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L’essor des supermarchés coopératifs et participatifs

Posté par HeHo 28 juillet 2017 0 commentaire

Durant l’hiver 2016 sortait le film documentaire « Food Coop », réalisé par Tim Boothe, le fondateur de La Louve à Paris. Le film montre le fonctionnement de la coopérative alimentaire de Park Slope, un modèle de supermarché autogéré à New York sur lequel se base La Louve ainsi que les autres supermarchés coopératifs et participatifs qui sont en train d’éclore en France, Belgique, Suisse ou Espagne. Le but est créer un supermarché de quartier proposant des produits de qualité à un prix bas grâce à sa nature participative.

Aujourd’hui, plus d’une vingtaine d’initiatives de ce genre voient le jour dans différentes villes françaises et espèrent connaitre le succès de la Park Slope Food Coop. Ce supermarché atypique a été lancé dans les années soixante-dix et regroupe actuellement 17 000 coopérateur.ice.s new-yorkais. Le procédé de supermarché coopératif n’est pas nouveau, il s’inspire du fonctionnement des coopératives de consommateur.ice.s du 19ème siècle qui ont initié le concept de coopérateur.ice : tout le monde participe au financement, à la gouvernance et au fonctionnement de l’organisation. Ce qu’il y a de nouveau dans les projets de supermarchés coopératifs s’inspirant de Park Slope, c’est la volonté de remettre au centre du modèle économique de la structure l’aspect participatif et la transparence (que ce soit par rapport à provenance des produits ou de la gestion de la structure).

Pour faire simple, dans ce type de supermarché il n’y a pas de client.e, seulement des coopérateur.ice.s qui ont investi au départ dans une ou plusieurs parts de la coopérative et ont accepté de donner de leur temps, bénévolement, pour faire fonctionner le magasin (cela correspond par exemple à 3 heures de travail, consécutives, par mois à La Louve). La constitution juridique de ces supermarchés se fait généralement en association ou en SAS coopérative ce qui fait que seul.e.s les coopérateur.ice.s peuvent accéder au magasin. Le coût et le nombre de part à acheter initialement varie en fonction des structures et les tâches à effectuer vont de la gestion de la caisse, à celle des stocks en passant par de l’administratif et du nettoyage. Les structures choisissent généralement de fonctionner avec des marges fixes sur les produits (de 20% à La Louve) contrairement aux enseignes de la grande distribution qui, poussées par l’objectif de rentabilité, jouent avec les marges de chaque produit en fonction de sa popularité.  De plus, au supermarché coopératif il n’y a pas d’intérêt marketing à faire des rayonnages des espaces publicitaires pour faire pencher le client vers un produit ou un autre étant donné, une fois encore, qu’il n’y a pas de client.e et que les marges pour le magasin sont les mêmes pour chaque produit.

En avril 2017 à Lille, le magasin coopératif SuperQuinquin a ouvert ses portes. Parmi les projets les plus avancés aujourd’hui nous pouvons citer le supermarché nantais Scopéli qui ouvrira début 2018 comme La Chouette Coop à Toulouse ou encore Le supermarché participatif paysan à Meyrin, dans le canton de Genève. A Grenoble, Bordeaux, Lyon, Bayonne, Orléans et dans de nombreuses autres villes des citoyens sont aussi en train de porter des initiatives similaires. Ces projets sont dans l’air du temps car ils répondent à une volonté d’autogestion, une volonté de mieux consommer et s’alimenter ainsi qu’une volonté de (re)trouver des lieux de partage et de discussions accessible à tou.te.s.

 

 

Voir le documentaire « Food Coop » en vidéo à la demande : https://vimeo.com/ondemand/foodcoop

Consulter le répertoire des initiatives francophones aujourd’hui : https://supermarches-cooperatifs.fr

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