Culture

Les Queens de l’Olympe – Panorama des déesses grecques – 2/2

Posté par Greenfyre 5 juin 2017 0 commentaire

On continue notre panorama des déesses grecques ! Après avoir vu comme Aphrodite, Héra et Athéna avaient lancée une guerre qui a duré une décennie entière pour une pomme, voyons comment on a échappé à une famine éternelle, qu’il faut mieux rester loin d’une Artémis en colère et qu’Hestia n’est pas (qu’) une potiche.

demeterHelga Poufsouffle à la grecque, c’est la meilleure maman des Dieux, celle qui te fait des rainbow cake le dimanche avec de la farine bio et t’achète un arrosoir éléphant exprès pour pouvoir arroser tes fleurs. Déesse de la terre nourricière, de l’agriculture, des semailles et des récoltes, c’est aussi elle qui fait dorer les champs de blés et rempli la panse des mortel.le.s de petits pains tout chauds. Sauf quand on a la met en colère. Et croyez-moi, vous n’avez pas envie de mettre en colère la déesse de la terre.

Sœur de Zeus, elle lui donne une fille, la radieuse Korê, qu’elle aime plus que tout au monde et tout va bien dans le meilleur des mondes. Un jour, alors que Korê papillonne dans une clairière au milieu de ses amis coccinelles et coquelicots, la terre tremble. Avant même qu’elle n’ai le temps de bouger, le sol s’ouvre d’une gigantesque crevasse et jaillissant des Enfers, voilà Hadès, terrible dieu des morts et du royaume souterrain. Il toise la jeune fille de son char tiré par des chevaux infernaux, cette jeune fille qu’il a tant désirée alors qu’il se mourrait de solitude au milieu des morts. Ni une ni deux, il bondit sur elle, la kidnappe aux Enfers et l’épouse.

Folle de douleur et de désespoir après la disparition de sa fille, Déméter parcourt le monde à sa recherche, sans jamais s’arrêter une seule fois. Et en même temps, entame la pire grève de l’Histoire : tant qu’elle ne retrouvera pas Korê, c’est mort, plus rien ne poussera. Ni arbre, ni céréales, ni plantes, ni rien, et que la Grèce se démerde avec la désastreuse famine qui en résulte. Des milliers de gens meurent, et avec eux tout espoir d’adoration et sacrifice. Les dieux et déesses sont très inquiets: sans sacrifices et sans prières, se sont les dieux qui meurent de faim. Ils aident Déméter, qui fini par retrouver sa fille et s’empresse de la ramener à la surface. Sauf que Korê a mangé six pépins de grenade et que la loi dit que quiconque mange la nourriture des Enfers, restera aux Enfers ! La situation est intenable, des gens meurent, des dieux pleurent et menacent de se faire la peau, bref, un beau bordel.

Finalement, un compromis est trouvé. Korê, devenue Perséphone, la Reine des Enfers, passera tous les ans six mois avec sa mère, à la surface, période à laquelle le grain mûrit et où tout pousse sur terre, ce qu’on appellera aujourd’hui le Printemps, et l’Ete. Mais liée par la loi infernale, elle passera six mois sous terre avec son mari, six mois d’Automne et d’Hiver. Un mythe central entre vie et mort ; ombre et lumière dans ce qu’on appellera les Mystères d’Eleusis, mystérieux culte ésotérique aux nombreuses épreuves initiatiques prenant place dans les Temples de Déméter et de Dionysos …

« Et oui ma bonne dame, y’avait encore des saisons à l’époque … »

