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Portrait croisé – « J’aime pas la violence et les légumes cuits » Timothée, 7 ans

Posté par Gomasio 12 mai 2018 0 commentaire

Une série de portraits croisés entre enfants et personnes âgées. Tour à tour nous interrogerons des moins de 10 ans et des plus de 70 ans, en posant sensiblement les mêmes questions pour saisir ce qui sépare et ce qui rassemble les générations.

Bonjour Timothée ! Ça va ?
Bonjour ! Oui ça va !

Alors peux-tu nous dire un peu plus qui tu es ?
Alors j’ai 6 ans… heu non 7 ans ! Je suis en CP dans l’école Montessori de Salvert.

Est-ce que tu aimes bien l’école ?
Hum, moitié-moitié. Des fois j’ai envie d’y aller et des fois non.

Je vois ! Dis-moi, si tu pouvais changer 2 choses à l’école, qu’est-ce que tu changerais ?
Déjà j’aimerais bien changer la cour de l’école parce que c’est plein de goudron avec quelques arbres avec plein de pierres mais ça va être changé bientôt !
Aussi, il y a deux petits qui font du mal aux autres, je ne sais pas pourquoi, et j’aimerais bien changer leur caractère, leur humeur.

Puisque tu me parles d’humeur, est-ce qu’il t’arrive d’être en colère et qu’est-ce qui te met dans cette colère ?
Je ne sais pas trop, quand je suis en colère je ne sais pas vraiment pourquoi. Et ça fait longtemps que je n’ai pas été en colère !

Qu’est-ce que tu aimes faire dans ta vie de tous les jours ?
J’aime bien faire des coloriages… heu aussi découvrir de plus en plus internet (rires), j’aime bien partir en vacances, j’ai la chance de pouvoir y aller souvent alors qu’il y a d’autres enfants à l’école qui ne partent pas souvent. J’aime bien jouer, les adultes ça ne joue pas, ça travaille, c’est pour ça que j’aimerais rester un enfant. Les adultes c’est parfois ennuyant. Et je sais plus trop quoi dire.

D’accord ! Et est-ce qu’il y a des choses que tu n’aimes pas ?
J’aime pas la violence.  J’aime pas beaucoup les légumes cuits (rires). J’aime pas quand il pleut.

Est-ce que tu trouves qu’il y a des différences entre les filles et les garçons ?
Heu, il y a le sexe qui change. J’ai un copain, mais je ne suis pas du tout d’accord avec lui, qui dit que les filles la nuit ça garde leur culotte et que les garçons ça doit les enlever. Mais je trouve ça totalement débile. Aussi j’ai déjà une maîtresse qui m’a pris pour une fille quand elle n’était pas bien réveillée un matin, parce que j’ai les cheveux longs, mais ça ne m’a pas dérangé. Ce n’est pas quelque chose qui me préoccupe.

De quoi as-tu peur ?
Les cauchemars, pendant un temps j’en faisais beaucoup de suite et ça m’est arrivé de faire les mêmes à la suite. Sinon j’ai eu peur quand une scolopendre est tombée dans le bain de mon petit frère. Là je pense à rien d’autre parce que j’ai trop de choses dans la mémoire.

Quelle histoire aimes-tu lire quand tu es triste ?
Quand je me fais fâcher parfois je suis triste et du coup je rentre dans ma chambre et je lis des histoires, des BD surtout, j’adore lire De cape et de crocs mais ça aussi quand je ne suis pas triste.

Pourquoi le ciel est bleu ?
Parce qu’il est tombé dans l’eau non ?

Qu’est-ce que les oiseaux diraient s’ils savaient parler ?
Blablablabla cuicui moi je sais voler et pas toi !

Une dernière question : est-ce que tu as un rêve pour l’avenir ?
J’en ai une mais j’ai pas très envie de le dire. Sinon comme métier j’aimerais bien être aventurier parce que j’aime bien la nature, je ferais des cabanes dans les arbres après je les abandonnerais et je les laisserais pour d’autres gens qui viendront. J’aimerais bien être clown sinon ou aller sur la Lune. J’aimerais bien aider les singes à pouvoir faire des gestes pour réussir à les comprendre. Et sinon je voudrais qu’il y ait moins de pollution sur la Terre !

 

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Les copains en Erasmus : direction Ottawa !

Posté par Ju le Zébu 20 avril 2018 0 commentaire

Erasmus, ce vaillant programme d’une trentaine d’années, a permis et permet à des milliers d’étudiants européens de partir et découvrir les autres visages de l’Europe et maintenant du monde. C’est peut-être l’une des plus belles réussites de la communauté européenne. En tous les cas, celle qui fonctionne le mieux et la plus populaire. Opportunité unique pour voyager et sympathiser avec une communauté étudiante multi-culturelle, les programmes d’échanges entre universités forment maintenant un grand réseau dont presque chacun peut profiter. Bien sûr, il y a des aspects moins reluisants, mais pour des raisons de bonne ambiance nous ne nous appesantirons pas dessus.

Mes copains ont la bougitude. Ils profitent de ce grand réseau/Netzwerk/network pour partir et ils ont bien raison. Pour boire un café c’est parfois un peu compliqué mais ils découvrent de nouveaux horizons et moi avec. Allons donc les titiller un peu pour voir où ils sont et comment ils s’en sortent.

Maïlys avait sombré sous la masse des papers à rendre et des révisions de fin de semestre mais elle est parvenue à refaire surface, le temps de discuter un peu avec Berthine. Direction Ottawa !

Maïlys, éternelle baroudeuse, avant le départ, crédit photo : Odile Romelot

Salut Maïlys ! Comment ça va ? Alors, explique un peu à nos lecteurs Berthine ce que tu fais ?

Allo Julia ! Ça va bien et toi ? Je suis présentement en deuxième année de Master (ou Maîtrise, version francophone) en Arts de la scène. J’ai commencé à l’université de Grenoble en première année, et j’ai décidé de suivre ma deuxième année en Théâtre à l’Université d’Ottawa.

Donc en ce moment tu es à Ottawa. Est-ce que tu peux nous dire pourquoi tu es partie là-bas ? Depuis quand y es-tu ?

Je suis à Ottawa en échange, où je suis des cours de Premier cycle (l’équivalent de la licence, sauf que ça va jusqu’à la 4e année) en théâtre. Ici, le département de Théâtre est intéressant non seulement pour certains cours théoriques, qui ne sont pas offerts en France, mais aussi pour les cours de pratique, en jeu, mise en scène, technique (backstage)… C’est très complet  ! J’y suis depuis fin août.

Est-ce que tu as rencontré des difficultés pour y aller, en partant ou en arrivant ?

