On croyait Dupontel reparti pour de bon du côté du drame après Second Tour, sa farce politique de 2023. Erreur. Le 11 novembre, il revient à ce qu'il fait de mieux depuis Bernie : la comédie bien noire, celle qui vous fait rire devant un corbillard.

Le pitch tient en une phrase et annonce déjà le pire, dans le bon sens. Dans une famille de croque-morts, deux sœurs et un frère se retrouvent pour les funérailles de leur mère. Problème, le personnel de la maison est en grève. Du coup, les trois enfants doivent accomplir eux-mêmes tout le protocole funéraire, cercueil, mise en bière, cortège, tout le bazar. Un deuil qui tourne au chantier, avec la fratrie coincée au milieu.

Au casting, Dupontel s'entoure bien. Il y a Louise Coldefy, Julia Piaton, et surtout Artus, auréolé du succès monstre d'Un p'tit truc en plus. Le réalisateur lui-même est aussi devant la caméra, comme souvent. Le film est court, 1h21 à peine, et ça dit beaucoup de l'intention : pas de gras, du rythme, on entre et on sort avant que la mécanique s'essouffle. Pathé distribue, le tournage s'est fait du côté de Bry-sur-Marne en début d'année.

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En attendant le 11 novembre, de quoi réviser le cinéma noir et tendre de Dupontel :

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Qu'attendre de tout ça ? Dupontel a un passif solide avec le sujet. Adieu les cons lui avait valu une pluie de César en 2021, et sa façon de mêler burlesque et mélancolie reste assez unique dans le cinéma français. Le terrain du funéraire lui va comme un gant : c'est macabre, c'est absurde, c'est pile sa zone. La grève comme moteur comique, c'est aussi très français, et ça ouvre une petite satire sociale sous le rire.

Reste la question qui fâche. Second Tour avait divisé, certains l'ayant trouvé plus bavard qu'inspiré, et Dupontel peut parfois forcer le trait émotionnel, basculer du grinçant au larmoyant en une seule scène. Avec un sujet pareil, la ligne de crête est fine entre la vraie comédie noire et le gag potache sur les morts. On verra bien de quel côté il penche.

Mais bon, difficile de bouder un Dupontel qui retourne à la farce après une parenthèse plus sérieuse. Si vous aimez son cinéma, celui qui rit jaune et vise le cœur, c'est à mettre dans l'agenda du 11 novembre. Pour les autres, ce sera peut-être l'occasion de découvrir une signature qui ne ressemble à aucune autre par chez nous.

Crédit photo : Pathé Films