ActualitésCoups de gueule

Mon casque, ma protection

Posté par Laetitia_Rbl 11 mai 2016 0 commentaire

Mes parents me l’ont dit et répété : à moto ou à vélo, tu ne roules pas sans ton casque. Et dans la rue, dans le métro ? Le casque est là, lui aussi. Mais pas le même, cette fois-ci.

La prochaine fois que vous prenez le métro, ou même que vous marchez dans la rue, faites le test. Regardez autour de vous. Combien de personnes ont-elles un casque ou des écouteurs vissés sur les oreilles ? Une très large majorité, probablement. Bien sûr, la musique, c’est chouette. C’est un bon moyen d’animer et de rythmer le trajet, de passer le temps. Mais pour d’autres, c’est devenu un réflexe de survie.

Un casque de moto ou de vélo est un bouclier en cas de choc. Le casque musical, lui, est devenu un bouclier anti-relous. Celui qui signifie « Je n’ai pas envie que l’on me parle », mais surtout celui qui permet de faire comme si on n’entendait pas les commentaires graveleux autour de nous.

Le paradoxe est quand même triste : on n’a jamais autant entendu parler du harcèlement de rue. Ni expliqué aux gens à quel point c‘est mal de harceler une personne dans la rue. Et pourtant, les agressions se multiplient.

J’en entends déjà certains dire : « Ce ne sont que des compliments, tu devrais bien le prendre, et puis un peu de drague n’a jamais fait de mal à personne« . Sauf que non. La séduction, cela se fait à deux, pas aux dépens de la personne « séduite » (avec des guillemets géants), et surtout pas à coup de remarques graveleuses sur nos seins, nos fesses, nos jambes.

Pour en avoir parlé un peu autour de moi, je sais que ce sentiment est partagé. Sans musique, dans les transports, dans la rue, on se sent vite nue. Impossible de faire semblant de ne pas entendre les remarques, d’ignorer les tentatives de drague. Même sans musique, un casque sur les oreilles permet au moins de faire semblant.

Alors oui, je sais que certaines personnes iront jusqu’à vous retirer votre casque pour vous parler. Je sais aussi qu’ignorer un problème n’est pas la solution. Mais en attendant, pour celles d’entre nous qui n’osent pas – ou n’arrivent pas – à répondre aux harceleurs (ce n’est pas toujours facile de ne pas rester tétaniséz face à ces réflexions), des écouteurs visés dans les oreilles représentent une protection bienvenue.

Parce que parfois, mieux vaut faire semblant d’être dans le dernier clip de Beyoncé que d’entendre un enième mec nous traiter de salope parce qu’on n’a pas répondu à son « T’es bonne ».

Même si malgré tout, je suis d’accord : c’est bien triste, en 2016, d’avoir besoin de ce genre d’accessoire pour ne pas se sentir vulnérable lorsque l’on est seule.

Laisser un commentaire

Vous aimerez aussi