Comme ça a déjà été évoqué, c’est un peu un parcours de combattant.e de remplir, d’envoyer, et de faire signer tous les dossiers de sélections et de bourses… mais une fois que tout ça est fait, au niveau administratif, c’est presque fini. J’ai quand même eu une petite surprise à l’arrivée, celle d’avoir dans mes frais à payer $14 000 pour une année, car on m’avait mis les frais d’étudiant.e.s internationna.ux.les ! Heureusement, l’administration canadienne est assez réactive, et ces frais ont vite disparus de mon compte ! Je me suis rendue compte que j’étais chanceuse d’être en échange.

Maintenant que tu es « implantée », bien réceptionnée, est-ce que tu peux nous parler un peu de ton quotidien ? Ton environnement ?

Mon quotidien est assez comparable à celui de n’importe quel.le étudiant.e, dans la mesure où j’ai cours tous les jours. Le petit plus du théâtre, ça a été les répétitions, pour une pièce, que j’ai eu trois fois par semaine, en plus de mes cours. C’était vraiment cool, et de manière générale, le Département de Théâtre ( le départ’, de son petit nom) est un peu une grande maison où on finit par connaître tout le monde. C’est chouette d’y trouver une ambiance conviviale et familiale, où tout le monde peut se rencontrer dans le salon étudiant/ student lounge et jaser en mangeant un bout’. La seule chose notable, qui est d’après moi un peu dommage, c’est la scission entre anglophones et francophones, qui est notable sauf dans quelques cours ou pièces bilingues. Autrement, à Ottawa, c’est pas mal bilingue, français et anglais, pis on y trouve des francophones québecois, comme des franco-ontarien.ne.s, fait que c’est pas mal le fun ces croisements linguistiques et culturels.

Pourrais-tu nous parler de la vie de la communauté d’étudiants étrangers ? Grand mythe Erasmus ou réalité ? Est-ce que tu rencontres régulièrement des locaux aussi ?

Haha ! A vrai dire, je connais assez peu cette vie Erasmus, car je côtoie principalement des Canadien.ne.s ; d’une part car je vis avec des Canadiennes (représentatives d’un Canada multi-culturel, car deux d’entre elles sont arrivées très jeunes au Canada, venant d’Inde pour l’une, et de Taïwan pour une autre) ; d’autre part car je n’ai pas rencontré de gens en échange en théâtre (ça doit être moins courant que d’autres programmes). Mais dans certains clubs de l’université, j’ai rencontré pas mal de français.e.s ou d’Européen.ne.s qui étaient en échange (souvent pour un semestre seulement), et qui me disaient l’inverse, qu’il ne connaissaient presque pas de Canadien.ne.s (car leurs colocs étaient aussi internationales).

Crédit Photo : Maïlys Besson

Penses-tu pouvoir faire une comparaison entre les systèmes universitaires français et canadien ? Éventuellement des sociétés française et canadienne ?

Oui, dans le fond, la relation prof-élève est assez différente : plus directe et horizontale au Canada, comparée à la relation souvent hiérarchique de l’enseignant.e qui a le savoir et qui le diffuse aux élèves qui ne font (presque) qu’écouter et prendre des notes, en France. De manière générale, ça peut être plus participatif, ou dans la discussion, qu’en France. Les cours de langue sont aussi assez différents, puisqu’ils sont donnés uniquement dans la langue d’apprentissage : les profs comme les élèves parlent en Italien si le cours est en Italien, et pas en anglais ou en français (comme c’est parfois le cas en France), et là aussi la discussion a une place importante.

Il n’y a donc pas le même rapport à l’éducation… ni à l’accès à l’éducation, car les universités canadiennes sont payantes, et plutôt chères ! Ici, le cours est un produit payé avec un emprunt (ou des bourses avec un peu de chance, de mérite, ou moins de richesse…) et les enseignant.e.s sont évalué.e.s à la fin du semestre pour chaque cours par les étudiant.e.s. Leur prêt font entrer les étudiant.e.s dans le système bancaire de dette dès le début de leurs études, ce qui peut encore plus influencer le choix d’études (peut-être plus qu’en France?), en fonction du salaire à la graduation (car il faut bien rembourser ces coûteuses études!). Quand je dis au Canada, que le maximum à payer (sans bourses) à l’université en France est dans les alentours des 800€ l’année, beaucoup bondissent et rêvent d’étudier en France ou en Europe.

Je pourrais comparer les deux systèmes universitaires pendant des pages, mais je vais m’arrêter là, tout en précisant, que c’est mon avis, en ayant des expériences (en France et au Canada) dans des programmes particuliers, peut-être non représentatifs de l’expérience universitaire d’un pays ! L’ambiance amicale que je trouve en Théâtre, n’a rien à voir avec celle des amphis de 100 personnes des cours de 1e et 2e année d’histoire par exemple, où personne ne s’adresse la parole !

Enfin, sur la société canadienne, comme je l’ai mentionné, les langues se mélangent et le français n’est pas ici vu comme une langue fixe, mais au contraire comme une langue vivante et changeante (et pas « sacrée » non plus, mais c’est peut-être plus le point de vue franco-ontarien, car au Québec il y a une certaine volonté de « préserver » le français, le protéger de l’influence anglophone). Niveau alimentation, les habitudes ne sont pas spécialement les mêmes, mais c’est surtout la culture du repas qui diffère : j’ai le sentiment que le repas convivial, partagé, ensemble et long, est moins dans la culture des étudiant.e.s (par exemple, il n’y a pas de RU à 3,15 € où on vient en groupe, il y a seulement des Tim Hortons, Starbucks et Cie – qui ont clairement des intérêts économiques en lien avec l’université, dont le financement est mi-public, mi-privé,– ou un buffet à $15… à volonté). Le lunch peut même être pris entre deux cours rapidement ou même en cours. J’aurais tendance à dire que c’est un peu plus individualiste qu’en France au vu de mes expériences de colocation, mais encore une fois, je ne peux pas en faire une généralité.

Crédit Photo : Maïlys Besson

Qu’est-ce qui te plaît le plus au Canada ? Que faut-il absolument vivre et découvrir lorsqu’on s’y rend ?

Je sais pas trop ce qui me plaît le plus, car il y a une coup’ d’affaires que j’aime icitte, mais pour sûr, j’aime les différentes langues parlées ou différentes versions du français, qui fait revoir nos normes par rapport au français de France (non ce n’est pas un pléonasme!). Et puis à chaque fois que je vais dans un parc national, dans les forêts, près des lacs… je me dis que la nature canadienne n’est pas célèbre pour rien, car on y trouve de grands espaces et paysages à perte de vue (par contre, ça implique qu’il faille faire plus d’une journée de trajet pour changer de paysage, de quoi revoir notre notion des distances). L’ouest canadien vaut aussi le détour selon moi ! Et faire du patin sur la patinoire naturelle du canal Rideau sur 14km, aller et retour, est vraiment une chouette expérience d’Ottawa en hiver. Il y a aussi de quoi explorer pas mal dans des villes telles que Montréal, Toronto ou Québec.

