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« Wonder Wheel »: Woody Allen n’est plus ce qu’il était

Posté par MaryCherryTree 6 février 2018 0 commentaire

Un film de Woody Allen (2018)

Synopsis officiel: Wonder Wheel croise les trajectoires de quatre personnages, dans l’effervescence du parc d’attraction de Coney Island, dans les années 50 : Ginny, ex-actrice lunatique reconvertie serveuse ; Humpty, opérateur de manège marié à Ginny ; Mickey, séduisant maître-nageur aspirant à devenir dramaturge ; et Carolina, fille de Humpty longtemps disparue de la circulation qui se réfugie chez son père pour fuir les gangsters à ses trousses.

Avec: Kate Winslet, Justin Timberlake, James Belushi

N.B : Je ne vais pas me lancer dans les méandres du débat sur la séparation entre l’artiste et l’œuvre pour le moment ; peut-être aurais -je le temps de m’exprimer plus amplement sur le sujet dans un autre article. Mais laissez-moi quand même faire une simple remarque : c’est étrange à quel point l’intrigue de son dernier film fait écho à la vie personnelle de Woody Allen et au scandale qui l’entoure !

Au centre de l’intrigue, il y a Ginny. Magnifiquement interprétée par Kate Winslet, cette ex-actrice au bord de la crise de nerfs valse entre son mari alcoolique violent, son fils pyromane, et ses migraines insoutenables, sans jamais savoir où poser les pieds. Quand soudain, Mickey déboule dans sa vie : ce maître-nageur, incarné par Justin Timberlake (qui n’a cesse de prouver qu’il est probablement meilleur acteur que chanteur…),  de vingt ans son cadet, réveille en elle une passion et un appétit pour la vie qu’elle n’avait connues que sur les scènes de théâtres. Mais leur idylle est troublée par la venue de la jeune Carolina (Juno Temple), la belle-fille de Ginny, qui est recherchée par son ex-mari et qui déclenchera une violente jalousie chez Ginny.

 

Tout le long du film, le doute plane : où se trouve la limite entre le réel, et le joué ? Sommes-nous en train de voir le destin de personnages réels, ou est-ce une mise en abime cinématographique, où chaque personnage joue lui-même un rôle ? Car lorsque Mickey récite des poèmes, on ne peut s’empêcher d’avoir un petit sourire en coin en admirant sa fausse niaiserie ; et Ginny ne semble toujours pas sortie de ses vieux costumes de scène. La lumière qui baigne les personnages est souvent artificielle, elle aussi : entourés d’un halo rouge, orange, ou jaune, l’intrigue se plie et se déplie dans une étrange fausseté. Le seul personnage ancré dans le réel n’est autre que Humpty, mari de Ginny et père de Carolina, à la fois inquiétant et attendrissant.

Là réside la grande force de Wonder Wheel. En jouant sans cesse sur cette illusion du réel, Woody Allen nous fait douter jusqu’à la dernière minute sur ce que nous sommes en train de voir. Malheureusement, le scénario est terriblement plat… Lorsqu’on a été habitués à des chefs d’œuvre comme Match Point ou Annie Hall, il est difficile de retrouver Woody Allen dans ce film, notamment dans les répliques qui sont plus plates que des crêpes natures. L’intrigue est très prévisible et la fin, plus que décevante… Allen signe là un film peu distrayant bien qu’intéressant, à défaut de pouvoir mêler les deux comme ils savaient si bien le faire auparavant ; quel dommage !

Le petit plus : Une ambiance très réussie ; tout le film se déroule dans l’immense fête foraine de Coney Island dans les années 50’, B.O à l’appui ! Et un personnage hilarant bien trop peu exploité : le fils pyromane de Ginny.

Le petit moins : Le rythme trop lent, voire ennuyeux.

6.5/10

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