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La société résumée en une autoroute

Posté par Loupche 2 septembre 2017 0 commentaire

Et voilà, c’est l’heure du retour des vacances, on est coincé.e.s sur les routes et ça nous donne le temps de réfléchir sur le sens de la vie et les inégalités de notre monde. Non, je suis la seule ? Bon, eh bien dans ce cas je vais te partager mon expérience de l’autoroute en ce début de septembre. Vois-tu, pour moi l’autoroute à trois voies nous parle très bien de la société.

Mais qu’est-ce qu’une trois voies peut nous dire de la société ? Permets-moi de te détailler mes réflexions.

La file de droite : la classe populaire

La file de droite est lente, elle porte beaucoup de chose sur ses épaules. Les camions sont le poids de la précarité, les moteurs sont fatigués car ont travaillé toute la journée. La classe populaire n’a pas d’autre choix que d’être en-dessous de la limite de vitesse, à cause de son manque matériel. Elle aimerait être plus rapide et s’aventurer sur une autre voie, mais elle ne peut que rarement s’en extraire.

La file du milieu : la classe moyenne

La fille du milieu est planplan, elle respecte la limite de vitesse mais va rarement en-dessous, parce qu’elle n’est pas prolétaire. Les voitures gagnent un salaire confortable qui leur permet de ne pas se rabattre sur la file de droite, mais aussi de dépasser les camions sans aucune difficulté. Bien installée au milieu, la classe moyenne ne se mouille pas et se sent fière d’être dans la légalité, mais reste considérée par ceux de la classe populaire comme des privilégiés qui les doublent constamment.

La file de gauche : les riches

Loin de la classe populaire, la file de gauche n’a pas conscience des difficultés vécues par le reste de l’autoroute/société, et encore moins de ce que signifie le respect des limites de vitesse. Les voitures vont bien au-delà de 130km/h, et les radars n’ont aucune importance. Bien évidemment, ils préfèrent payer une amende plutôt que d’arriver à destination en même temps que les autres (vu que l’argent solutionne tous les délits) ou, s’ils sont radins, ils vont ralentir juste pendant la zone de contrôle.

Les relations entre les files

Si les voitures de la troisième voie restent toujours bien installées dans leurs privilèges et doublent sans vergogne, les classes moyenne et populaire ont parfois le désir de doubler, voire de rester un peu dans la file supérieure. Si l’ascenseur social peut parfois marcher et permettre à la voiture d’arriver chez les plus riches, ce n’est pas toujours le cas.

Prenons d’abord ceux de la classe populaire : coincés parfois entre deux camions, ils parviennent à  s’échapper de l’étau par la file du milieu. Ils courent ainsi de gros risques en faisant parfois de gros prêts (représentés ici par le manque de visibilité entre les deux camions).

Quant aux voitures de la classe moyenne, quand elles se décident à doubler un camarade, elles peuvent prendre le goût de la troisième voie et de ses 145km/h, et ainsi s’éloigner de la réalité du monde pour goûter à des jours plus insouciants. Ou alors, prises de remords après avoir enfreint la loi et être passées à 137km/h pour doubler la Toyota hybride, elles décident de se rabattre et de se faire pardonner en passant à 128km/h, jetant un petit regard de compassion vers celleux qui ne peuvent pas aller au-delà de 100.

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