la patte dans son deuxième tiers avant de relancer la machine. Mais quand les gags s’enchaînent, c’est du grand Aardman : des clins d’œil aux classiques de l’horreur glissés pour les parents, une mécanique de cascades qui frôle le burlesque muet des débuts du cinéma, et ce soin maladif du détail dans chaque figurine en pâte.
La presse a mis 3,9 sur 5, les spectateurs 3,8. Autant dire que personne ne crie au chef-d’œuvre, et c’est honnête. On n’est pas devant un Chicken Run, ni devant le premier long métrage de 2015 qui reste le sommet de la franchise. On est devant un épisode saisonnier bien fichu, qui remplit sa mission sans faire semblant.
Pour qui, du coup ? Les enfants vont adorer la bête et les citrouilles. Les adultes, eux, viennent pour l’artisanat, pour cette texture que le numérique n’imitera jamais vraiment. Allez-y en famille, c’est exactement le genre de séance qui justifie encore le déplacement en salle. Et c’est plus malin que la moyenne des dessins animés d’octobre.
Crédit photo : StudioCanal





