
Il y a des voix qu’on reconnaît en trois secondes. Celle de Chaka Khan en fait partie, et elle vient de ressortir un disque, Chakzilla, paru le 18 septembre. Son treizième album studio, sept ans après Hello Happiness. Autant dire une éternité à l’échelle de la pop.
Pour ceux qui débarquent, Chaka Khan c’est I’m Every Woman, Ain’t Nobody, I Feel For You, des tubes qui ont traversé les années 70 et 80 sans prendre une ride. À 73 ans, elle aurait pu se contenter d’un best of et d’une tournée nostalgie. Elle a préféré rentrer en studio avec Greg Kurstin, le producteur qui a bossé avec à peu près tout le monde, d’Adele à Paul McCartney.
Le résultat tient en dix titres, trente-trois minutes, pas une de plus. Et une liste d’invités qui donne le vertige : Snoop Dogg débarque sur Boogie’s in My Soul, Lenny Kravitz pose sa guitare sur Bring the Party, et Sia signe deux morceaux, Cool You Down et Heart of Gold. Sur le papier, c’est un pont entre générations plutôt malin.
Dans les faits, c’est un peu plus compliqué. L’album assume un disco très calibré, très 2026, tout en synthés propres et beats millimétrés. Du coup il y a un léger paradoxe : on colle une production ultra moderne sur une chanteuse qui, elle, vient du vrai funk organique, celui qui transpirait. The Arts Desk lui a mis trois étoiles sur cinq, en saluant la présence et la musicalité intactes de Chaka tout en pointant ce côté simulation de disco un peu trop lisse. Je trouve le reproche juste.
Avant de vous jeter sur Chakzilla, un petit retour aux sources s’impose avec la compilation de ses plus grands tubes.
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Mais bon, la voix, elle, répond toujours présente. C’est elle qui sauve les morceaux les plus formatés, et c’est quand même pour ça qu’on vient. Quand Chaka Khan ouvre les vannes, le reste passe au second plan.
2026 est d’ailleurs clairement son année. En plus de l’album, une comédie musicale lui est consacrée dans le West End londonien, et les singles se sont enchaînés depuis le printemps.
Alors faut-il foncer ? Si vous cherchez le chef-d’œuvre funk de l’année, passez votre chemin. Si vous avez envie d’entendre une légende s’amuser encore, sans se prendre au sérieux, ça se considère tout à fait. Trente-trois minutes, c’est vite écouté, et la voix vaut largement le détour.
Crédit photo : BMG / EarthSong





