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Georgio à l’Olympia – Report

Posté par HeHo 25 mars 2017 0 commentaire

Est-ce que tu as déjà fait l’expérience de voir un-e de tes artistes préféré-e en « live » ? Est-ce que tu t’es déjà retrouvé-e dans un concert de rap ? Est-ce que c’était de ton plein gré ou est-ce qu’un-e pote t’a trainé par les cheveux dans une foule qui criait des paroles incompréhensibles ?

Ce vendredi 24 mars, j’entrais pour la première fois à l’Olympia, une des salles de spectacles mythique de Paris, inaugurée en 1893. Le truc était plein à craquer, autour de 2000 personnes serrées en fosse et au balcon pour voir Georgio, un rappeur parisien, défendre Héra, son deuxième album. Ce projet intervient seulement un an après son premier album Bleu Noir (financé via une campagne de crowdfunding par 1 821 participants), qui lui a permis de parcourir la France pour une tournée d’octobre 2015 à septembre 2016. En sillonnant l’hexagone, le rappeur de 24 ans s’est révélé être un incroyable rockeur de foule. Avec sa gueule d’ange, Georgio arrive à mêler la liberté, la rage et la douceur pour emmener son public vers un moment lumineux – qui se poursuit longtemps après le concert.

A l’Olympia, après deux premières parties de qualité (le parisien Josman et les Dead Obies de Montréal), le rappeur originaire du 18ème arrondissement de la capitale fait son apparition sous les cris du public : « Ce soir c’est un peu particulier, on est à domicile y a tout le monde, y a mes amis, y a ma famille, est-ce que vous êtes prêt à vous donner à fond jusqu’à la fin ? ». Pendant près d’une heure et demie, Georgio va enchainer ses refrains repris en cœur par le public, crier sa colère, danser sur les instrumentales ou slamer sa mélancolie a capella. Un concert avec Georgio c’est une multiplicité de moments, d’ambiances et de clins d’œil avec ses compagnons de scènes, potes de longue date. Le show se passe aussi dans le public. Un concert de rap c’est des mains, des briquets, des poings qui se lèvent, des têtes qui bougent en rythme sur le beat, des moments où tout le monde chante religieusement un couplet puis la chanson d’après se rentre joyeusement dedans dans un pogo avant de sauter comme un seul homme. Georgio combine tout ça à merveille car son écriture est dure, poétique, personnelle et communique une force incroyable. Avant d’entamer le titre « La vue du sang », il se fait bavard et dit que « pendant très longtemps [il a] pensé que [s]a musique n’était pas du tout politique parce que [il] ne connai[t] rien à la politique » puis qu’il a compris que le fait de parler du peuple, des hommes et femmes de l’ombre rendait son propos politique au sens premier du terme. Georgio parle de journées à déprimer au fond de son lit, d’amitié, d’une jeunesse qui ne croit plus aux promesses, d’une curiosité de voyages, de lectures ainsi que d’une envie féroce d’aimer et de dévorer la terre.

« Toi et moi, moi et le rap c’est loin d’être terminé … » rappait Georgio en 2013. En 2017, il est l’une des multiples facettes de ce qu’est le rap et il est là pour durer. S’il passe près de chez toi, en festival, dans une petite ou une grande salle, tu ne peux plus dire que tu n’étais pas prévenu-e, fonce.

 

 

Crédit Photo : Georgio (de g. à d. : Angelo Foley, Sanka, Georgio, Rooster et Diabi)

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