Est-ce que tu t’imagines vivre à l’étranger plus tard (quand tu seras grande) ? (si oui, il faudra dématérialiser le thé, merci de prévenir les copains)

Je ne suis pas sûre d’encore grandir, en taille je veux dire,… mais je me vois bien passer encore du temps à l’étranger dans le futur, sans encore savoir si je vais vivre pendant longtemps loin de la France ou pas (car mine de rien la proximité avec la famille et les ami.e.s finit par manquer !;) ). En tout cas, j’aime définitivement habiter ailleurs et être dans la découverte.

Merci à toi et à très bientôt 🙂

Fait plaisir ! Et à tantôt !!:D

Mes autres copains ont encore les pieds dans l’hexagone mais si jamais vous avez envie de nous parler de l’Erasmus que vous vivez en ce moment, n’hésitez pas à nous contacter !

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Les copains en Erasmus : direction Moscou !

Posté par Ju le Zébu 4 avril 2018 0 commentaire

Erasmus, ce vaillant programme d’une trentaine d’années, a permis et permet à des milliers d’étudiants européens de partir et découvrir les autres visages de l’Europe et maintenant du monde. C’est peut-être l’une des plus belles réussites de la communauté européenne. En tous les cas, celle qui fonctionne le mieux et la plus populaire. Opportunité unique pour voyager et sympathiser avec une communauté étudiante multi-culturelle, les programmes d’échanges entre universités forment maintenant un grand réseau dont presque chacun peut profiter. Bien sûr, il y a des aspects moins reluisants, mais pour des raisons de bonne ambiance nous ne nous appesantirons pas dessus.

Mes copains ont la bougitude. Ils profitent de ce grand réseau/Netzwerk/network pour partir et ils ont bien raison. Pour boire un café c’est parfois un peu compliqué mais ils découvrent de nouveaux horizons et moi avec. Allons donc les titiller un peu pour voir où ils sont et comment ils s’en sortent.

Aujourd’hui, rendez-vous moscovite avec Aurélien !

Salut Aurélien ! Comment ça va ? Alors, explique un peu à nos lecteurs Berthine ce que tu fais ?

Salut Julia ! Je vais bien, je te remercie, malgré les fraîches températures moscovites de ce début de printemps ! Je suis étudiant à Paris 8, à l’Institut Français de Géopolitique et je suis en échange à Moscou à l’Université d’État des sciences humaines de Russie (РГГУ), pour tout le semestre. Je ne suis pas encore sorti de Moscou, car je ne peux pas encore voyager dans le pays pour des questions administratives, mais ça me laisse le temps de profiter de la ville et de flâner (ou de m’y perdre !)

Donc en ce moment tu es à Moscou, est-ce que tu peux nous dire pourquoi tu es parti là-bas ? Depuis quand y es-tu ?

Je suis arrivé à Moscou le 10 février. Je suis venu ici parce que dans le cadre de mon master ma spécialisation porte sur l’espace postsoviétique et surtout parce que je voulais approfondir ma connaissance de la langue russe. J’étais déjà venu à Saint-Pétersbourg en voyage scolaire il y a quelques années mais bien-sûr ce n’est pas la même chose de rester une semaine dans une ville que d’y étudier pendant un semestre. En plus pour mon mémoire de dernière année de master je travaille sur la communauté arménienne de Moscou, ça me permet de lier mon séjour Erasmus avec mon mémoire.

Est-ce que tu as rencontré des difficultés pour partir, en partant ou en arrivant ?

Ah les joies de l’Eramsus ! Comme Odile l’a dit la semaine dernière il faut être prêt à tout. Dans mon cas se sont ajoutées les formalités administratives liées à la Russie. En tant que Français, il nous faut un visa pour y séjourner, et pour l’obtenir il faut un voucher (une lettre d’invitation en gros). Ensuite le plus compliqué a été de trouver un logement à Moscou, car ayant refusé le dortoir de l’université, j’ai dû avec d’autres amis de ma promo trouver un appartement. Heureusement, grâce à des connaissances de connaissances, les contrats de location ont pu être signés avec des garants moscovites sans quoi nous n’aurions pas eu l’appartement ! Sur le reste, j’ai la chance d’être dans une grande métropole dans la quelle on trouve beaucoup d’endroits différents où manger (mon allégeance culinaire va à la cuisine géorgienne) et sur la langue, même si l’anglais est loin d’être le fort des Russes, on arrive quand même à se débrouiller.

Crédit photo : Aurélien Bossard

Maintenant que tu es bien réceptionné, est-ce que tu peux nous parler un peu de ton quotidien ? Ton environnement ?

Ma première grande surprise ici ça a été la taille de la ville. Moscou tient son rôle de plus grande ville d’Europe et sa réputation de ville qui ne dort jamais. Il y a tout le temps quelque chose à faire ici ! Je dirais que le seul point négatif c’est la pollution, parce que la ville est traversée par de larges autoroutes urbaines. Personnellement je marche beaucoup à Moscou, c’est mon sport quotidien. J’avais la chance d’être équipé pour les températures et d’avoir déjà passé un hiver au Canada. Quand bien même le froid n’est pas très agréable, je n’ai pas été surpris. Je vais souvent me balader dans les nombreux grands parcs de la villes, pour décompresser et être (un peu) au calme. Côté alimentaire, même si le coût est bien-sûr moins élevé qu’en France, les produits ne sont pas toujours meilleurs marchés que chez nous et c’est difficile de trouver des fruits ou des légumes qui ne sont pas importés.

Pourrais-tu nous parler de la vie de la communauté d’étudiants étrangers ? Est-ce que tu rencontres régulièrement des locaux aussi ?

Pour ma part, je ne peux pas vraiment parler de parler de communauté d’étudiants étrangers dans la mesure où nous sommes assez peu nombreux dans mon université d’accueil. La plupart sont des étudiants asiatiques avec qui il est compliqué de communiquer car ils ne parlent ni anglais ni russe. On a tendance à rester entre occidentaux ou du moins entre ceux qui peuvent communiquer en russe ou en anglais. Heureusement, je connaissais un Moscovite qui est venu à Paris le semestre dernier. Il m’a fait découvrir la ville et présenté à ses amis. Ce qui m’a permis de découvrir un peu plus la culture locale. Je pense que le mythe Erasmus existe mais qu’il dépend surtout de la destination !

Penses-tu pouvoir faire une comparaison entre les systèmes universitaires français et russe ? Éventuellement des sociétés française et russe ?

