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« Patti Cake$ », Patricia rappe mieux que toi !

Posté par HeHo 4 septembre 2017 0 commentaire

(film de Geremy Jasper, 2017)

Synopsis officiel : Patricia Dombrowski, alias Patti Cake$, a 23 ans. Elle rêve de devenir la star du hip-hop, rencontrer O-Z, son Dieu du rap et surtout fuir sa petite ville du New Jersey et son job de serveuse dans un bar miteux. Elle doit cependant s’occuper de Nana, sa grand-mère qu’elle adore, et de Barb, sa mère, une chanteuse ratée et totalement instable. Un soir, au cours d’une battle sur un parking, elle révèle tout son talent de slammeuse. Elle s’embarque alors dans une aventure musicale avec Jheri, son meilleur ami et Basterd, un musicien mutique et asocial.

Avec : Danielle Macdonald, Bridget Everett, Siddharth Dhananjay …

Mon avis : Pour cette rentrée cinématographique je n’avais pas lu le “pitch” de Patti Cake$ ci-dessus, j’avais juste envie d’un bon film de fin d’été et j’avais entendu parler de celui-ci lorsqu’il s’était fait remarquer à la quinzaine des réalisateurs de Cannes, au printemps dernier. Vu que le hip-hop est le sujet du film, puisque le destin de l’héroïne (jouée par Danielle Macdonald) y est très lié, la bande originale rap du film est très présente dès les premières minutes. Certes, ma tête a bougé de plaisir dans mon petit fauteuil de cinéma mais j’ai aussi eu peur que le film se résume à un teenage movie américain avec le groupe de rap de lycée, les difficultés, les amours, les emmerdes et enfin une morale disant de suivre sa destinée et de croire en ses rêves. En fait, rien de tout ça. Si Patti Cake$ est un peu prévisible sur certains traits scénaristiques, la globalité de ce premier film de Geremy Jasper tient très bien la route.

Le gros point fort du film réside dans les personnages, extrêmement bien écrits et attachants. Danielle Macdonald capte tout de suite l’attention du spectateur. En trois scènes, l’actrice nous emmène facilement dans le quotidien pas très marrant de son personnage Patricia Dombrowski. On rit facilement de sa situation pourtant engluée dans beaucoup de mélancolie, on a envie de la pousser à rapper plus fort comme son pote Jheri et on exulte quand elle lâche un de ses meilleurs couplets qu’elle a écrit sur son carnet, derrière le comptoir du bar pourri où elle renvoie chier les habitués lourdingues.

Le freestyle ci-dessus est un moment rare où faire du rap est possible pour Patricia alias Killa P. Elle délire avec son ami l’espace d’un instant mais le reste du temps elle est coincée entre ses deux boulots et sa famille. Sa mère, une chanteuse ratée qui ne lui donne pas beaucoup de force et d’espoir pour essayer d’être une artiste à son tour. Sa grand-mère, malade et en fauteuil, dont elle doit payer les frais médicaux faute de sécurité sociale descente. C’est au cours d’une balade avec sa grand-mère, qu’elle tombe dans la maison/cabane que s’est construit Basterd, qui, outre le fait qu’il est « mutique et asocial », se décrit comme anarchiste et antéchrist. Comme les personnages de la mère ou la grand-mère de Patricia, Basterd apporte quelque chose de très fort au film qui est vraiment incarné par ses personnages.

L’histoire que raconte Patti Cake$ est bien dosée. Elle est totalement en prise avec les enjeux de société du bled du New Jersey où se déroule l’action, sans avoir la prétention d’être une fresque sociale. C’est un film musical sans que ça ne vienne jamais prendre le dessus sur la narration qui, quand elle s’affaiblit un peu, est toujours relevée par ses personnages.

Note : 7,5/10

 

 

Crédits photo de l’illustration de cet article : Jeong Park pour la Twentieth Century Fox Film Corporation (Dossier de presse du film).

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