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Les copains en Erasmus : direction Ottawa !

Posté par Ju le Zébu 20 avril 2018 0 commentaire

Erasmus, ce vaillant programme d’une trentaine d’années, a permis et permet à des milliers d’étudiants européens de partir et découvrir les autres visages de l’Europe et maintenant du monde. C’est peut-être l’une des plus belles réussites de la communauté européenne. En tous les cas, celle qui fonctionne le mieux et la plus populaire. Opportunité unique pour voyager et sympathiser avec une communauté étudiante multi-culturelle, les programmes d’échanges entre universités forment maintenant un grand réseau dont presque chacun peut profiter. Bien sûr, il y a des aspects moins reluisants, mais pour des raisons de bonne ambiance nous ne nous appesantirons pas dessus.

Mes copains ont la bougitude. Ils profitent de ce grand réseau/Netzwerk/network pour partir et ils ont bien raison. Pour boire un café c’est parfois un peu compliqué mais ils découvrent de nouveaux horizons et moi avec. Allons donc les titiller un peu pour voir où ils sont et comment ils s’en sortent.

Maïlys avait sombré sous la masse des papers à rendre et des révisions de fin de semestre mais elle est parvenue à refaire surface, le temps de discuter un peu avec Berthine. Direction Ottawa !

Maïlys, éternelle baroudeuse, avant le départ, crédit photo : Odile Romelot

Salut Maïlys ! Comment ça va ? Alors, explique un peu à nos lecteurs Berthine ce que tu fais ?

Allo Julia ! Ça va bien et toi ? Je suis présentement en deuxième année de Master (ou Maîtrise, version francophone) en Arts de la scène. J’ai commencé à l’université de Grenoble en première année, et j’ai décidé de suivre ma deuxième année en Théâtre à l’Université d’Ottawa.

Donc en ce moment tu es à Ottawa. Est-ce que tu peux nous dire pourquoi tu es partie là-bas ? Depuis quand y es-tu ?

Je suis à Ottawa en échange, où je suis des cours de Premier cycle (l’équivalent de la licence, sauf que ça va jusqu’à la 4e année) en théâtre. Ici, le département de Théâtre est intéressant non seulement pour certains cours théoriques, qui ne sont pas offerts en France, mais aussi pour les cours de pratique, en jeu, mise en scène, technique (backstage)… C’est très complet  ! J’y suis depuis fin août.

Est-ce que tu as rencontré des difficultés pour y aller, en partant ou en arrivant ?

Comme ça a déjà été évoqué, c’est un peu un parcours de combattant.e de remplir, d’envoyer, et de faire signer tous les dossiers de sélections et de bourses… mais une fois que tout ça est fait, au niveau administratif, c’est presque fini. J’ai quand même eu une petite surprise à l’arrivée, celle d’avoir dans mes frais à payer $14 000 pour une année, car on m’avait mis les frais d’étudiant.e.s internationna.ux.les ! Heureusement, l’administration canadienne est assez réactive, et ces frais ont vite disparus de mon compte ! Je me suis rendue compte que j’étais chanceuse d’être en échange.

Maintenant que tu es « implantée », bien réceptionnée, est-ce que tu peux nous parler un peu de ton quotidien ? Ton environnement ?

Mon quotidien est assez comparable à celui de n’importe quel.le étudiant.e, dans la mesure où j’ai cours tous les jours. Le petit plus du théâtre, ça a été les répétitions, pour une pièce, que j’ai eu trois fois par semaine, en plus de mes cours. C’était vraiment cool, et de manière générale, le Département de Théâtre ( le départ’, de son petit nom) est un peu une grande maison où on finit par connaître tout le monde. C’est chouette d’y trouver une ambiance conviviale et familiale, où tout le monde peut se rencontrer dans le salon étudiant/ student lounge et jaser en mangeant un bout’. La seule chose notable, qui est d’après moi un peu dommage, c’est la scission entre anglophones et francophones, qui est notable sauf dans quelques cours ou pièces bilingues. Autrement, à Ottawa, c’est pas mal bilingue, français et anglais, pis on y trouve des francophones québecois, comme des franco-ontarien.ne.s, fait que c’est pas mal le fun ces croisements linguistiques et culturels.

Pourrais-tu nous parler de la vie de la communauté d’étudiants étrangers ? Grand mythe Erasmus ou réalité ? Est-ce que tu rencontres régulièrement des locaux aussi ?

Haha ! A vrai dire, je connais assez peu cette vie Erasmus, car je côtoie principalement des Canadien.ne.s ; d’une part car je vis avec des Canadiennes (représentatives d’un Canada multi-culturel, car deux d’entre elles sont arrivées très jeunes au Canada, venant d’Inde pour l’une, et de Taïwan pour une autre) ; d’autre part car je n’ai pas rencontré de gens en échange en théâtre (ça doit être moins courant que d’autres programmes). Mais dans certains clubs de l’université, j’ai rencontré pas mal de français.e.s ou d’Européen.ne.s qui étaient en échange (souvent pour un semestre seulement), et qui me disaient l’inverse, qu’il ne connaissaient presque pas de Canadien.ne.s (car leurs colocs étaient aussi internationales).