Je t’avoue que c’est assez compliqué de faire une comparaison entre les systèmes universitaires français et russes. Je pense que c’est assez similaire sur de nombreux aspects, sur la structure des cours ou sur la manière d’enseigner. Les études à l’université sont payantes pour certaines filières mais il y a de nombreux concours d’organisés dans plusieurs domaines comme les mathématiques ou les langues ce qui permet aux étudiants bien classés d’obtenir des bourses. C’est assez amusant de voir que comme à Paris, de nombreux étudiants viennent de villes de province pour étudier à Moscou. Sur les différences des sociétés, nous avons beaucoup en commun je crois mais les aléas de la politique internationale font que nous (en tant qu’occidentaux décadents) avons à faire nos preuves ici. Mais une fois que les masques tombent, on découvre des gens drôles, sympathiques et très généreux !

Qu’est-ce qui te plaît le plus en Russie ? Que faut-il absolument vivre et découvrir lorsqu’on s’y rend ?

A Moscou il faut creuser un peu pour découvrir les beaux endroits, ils se méritent ! La ville est tellement riche de son patrimoine, c’est le paradis des amateurs d’architecture ! Néoclassique, baroque, constructivisme soviétique c’est un joyeux bazar ! Aussi, on ne peut pas découvrir la Russie sans vodka accompagnée de zakouski (amuse-gueule), c’est un incontournable. Quant à ce qu’il faut voir en dehors de la capitale, je pense à Saint-Pétersbourg qui mérite vraiment son titre de « Venise du nord » avec ses palais et ses canaux. Il y a bien-sûr les grandes steppes et les vastes étendues à l’est. J’envisage aussi de profiter de ce semestre pour partir en vadrouille sur le transsibérien et découvrir le Lac Baïkal et l’extrême orient russe, qui je pense valent vraiment le détour.

Crédit Photo : Aurélien Bossard

Est-ce que tu t’imagines vivre à l’étranger plus tard (quand tu seras grand) ? (si oui, merci de laisser une adresse à jour !)

Totalement ! J’aimerais vraiment ça, sans s’enfermer dans le cliché de l’expatrié, je crois que c’est important de sortir de sa zone de confort et d’aller au delà des représentations ou des clichés qu’on peut avoir sur tel ou tel pays. J’ai la bougitude comme tu le dis !

Merci à toi et à très bientôt:)

Merci à toi ! A très vite Julia !

La semaine prochaine, direction Ottawa, au Canada, on se trouve Maïlys !

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Les copains en Erasmus : direction Lisbonne !

Posté par Ju le Zébu 25 mars 2018 0 commentaire

Erasmus, ce vaillant programme d’une trentaine d’années, a permis et permet à des milliers d’étudiants européens de partir et découvrir les autres visages de l’Europe et maintenant du monde. C’est peut-être l’une des plus belles réussites de la communauté européenne. En tous les cas, celle qui fonctionne le mieux et la plus populaire. Opportunité unique pour voyager et sympathiser avec une communauté étudiante multiculturelle, les programmes d’échanges entre universités forment maintenant un grand réseau dont presque chacun peut profiter. Bien sûr, il y a des aspects moins reluisants, mais pour des raisons de bonne ambiance nous ne nous appesantirons pas dessus.

Mes copains ont la bougitude. Ils profitent de ce grand réseau/Netzwerk/network pour partir et ils ont bien raison. Pour boire un café c’est parfois un peu compliqué mais ils découvrent de nouveaux horizons et moi avec. Allons donc les titiller un peu pour voir où ils sont et comment ils s’en sortent. Aujourd’hui, direction Lisbonne où se trouve Odile.

Odile au soleil, crédit photo : Claire Bottalico

Salut Odile ! Comment ça va ? Alors, explique un peu à nos lecteurs Berthine ce que tu fais ?

Salut Julia ! Tout va très bien pour moi, le soleil vient de revenir à Lisbonne et il a amené le printemps avec lui, ça fait du bien ! C’est d’autant plus agréable que mes cours à l’Université Nouvelle de Lisbonne (NOVA) me laissent beaucoup de temps libre, alors j’en profite pour me promener dans la ville sous le soleil. En France, j’étudie les Relations Internationales. Ici, j’ai pu choisir mes cours, alors j’en ai choisi un sur les « démographies des migrations », un autre sur les « femmes et droits humains » et un dernier sur les « découvertes et mondialisation ». En général, on est une dizaine d’étudiant.es par classe, donc on est encouragé.es à participer, ça me plaît bien !

Donc en ce moment tu es à Lisbonne, est-ce que tu peux nous dire pourquoi tu es partie là-bas ? Depuis quand y es-tu ?

Je suis arrivée à Lisbonne depuis la fin du mois de janvier, donc je suis là depuis environ deux mois et j’y reste jusqu’à la fin du mois de juin. Je suis partie à Lisbonne parce que partir en Eramus fait partie de ma formation. Comme je parle déjà portugais (du fait d’une année d’échange à Sao Paulo en 2012-2013) et qu’il est nécessaire de parler un minimum la langue du pays d’accueil, aller au Portugal me semblait aller de soi. De plus, le coût de la vie y est plus bas qu’à Paris, donc c’était un argument supplémentaire pour partir.

Est-ce que tu as rencontré des difficultés  pour y aller, en partant ou en arrivant ?

Je commencerais par dire que partir en Erasmus n’arrive pas par hasard ni sans volonté affirmée de partir. En effet, nombreux, très nombreux, sont les dossiers à remplir, les papiers à déposer dans tel bureau, les démarches à accomplir avant telle échéance, etc. Donc il faut quand même en vouloir, et ne pas avoir de phobie administrative !

Bon, une fois que les papiers sont remplis, le plus dur est peut-être fait. Mais il faut quand même trouver un endroit où loger, n’est-ce pas ? Contrairement à ce que je pensais, ça s’est avéré plus difficile que prévu à Lisbonne. La capitale lisboète est maintenant à la mode, attirant toujours plus de touristes, d’étudiant.es étranger.es et d’expatrié.es, ce qui contribue à l’augmentation des loyers et moins d’offres de logement. [Hmm, le fait de dire que ma copine voulait me rejoindre pour quelques mois ne m’a certainement pas aidée, et on m’a d’ailleurs ouvertement refusé une chambre à cause de ça, mais bon, on n’est pas obligé d’en parler].

En ce qui concerne le portugais, j’avais un peu peur de ne pas comprendre l’accent portugais, bien différent du brésilien. Effectivement, ça ne va pas de soi. Mais je comprends quand même bien les gens quand ils me parlent. En revanche, il semblerait que les Portugais soient assez réservés, et pas forcément très enclins à converser avec des inconnus. Donc la barrière de la langue n’en est pas forcément une, mais la barrière culturelle est bien là. C’est dommage, les Parisiens sont en comparaison plus simples d’accès.

