Vous connaissez forcément le principe, même sans connaître le nom. Nouvelle Vague, c'est ce projet français qui, il y a une vingtaine d'années, reprenait les classiques du post-punk et de la new wave en bossa nova, avec des voix féminines et un son qui donnait l'impression qu'on écoutait tout ça allongé sur une plage brésilienne. Joy Division joué comme du Gilberto, ça avait de quoi faire grincer les puristes, et pourtant ça marchait.
Les revoilà, et cette fois ils s'attaquent à un seul groupe : Depeche Mode. A Date With Depeche Mode sort le 30 octobre chez Kwaidan Records et [PIAS], treize titres enregistrés entre Rio de Janeiro et Paris.
Le programme donne un peu le vertige quand on appartient à la génération qui a usé ces chansons. Enjoy the Silence, Personal Jesus, Just Can't Get Enough, Stripped, Behind the Wheel, Never Let Me Down Again... autant de tubes qu'on croyait connaître par cœur et qu'on redécouvre déshabillés de leurs synthés froids.
Car c'est là tout l'enjeu. Depeche Mode, c'est la grande messe électro-sombre, les claviers glacés et la voix caverneuse de Dave Gahan. Tout l'inverse d'une guitare nylon et d'une chanteuse qui murmure. Sur le papier, ça ne devrait pas tenir.
Et si vous découvrez Nouvelle Vague avec cet album, leur disque 3 reste une excellente porte d'entrée, avec déjà une reprise de Depeche Mode dessus.
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Sauf que Nouvelle Vague a toujours joué de ce contraste. En ralentissant Personal Jesus, en posant Stripped sur un tempo jazz, Marc Collin, tête pensante du projet depuis le début, révèle à quel point ces mélodies tiennent debout une fois l'habillage retiré. Enlevez les synthés, il reste de vraies chansons.
Côté voix, la maison a invité du beau monde : Skye Edwards de Morcheeba, Flavia Coelho, Mélanie Pain, Fredrika Stahl, Phoebe Killdeer. Chaque titre devient une rencontre entre un timbre et un morceau, et c'est souvent là que la magie opère.
Est-ce que ça va plaire aux fans les plus durs de Depeche Mode ? Pas certain, et on les comprend. Il y a quelque chose d'un peu sacrilège à transformer une liturgie gothique en apéritif ensoleillé.
Mais si vous aimez les relectures bien pensées, ou simplement l'idée d'entendre ces tubes autrement, c'est une très chouette proposition. À écouter de préférence un dimanche d'automne, un verre à la main, en laissant la nostalgie faire son travail.
Crédit photo : Side-Line