La Katniss Everdeen de l’Olympe a plus d’une corde à son arc, et c’est le cas de le dire : déesse de la chasse, de la lune (son croissant et son cycle), mais aussi de la virginité et des accouchements, c’est une déesse particulièrement importante pour les femmes, associée notamment au cyprès, à l’arc et au cerf. Pendant que son frère jumeau Apollon, dieu du soleil, des arts et de l’harmonie lumineuse, bronze au soleil et pourchasse les nymphes comme un satyre, la déesse parcourt les étendues sauvages avec sa clique de vierges chasseresses et, toujours à l’affût, traque ses prochaines proies. Fille illégitime qu’a eu Zeus (qui visiblement dans une autre vie devait être une lapine, vu le nombre indécent de compagne.on.s. qu’il se tape), métamorphosé en cygne, avec sa maîtresse Léto (titanide de la nuit) c’est à peine née qu’elle a aidé sa mère en couche pour faire accoucher son frère jumeau juste après. Et c’est très tôt qu’elle a imposé ses choix face à son père : « Papa, je resterai toujours vierge, je veux un arc, un carquois et des flèches pour chasser et je veux que les filles du titan Océan m’accompagnent dans mes chasses. »

Indépendante et fière, malheur à ceux qui réveillent son petit côté Drama Queen : le chasseur Actéon, qui a osé la surprendre nue alors qu’elle prenait son bain dans une source ? Métamorphosé en cerf et dévoré par ses propres chiens. Sa servante Callisto, qui lui avait promis de rester vierge mais qui fut dupée par Zeus, métamorphosé en Artémis elle-même pour pouvoir coucher avec elle ? Une flèche en plein cœur alors que Zeus l’avait transformé en ourse pour la protéger, lequel Zeus portera, après sa mort, son corps dans les étoiles (c’est la Grande Ourse !). Les 14 enfants de la vaniteuse Niobé, qui se vantait de leur avoir donné naissance alors que Léto, mère d’Artémis et Apollon, n’avait eu que deux enfants ? Tous décimés par les pluies de flèches de la déesse en colère et de son frère, connu pour apporter la peste.

Oui, elle rigole moyen, la déesse de la chasse. Malgré ça, remarquons qu’elle est particulièrement respectée et vénérée, et on le voit avec la bonne dizaine de festivals qui lui sont consacré. Et puis une petite Merveille antique (son temple, à Ephèse) aussi, quand même.

hestiaComment savoir que la société grecque est bien genrée ? Eh bien quand on se rend compte que les notions de foyer et de son feu, la famille, la sphère domestique, la cuisine rituelle et la maison sont toutes personnifiées par une seule déesse, Hestia. Anti-Aphrodite par excellence, hermétique à toutes avances ou à tout sortilège amoureux, c’est également une déesse vierge, et une déesse gentille. Mange tes stéréotypes ! Vu sa présence au sein de la mythologie, on pourrait donc penser que c’est une déesse un peu secondaire, et personne ne nous en voudrait : très peu de culte répertorié, quasiment aucun mythe la concernant ou représentation iconographique. Certain.e.s la remplace même parfois par Dionysos, dieu de l’ivresse et du vertige sauvage, parmi les Olympiens. … mais nous aurions tort !

Ne nous arrêtons pas à ces a priori peu flatteurs qui en font, en gros, une déesse de la charge mentale. Oui, intimement liée au feu de la maison, elle incarne sa chaleur, son confort et la purification des aliments sacrificiels. Mais en tant que première née de la fratrie de Zeus, une offrande préliminaire lui est adressée avant tout sacrifice, par respect pour son statue d’aînée. C’est son feu qui, d’ailleurs, permet d’assurer ces sacrifices et de transmettre les offrandes aux autres dieux, un peu à la manière d’Agni, dieu védique et hindou du feu. Sans elle, aucun lien n’est possible entre le monde des dieux et celui des mortel.le.s. Alors on revalorise cette déesse, et on arrête de l’oublier en permanence ou de penser qu’elle est inutile ! #JeSuisHestia.

C’est fini pour cette série des figures féminines les plus importantes du panthéon grec ! La prochaine fois, on bouge un peu, histoire de pas faire nos européo-centrés, parce que l’européo-centrisme, c’est nul. Maintenant, fi de vous, et qu’Elles vous bénissent, pauvres mortel.le.s !

héra


<- Et si vous voulez le tumblr et le travail incroyable d’une artiste-illustratrice qui a réalisé un travail incroyable sur les déesses grecques, c’est ici que ça se passe, et c’est très très beau :

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