Crédit photo : Odile Romelot

Maintenant que tu es « implantée », est-ce que tu peux nous parler un peu de ton quotidien ?

J’adore le rythme de ma vie à Lisbonne, rien à voir avec la course perpétuelle que je menais contre le temps à Paris. Ici, je prends le temps de dormir (et moi qui pensais que dormir sept heures par nuit me suffisait, je redécouvre la joie de dormir entre neuf et dix heures par nuit, ça fait un bien fou), je cuisine tous les jours (les fruits et les légumes sont bien meilleur marché qu’à Paris, et de bonne qualité, c’est un plaisir de les transformer en bons petits plats), je participe à de nombreux événements (premier festival féministe de la Lisbonne, Silly Dance – danser avec une centaine de personnes dans les rues de Lisbonne, un casque sur les oreilles, et une même playlist pour tout le monde -, cours de lindy hop, conférences à l’Institut français, etc.), je me balade dans Lisbonne, je discute avec des petites mamies portugaises, j’admire les couchers de soleil depuis les nombreux miradouros, je profite de la vie quoi !

Pourrais-tu nous parler de la vie de la communauté d’étudiants étrangers ? Grand mythe Erasmus ou réalité ? Est-ce que tu rencontres régulièrement des locaux aussi ?

Alors alors … Je dois admettre que mon but en venant à Lisbonne, ça n’était pas du tout de participer aux grandes soirées Erasmus où il s’agit de boire le plus possible en un minimum de temps. Pas du tout mon style. Donc je fais certes partie des groupes d’étudiant.es Eramus à Lisbonne, mais il est très rare que je participe aux activités organisées. De plus, il faut souvent acheter une carte d’adhérent de 10/15€ pour avoir des tarifs réduits ou simplement participer aux activités, et je ne veux pas contribuer à ce petit marché organisé sur le dos des étudiant.es Eramus. En revanche, je me suis quand même fait quelques ami.es Eramus que je vois de temps en temps.

En ce qui concerne les locaux, je ne me suis pas encore liée d’amitié avec mes coloc portugais. Sont-ils timides et réservés ? Je ne sais pas. J’ai néanmoins quelques connaissances portugaises, qui deviendront certainement des ami.es avec le temps !

Penses-tu pouvoir faire une comparaison entre les systèmes universitaires français et portugais ?

A la Sorbonne, le moins qu’on puisse dire, c’est que les cours étaient donnés de forme très classique, autour d’une problématique annoncée, un plan en deux ou trois parties, calibré pour tenir les deux heures du cours magistral. Ici, c’est un peu différent. Comme je le disais plus haut, les étudiant.es sont encouragé.es à discuter, à partager leur point de vue, à éventuellement contredire l’enseignant.e ou les autres étudiant.es. On est beaucoup moins passif ! En revanche, ça peut parfois sembler un peu décousu, si l’enseignant.e se laisse porter par ses idées sans ordre vraiment établi. Et je crois qu’il me manque un peu de contenu théorique.

Qu’est-ce qui te plaît le plus au Portugal ? Que faut-il absolument vivre et découvrir lorsqu’on s’y rend ?

Le beau temps, les azulejos, les pasteis de nata, le café, les fruits et légumes, les couchers de soleil, la mer, les immeubles colorés ! Éviter les lieux les plus touristiques, c’est déprimant. Mais se promener au hasard, ne pas hésiter à pousser la porte d’un petit café ou restaurant, se poser en terrasse au soleil, ou sur le bord du fleuve, essayer toujours plus d’entamer une conversation avec des locaux (les mamies portugaises sont les plus sociables et les moins réservées, d’après mon expérience).

Crédit photo : Odile Romelot

Est-ce que tu t’imagines vivre à l’étranger plus tard (quand tu seras grande) ? (si oui, il faudra dématérialiser le café, merci de prévenir)

Quand je serai grande (pas en taille, mais en âge n’est-ce pas?), j’aimerais effectivement vivre à l’étranger, mais je ne sais pas encore où. Cela dit, étant originaire du centre de la France (Bourges!), Paris semble déjà être un autre monde où il me reste beaucoup à découvrir. En tout cas, oui, je ne prévois pas de rester plus de deux/trois ans au même endroit, il sera donc nécessaire de sans cesse dématérialiser le café chère Julia !

Merci à toi et à très bientôt:)

A bientôt à Lisbonne Julia ! Les restaurants végétariens n’attendent que toi !

Retrouvez dans les semaines qui viennent, avec quelques degrés celsius en moins : Maïlys à Ottawa et Aurélien à Moscou ! 🙂

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« Ils disaient que j’étais flemmard » : interview d’un dys’

Posté par Ju le Zébu 4 janvier 2018 0 commentaire

Est ce que tu saurais définir ce qu’est la dyslexie ?

La dyslexie, c’est confondre certaines lettres, genre le b, le d et le p, ou encore le w et le v, à l’oral comme à l’écrit. Enfin pour moi personnellement. Et quand je lis aussi. Du coup ça me fait confondre des mots.

Comment tu t’en es rendu compte ?

C’est mes parents qui s’en sont rendus compte, vers 6 ans, donc au CE1. Ils s’en sont rendus compte dès que j’ai commencé à écrire, et m’ont envoyé voir une orthophoniste. Les professeurs, à cet age là, s’en sont pas rendus compte : ils disaient que j’étais flemmard, que je n’écoutais pas en classe. Plus tard, vers le CM2, la 6e par contre, les profs me disaient que j’étais analphabète, c’était assez violent. On me reprochait d’être feignant, mais aussi d’être plus bête que la moyenne.

Du coup, comment ta mère a réagi ?

J’avais des cours particuliers avec ma mère, ou j’écrivais beaucoup de dictées, et je lisais beaucoup pour compenser. L’orthophoniste m’a beaucoup aidé : elle me faisait jouer à des jeux pour ne pas confondre les lettres. C’était vraiment bien, parce qu’on apprend plus facilement en s’amusant et ça m’a permis de ne pas bloquer sur la lecture et l’écriture. Par exemple, on écrivait des histoires ensemble, et je devais écrire des bouts de l’histoire. On corrigeait ensuite ensemble.

Tu as fais combien de temps chez l’orthophoniste ?

Du CP jusque en 4e. Ma mère a vraiment remarqué tôt qu’il y avait quelque chose chez moi, et que ce n’était pas de la feignantise. Elle a vraiment assuré, surtout qu’elle ne connaissait même pas l’existence de ce handicap, c’était aussi un monde nouveau pour elle, et elle s’est vraiment battu pour que je puisse rattraper mon retard en lecture et écriture. C’était des amis à elle qui lui ont conseillé d’aller voir un orthophoniste, pour voir si tout allait bien.