Crédit Photo : Maïlys Besson

Penses-tu pouvoir faire une comparaison entre les systèmes universitaires français et canadien ? Éventuellement des sociétés française et canadienne ?

Oui, dans le fond, la relation prof-élève est assez différente : plus directe et horizontale au Canada, comparée à la relation souvent hiérarchique de l’enseignant.e qui a le savoir et qui le diffuse aux élèves qui ne font (presque) qu’écouter et prendre des notes, en France. De manière générale, ça peut être plus participatif, ou dans la discussion, qu’en France. Les cours de langue sont aussi assez différents, puisqu’ils sont donnés uniquement dans la langue d’apprentissage : les profs comme les élèves parlent en Italien si le cours est en Italien, et pas en anglais ou en français (comme c’est parfois le cas en France), et là aussi la discussion a une place importante.

Il n’y a donc pas le même rapport à l’éducation… ni à l’accès à l’éducation, car les universités canadiennes sont payantes, et plutôt chères ! Ici, le cours est un produit payé avec un emprunt (ou des bourses avec un peu de chance, de mérite, ou moins de richesse…) et les enseignant.e.s sont évalué.e.s à la fin du semestre pour chaque cours par les étudiant.e.s. Leur prêt font entrer les étudiant.e.s dans le système bancaire de dette dès le début de leurs études, ce qui peut encore plus influencer le choix d’études (peut-être plus qu’en France?), en fonction du salaire à la graduation (car il faut bien rembourser ces coûteuses études!). Quand je dis au Canada, que le maximum à payer (sans bourses) à l’université en France est dans les alentours des 800€ l’année, beaucoup bondissent et rêvent d’étudier en France ou en Europe.

Je pourrais comparer les deux systèmes universitaires pendant des pages, mais je vais m’arrêter là, tout en précisant, que c’est mon avis, en ayant des expériences (en France et au Canada) dans des programmes particuliers, peut-être non représentatifs de l’expérience universitaire d’un pays ! L’ambiance amicale que je trouve en Théâtre, n’a rien à voir avec celle des amphis de 100 personnes des cours de 1e et 2e année d’histoire par exemple, où personne ne s’adresse la parole !

Enfin, sur la société canadienne, comme je l’ai mentionné, les langues se mélangent et le français n’est pas ici vu comme une langue fixe, mais au contraire comme une langue vivante et changeante (et pas « sacrée » non plus, mais c’est peut-être plus le point de vue franco-ontarien, car au Québec il y a une certaine volonté de « préserver » le français, le protéger de l’influence anglophone). Niveau alimentation, les habitudes ne sont pas spécialement les mêmes, mais c’est surtout la culture du repas qui diffère : j’ai le sentiment que le repas convivial, partagé, ensemble et long, est moins dans la culture des étudiant.e.s (par exemple, il n’y a pas de RU à 3,15 € où on vient en groupe, il y a seulement des Tim Hortons, Starbucks et Cie – qui ont clairement des intérêts économiques en lien avec l’université, dont le financement est mi-public, mi-privé,– ou un buffet à $15… à volonté). Le lunch peut même être pris entre deux cours rapidement ou même en cours. J’aurais tendance à dire que c’est un peu plus individualiste qu’en France au vu de mes expériences de colocation, mais encore une fois, je ne peux pas en faire une généralité.

Crédit Photo : Maïlys Besson

Qu’est-ce qui te plaît le plus au Canada ? Que faut-il absolument vivre et découvrir lorsqu’on s’y rend ?

Je sais pas trop ce qui me plaît le plus, car il y a une coup’ d’affaires que j’aime icitte, mais pour sûr, j’aime les différentes langues parlées ou différentes versions du français, qui fait revoir nos normes par rapport au français de France (non ce n’est pas un pléonasme!). Et puis à chaque fois que je vais dans un parc national, dans les forêts, près des lacs… je me dis que la nature canadienne n’est pas célèbre pour rien, car on y trouve de grands espaces et paysages à perte de vue (par contre, ça implique qu’il faille faire plus d’une journée de trajet pour changer de paysage, de quoi revoir notre notion des distances). L’ouest canadien vaut aussi le détour selon moi ! Et faire du patin sur la patinoire naturelle du canal Rideau sur 14km, aller et retour, est vraiment une chouette expérience d’Ottawa en hiver. Il y a aussi de quoi explorer pas mal dans des villes telles que Montréal, Toronto ou Québec.

Est-ce que tu t’imagines vivre à l’étranger plus tard (quand tu seras grande) ? (si oui, il faudra dématérialiser le thé, merci de prévenir les copains)

Je ne suis pas sûre d’encore grandir, en taille je veux dire,… mais je me vois bien passer encore du temps à l’étranger dans le futur, sans encore savoir si je vais vivre pendant longtemps loin de la France ou pas (car mine de rien la proximité avec la famille et les ami.e.s finit par manquer !;) ). En tout cas, j’aime définitivement habiter ailleurs et être dans la découverte.

Merci à toi et à très bientôt 🙂

Fait plaisir ! Et à tantôt !!:D

Mes autres copains ont encore les pieds dans l’hexagone mais si jamais vous avez envie de nous parler de l’Erasmus que vous vivez en ce moment, n’hésitez pas à nous contacter !

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