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Et Dieu créa la connerie

Posté par Gomasio 6 avril 2017 0 commentaire

Je suis en colère. Vous me direz que c’est assez commun pour une féministe. Il pleut des raisons de s’indigner, certes. Mais, s’il vous plaît, arrêtez de toujours nous en donner des supplémentaires !

Je glandais tranquillement dans mon canapé, chez mes parents, profitant d’un moment de détente pour feuilleter le Télérama du salon comme souvent. Quelle ne fut pas ma surprise de découvrir en premier plan, cet article :

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J’imagine que vous aurez compris ce qui me révolte dans ces lignes mais on ne sait jamais, je vais vous expliquer rapidement. Pour un bref aperçu de ce qui a déclenché la polémique sur l’affiche du Festival de Cannes 2017, je vous propose ce gif qui résume à lui seul le problème.

 

Mais voyez-vous, je ne suis pas là pour vous parler de la polémique Claudia Cardinale, qui a déjà fait couler assez d’encre. Non, simplement pour discuter de ces quelques lignes loin d’être innocentes et qui nous prouvent encore une fois que le féminisme a de longs jours devant lui.

Relisons ensemble cet article et décortiquons-le.

Tout commence par le « du pur sexisme » mis volontairement entre guillemets non sans ironie appuyée puisque le journaliste s’empresse d’ajouter que  « nombreuses des féministes ont le raout canois dans le viseur ! » Quelle exagération que de parler de sexisme alors qu’on renvoie simplement gentiment aux femmes qu’elles doivent faire une taille 34, avoir des jambes élancées et des petits pieds.

On continue avec le « on peut certes déplorer… » ; ici M. Douhaire nous explique ce que nous sommes autorisées (ouf !) à déplorer sur l’affiche. Mansplaining quand tu nous tiens…

« Même si pareille retouche permet d’atteindre un merveilleux équilibre graphique… » Ah mais nous y voilà. Vous vous rendez compte qu’on ose se plaindre que les artistes publicitaires effacent nos vergetures sur les affiches alors que c’est un protocole au service de l’art ??

« Mais de là à hurler à l’atteinte au corps de la femme, il y a de la marge » Alors là c’est la cerise sur le gâteau ! Le journaliste (qui a sûrement dû beaucoup souffrir du sexisme au cours de sa vie), écrit noir sur blanc que nos indignations sont exagérées et il conclut en beauté en soulignant qu’il y a « en matière de droit des femmes, des combats plus urgents à mener ».

Avec un petit bonus à la clé, si l’affiche est à ses yeux critiquable « c’est davantage pour sa dimension rétro ». On remerciera Samuel de recentrer le sujet sur ce qui est beaucoup plus urgent en matière de droit des femmes : l’avenir du septième art.

Vous l’aurez compris, pour (presque) paraphraser Sarkozy « le féminisme ça commence à bien faire ».

Naïvement, il me paraissait presque évident que la lutte contre le culte du corps « parfait », entretenue par des publicités et ses femmes sur-sur-retouchées, était indispensable au féminisme. Revendiquer son droit à être qui on est tout simplement, avec nos formes, nos poils… sans passer notre temps à nous demander si on était assez bien pour le monde, étant donné ce que ce dernier nous véhicule comme image de la femme. Je me trompais ! À en croire Samuel Douhaire, il y a « en matière de droit des femmes, des combats plus urgents à mener »

Alors, mon cher Samuel, la prochaine fois qu’il te prendra l’envie de t’exprimer sur un sujet qui ne te concerne pas, merci d’écrire sur du papier toilette. Tu es un homme et ce n’est pas à toi de décider ce qu’il est justifié de mener comme combat féministe, on s’en charge. D’avance, merci.

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