Ensuite, c’est l’orthophoniste qui a diagnostiqué la dyslexie. Suite à ça, ma mère en a parlé aux professeurs, et ils ont eu du mal à l’accepter, ils comprenaient pas. Ils disaient que c’était des excuses au fait que je sois un mauvais élève, et ils ne reconnaissaient pas du tout que j’avais un handicap. Après c’était surtout en primaire qu’ils étaient comme ça. Ils s’en foutaient complètement. Quand je suis rentré au collège, certains profs ont commencé à comprendre.

Est-ce que ça se passait bien avec les autres élèves ?

Avec les autres élèves c’était compliqué. J’ai déménagé au collège, et du coup mes anciens amis savaient que j’avais des difficultés donc ils me faisaient pas de réflexions méchantes, mais les nouveaux élèves ne comprenaient pas : il y avait des moqueries, et surtout ils ne comprenaient pas pourquoi j’avais un tiers temps, ils trouvaient que j’étais privilégié et que j’en avais pas besoin. Sans se rendre compte que j’avais un handicap, parce qu’il ne se voit pas. En fait le tiers temps, il me sert beaucoup car ça m’épuise énormément de me concentrer pour pas confondre les lettres. Quand j’étais petit, après deux heures de contrôle j’étais super fatigué, j’allais me coucher directement après. Et puis avec le tiers temps tu es dans une salle à côté, du coup, les autres élèves comprennent directement que j’étais pas comme eux.

Après, à partir du lycée, j’ai arrêté de demander le tiers temps, car c’était plus simple les cours au lycée (j’étais en bac pro), et qu’il y avait moins de cours à l’écrit. Et puis j’avais pas envie de me mettre dans une pièce tout seul aussi.

Est ce que ça a un rapport avec le regard des autres ?

Oui carrément, le jugement des autres m’a beaucoup affecté. Quand je suis arrivé au collège j’ai pris une claque, j’étais nouveau, et les enfants jugeaient beaucoup. Les années collège c’était vraiment les pires. Mais c’est aussi parce qu’il n’y a pas assez de sensibilisation. Franchement, c’est le cas pour tous les handicaps, on n’explique pas aux jeunes ce que c’est et que c’est déjà difficile à vivre, parce qu’il faut compenser, mais en plus de ça, si les autres se moquent, bah ça devient vite invivable. On a tendance à voir que les grandes bases du handicap, mais on sait pas ce que ça recouvre vraiment comme réalité.

Après, les moqueries se sont calmées au lycée. C’est sûrement parce que déjà j’en parlais qu’à mes amis les plus proches. Je n’ai pas pris le tiers temps non plus et j’en parlais pas à tout le monde, car je voulais pas revivre les années collège. Et puis aussi, j’étais en Bac pro du coup il y avait moins l’élitisme de « il faut bien écrire sans faute » par rapport aux bac généraux.

Est ce qu’il y avait d’autres personnes dyslexiques dans les classes ou tu as été ?

Oui, il y en avait deux autres, mais qui ne le disaient pas non plus. Je m’en suis rendu compte, car elles faisaient le même genre de fautes que moi. Et eux, ça n’a pas été pris en charge, alors que moi oui. J’ai eu beaucoup de chance de ce point de vue la, car ça m’a vraiment permis de compenser, j’ai lu beaucoup de livres, et beaucoup de BD. J’ai lu tous les Gaston Lagaffe par exemple. J’ai pas mal de chance car encore aujourd’hui j’aime beaucoup lire, et c’est quelque chose que la plupart des personnes dys aiment pas du tout, car il y a un blocage, ou que c’est dur. Dans ma famille, tout le monde lit énormément. Ça aide.

Maintenant que tu es adulte comment tu le vis ?

Bah beaucoup mieux, déjà parce que c’est très rare que je sois obligé d’écrire maintenant. La plupart du temps, je demande aux autres d’écrire à ma place, parce que j’ai quand même un blocage vis à vis de ça. Je me dis que j’y arriverais pas, c’est compliqué.

Est ce que tu as moins de difficultés avec un téléphone ou un pc pour écrire ?

C’est plus simple, car il y a le correcteur orthographique : j’essaye de bien écrire les mots, et ensuite même si je confonds les lettres, le correcteur va bien me l’écrire donc c’est vachement mieux.

Propos recueillis par Sarah  (amatrice de Shakespeare, jeux de rôle et bon p’tits plats vegan), interview donné par Gabin (doué de ses 10 doigts, cap de tout et fan de Gaston).

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Nicolas Delesalle – “Le mot d’ordre de Stéphane Hessel “Indignez-vous” a été un petit peu trop pris au sérieux”

Posté par Gomasio 16 décembre 2017 2 Commentaires

 

Pour celles et ceux qui ne te connaissent pas, peux-tu te présenter en quelques mots ?

Je m’appelle Nicolas Delesalle, j’ai 45 ans, je suis journaliste et j’ai écrit 3 bouquins.

 

Tu as récemment abandonné ton travail de Grand Reporter à Télérama pour te lancer en tant que rédacteur en chef dans un projet tout nouveau “Ebdo” dont le numéro zéro sortira le 12 janvier. Comment fait-on pour trouver le courage de changer de vie ?

On hésite beaucoup. J’ai hésité pendant 15 jours, en changeant d’avis toutes les minutes. J’avais un boulot en or à Télérama, on me demandait de faire le tour du monde et de raconter des histoires, j’avais carte blanche… Quand j’ai rencontré Patrick de St Exupéry qui est directeur de la rédaction à Ebdo, il m’a dit “Tu t’es bien amusé pendant 15 ans, c’est peut-être le moment de transmettre, de se mettre plus dans l’ombre et d’aider les autres à faire des super papiers”. Ça m’a touché comme argument. Y avait le côté lancement d’un nouveau truc, de quelque chose qui n’existe pas, une espèce de folie, tu dois créer une équipe, créer un journal… tout ça c’est super enthousiasmant. Le boulot de reporter, c’est un travail un peu égoïste, pour ma part, j’étais un électron libre, je participais pas trop à la vie de la rédaction. En fait j’avais envie d’être un peu moins concentré sur mes histoires et plus aller vers un projet d’équipe. J’ai quand même fini par tirer à pile ou face. Rédac chef, journaliste, ce sont deux boulots super intéressants, c’est vraiment un choix de luxe. Y en a un que j’ai fait pendant 15 ans, y a un moment il faut partir découvrir de nouveaux horizons, des surprises. Comme dans Le Goût du large (ndlr : son deuxième livre), à l’échelle de ma vie de journaliste.

 

Le métier de journaliste est très souvent pointé du doigt aujourd’hui pour de nombreuses raisons. On leur reproche souvent leur manque de rigueur ou d’impartialité. Mais un média peut-il être neutre ?

Non, absolument pas. En revanche, je pense qu’un média peut être libre, indépendant. Ce qui n’est pas le cas de beaucoup de médias aujourd’hui qui sont dans les mains de quelques milliardaires en France. Cela ne veut pas dire que les journalistes ne font pas leur boulot mais malgré tout, il y a cette espèce de chape au-dessus. La pub par exemple : quand t’as de la pub, ben t’as une cible et quand t’as une cible, même inconsciemment, t’écris un peu pour cette cible. Et quand tu n’en as pas, t’écris pour tout le monde en fait. Donc je ne pense pas qu’on puisse être neutre, je ne pense pas qu’on doive l’être d’ailleurs, il faut pouvoir s’engager, avoir des positions. Je ne crois pas à l’objectivité, y a un accident de bagnole, y a 5 personnes qui le voient, y aura 5 témoignages différents. Cependant, elle reste un horizon à atteindre, malgré les biais de nos histoires personnelles. Là-dessus je pense qu’Ebdo diffère parce qu’il n’y a pas de pub, il n’appartient à personne à part à lui-même… il y aura une grande liberté pour aborder tous les sujets.

 

Je vais rebondir sur l’exemple de l’accident de voiture, c’est le début de ton troisième livre qui sort le 10 janvier Mille soleils que j’ai eu la chance de lire en avant-première. Contrairement aux deux précédents, où tu narrais à la première personne en racontant des événements qui t’étaient arrivés, tu as choisi ici de raconter une histoire. Est-elle inventée de toutes pièces ?

Alors, le premier de mes livres passait pour être une autobiographie, pourtant l’exergue de Boris Vian “Cette histoire est vraie puisque je l’ai inventée” n’était pas là pour rien. Beaucoup de ces souvenirs d’enfance ont donc été réécrits, de toute façon, la mémoire se charge toujours de les réinventer. Le deuxième était beaucoup plus un récit de ce qui m’était arrivé en reportage. Quant à celui-ci, cet accident m’est bien arrivé, en Argentine. Il y a eu un mort, j’étais vraiment à la place à côté du mort et j’ai vraiment marché des kilomètres.
Il faut savoir qu’à chaque fois que je racontais cette aventure, on me disait “putain on dirait un film ton truc”, moi je sais pas faire des films donc j’en ai fait un livre. À partir de là, il fallait m’en libérer totalement, donc j’ai inventé ces 4 personnages (ndlr : Wolfgang, Vadim, Simon et Alexandre) qui ne sont pas du tout ceux qui étaient vraiment dans la voiture, y compris moi, je ne suis pas du tout Simon. J’ai inventé aussi un personnage féminin qui est très important dans le livre. Il y a 4 mecs qui subissent et une femme qui choisit. On écrit jamais à partir de rien mais cet accident que je raconte est très loin de ce qu’il s’est passé. La trame est réelle, les horaires, les lieux. On a bien croisé une routarde trois minutes avant l’accident mais on ne l’a jamais revue. Finalement le personnage qui ressemble le plus à ce qu’il était, c’est celui qui est décédé, parce que je voulais lui rendre hommage. Mais Mille Soleils est un vrai roman, ce n’est pas un récit.

 

Et du coup comment as-tu construit les personnages, y a-t-il un peu de toi dans chacun d’entre-eux ?

Hm, le problème quand tu mets un peu de toi dans chacun de tes personnages, c’est qu’ils sont tous un peu les mêmes, ça peut être un défaut quand tu commences dans la profession d’écriture. Certes, y a forcément un peu de toi, mais y a aussi les récits des autres, les gens que tu croises… Et puis quand même, dans la vie très vite tu comprends que ce que tu penses c’est pas forcément la vérité, parfois tu en es même très loin. Finalement, c’est grâce aux autres que tu construis des personnages.

Par ailleurs, et c’est sûrement pour ça que tu poses la question, les gens qui te connaissent dans la vraie vie ne vont pas avoir la même lecture que les lecteurs lambdas. Ils vont chercher dans le bouquin ce qui est toi, ça fausse la lecture. De la même manière, j’ai fait lire le bouquin aux 3 personnes qui étaient dans la voiture avec moi et à la fille de Alain de Belfond (qui est décédé), et évidemment leur lecture était biaisée. Malgré tout, toutes leurs réactions furent très élégantes, très respectueuses. Personne ne m’a demandé de changer quoi que ce soit… si ce n’est sur le contenu scientifique finalement (rires).

 

Tu es connu pour ta maîtrise des tweetstory sur Twitter (des histoires racontées en plusieurs tweets qui se succèdent). Aujourd’hui tu es beaucoup moins actif sur le réseau, y a-t-il une raison ?

Twitter, c’est un peu un amour déçu. C’était un vrai bol de liberté au début, des gens de tous les coins, de toutes les professions pouvaient s’exprimer de façon très libre et souvent très drôle. Ça m’a permis d’expérimenter les tweetstory, dès 2011 :  je racontais ce que j’avais l’habitude de raconter à mes potes en revenant de reportage, à tout le monde. Aujourd’hui, je fuis un peu Twitter. C’est comme si le mot d’ordre de Stéphane Hessel “Indignez-vous” avait été un petit peu trop pris au sérieux : tout le monde s’indigne de tout… et du coup ne s’indigne de plus rien en fait. C’est en permanence des attaques ad hominem… J’ai l’impression d’une hystérie collective.

Tous les gens qui participent à Twitter aujourd’hui ne sont probablement pas des mauvais bougres mais j’ai l’impression que ce réseau nous rend tous bêtes, impatients, injustes. On condamne, on juge en permanence, on ne cherche plus à comprendre. Je suis un peu désemparé face à ce qu’est devenu Twitter. Pour ma part, je ne raconte plus de tweetstorys, c’est fini, je me contente de retweeter des papiers que je trouve intéressants ou bien j’utilise cet outil pour faire parler un peu d’Ebdo.

 

Tu peux nous donner une musique à écouter, un livre à lire, et un film à voir ?

Je vais commencer par le dernier film que je suis allé voir qui est Coco, le dernier Pixar. Perso, je suis un peu une lopette devant les Pixar, j’ai pleuré encore une fois. J’ai adoré les couleurs. J’ai adoré comment on parle de la mort à la mexicaine et pas à la française : mes filles sont sorties du film en mode “la mort c’est moins relou que prévu”.

En musique, je suis en train de réécouter en boucle Le Phare de Yann Tiersen.Très souvent, je suis totalement désemparé face aux émotions que me procure la musique qui est pour moi le premier art avant la littérature et le cinéma. Yann Tiersen ça va, ça me rend triste mais je contrôle.

En livre : Hiver à Sokcho de Elisa Shua Dusapin. C’est magnifique de sensualité : c’est une jeune femme qui tombe un petit peu amoureuse d’un dessinateur d’âge mûr, en Corée du Sud. C’est un bouquin très court, il se passe rien du tout, surtout pas une histoire d’amour mais c’est super beau, super bien écrit.

 

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Sur la route des falafels avec le food truck Pois Chic

Posté par MaryCherryTree 2 décembre 2017 0 commentaire

Lorsque la petite roulotte jaune de Pois Chic se gare dans votre ville, c’est la promesse de merveilleux falafels, burgers végétariens, currys et autres délices pour vos papilles. Nous avons rencontré Deborah et Andy, les cerveaux au volant de ce food truck atypique…

Bonjour ! Pourriez-vous vous présenter, ainsi que votre projet ?

Nous sommes Déborah et Andy, patrons de Pois Chic, passionnés de  nourriture du monde mais surtout de produits frais, locaux et végétariens/végan. Nous privilégions les produits qui sont cultivés ou élevés à proximité de notre domicile.

Quelles sont vos sources d’inspiration ?

L’inspiration pour notre « street food » et les falafels, est venue en 2013 lors d’un séjour prolongé en Palestine et en Israël ; nous nous sommes émerveillés devant le choix incroyable des marchés arabes et nous étions enivrés par l’odeur riche des épices et des fines herbes. Il nous semblait qu’il y avait un stand de falafels à chaque coin de rue et nous en sommes devenus accros ! Les marchands étaient contents de partager avec nous les mille ans de connaissance du falafel. Inspirés, nous sommes rentrés en France et nous nous sommes rapidement rendu compte que les agriculteurs locaux cultivaient les ingrédients principaux pour pouvoir fabriquer nos propres falafels dans la région.

 

Les fameux « falafels », grande spécialité de Pois Chic!

Pois Chic est né en janvier 2015 et durant ces trois premières années d’activités notre roulotte jaune a participé à plus de 375 événements partout dans la région, à Paris et même au Pays-Bas! Nous avons un emplacement chaque semaine au centre de Poitiers, et nous participons à des festivals et évènements privés, comme des mariages et fêtes d’anniversaire.

Nous avons servi plus de 11,000 wraps falafel et des milliers d’autres repas délicieux depuis le début de cette aventure.

Du Royaume-Uni au Poitou, ça fait une trotte ! Pourquoi être venu jusqu’ici ?

Déborah était enseignante en langues et Andy, journaliste de musique rock / métal et ancien Maire de notre ville de Stroud en Angleterre. Nous avons décidé en 2013 d’essayer un changement de vie et nous lancer dans une nouvelle aventure en France. Nous avons acheté une vieille maison charentaise avec deux hectares de terrain dans un petit hameau (10 habitants) entre Charroux et Civray dans le sud de la Vienne.

Cette nouvelle vie française à la campagne entourée de poules, de cinq alpagas, d’un potager et d’un verger, est pour nous  un  changement exaltant  par  rapport  à  notre  vie de ville d’avant.

Pour nous c’était important de nous intégrer dans notre nouvelle communauté française et de faire connaissance de notre nouvelle région de la France. La démarche d’un Food Truck a été une façon formidable d’y arriver !

De Stroud à Poitiers, Deborah et Andy auront bien voyagé.

 

Vos produits sont locaux, et végétariens voire vegan. Vous considérez que c’est important de modifier notre alimentation ?

Pois Chic croit en la nourriture fraîche et locale, il n’y a pas meilleur. Nous avons identifié notre propre créneau, surtout avec nos recettes à base végétale influencées par les saveurs du monde. Nous revendiquons une cuisine de rue variée et innovante. Tous nos falafels, sauces, salades et plats sont faits maison avec des ingrédients locaux. Pour la création d’un monde plus durable, nous pensons qu’il est vital de promouvoir les circuits courts et de soutenir les entreprises locales.

Nous utilisons des éco-emballages recyclables, réutilisables et des couverts biodégradables. De plus, tous nos déchets alimentaires sont mangés par nos poules pondeuses !

Des plans pour le futur ?

Après trois ans nous ressentons que nous avons trouvé le bon équilibre pour notre entreprise. Nous aimons faire un mélange d’évènements – les emplacements réguliers, les festivals de taille petite ou moyenne et les évènements privés, surtout les repas de mariage et lendemain de mariage.

Notre plus grand souhait serait d’avoir un menu exclusivement végétarien et vegan. Il y a certainement une tendance en France vers une réduction de la consommation de viande et de produits laitiers. Pourtant nous comprenons que dans cette région traditionnelle de la France il faut donner aux clients un choix. Donc un menu fléxitarien.

Pour commencer, nos menus en 2018 seraient 100% végétarien et vegan sur tous nos emplacements réguliers et festivals. Pour les événements privés on va garder un menu composé d’au moins 50% de repas végétariens. Il y a beaucoup d’autres bons foodtrucks pour les gens qui préfèrent les burgers à la viande avec frites !

Nous sommes également en train de construire une grange pour stocker notre équipement et notre food truck. Notre maison est devenue trop petite !

Pendant notre pause hivernale nous prévoyons de créer un deuxième verger pour cultiver les fruits pour nos chutneys faits maison qui sont très demandés avec nos burgers. Nous allons aussi créer un nouveau potager pour cultiver nous-même plus de nos ingrédients de base – au début on va se concentrer sur le persil, la menthe, les épinards, les courgettes et les tomates. Ca va créer un circuit très court ! L’année prochaine nous allons faire un investissement pour créer notre entreprise Zéro-déchets et devenir plus autonomes en eau grâce à la récupération des eaux pluviales.

Le concept derrière Pois Chic est de bien réfléchir sur l’ensemble du provisionnement de nos repas et de rendre notre entreprise la plus durable possible.

Où qu’iels soient, Pois Chic apporte toujours de la bonne humeur

 

Une petite idée de recette à nous conseiller, pour terminer ?

Un bourguignon de champignons, pois chiches et noix – une recette vegan délicieuse pour Noël !

En voici les ingrédients, pour 4 personnes :

 

 

250 g de champignons de Paris

100g de noix

150g de pois chiches cuits

75g de haricots verts – les deux têtes découpées

2 carottes de tailles moyennes

1 oignon moyen

2 grandes gousses d’ail

250ml de vin rouge

2 cuillères à soupe de concentré de tomates

4 feuilles de laurier frais

2 c. à s. de thym frais

250ml bouillon de légumes

100 ml lait de coco

3 c. à s. farine de pois chiche

3 c. à s. d’eau

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Portrait – « C’est l’année où tout change »

Posté par MaryCherryTree 30 mai 2017 0 commentaire

Une série de portraits consacrée aux “jeunes”. On parle souvent d’eux comme une entité homogène mais qui sont-ils réellement, dans leur singularité? Si tu veux participer toi aussi, contacte-nous par mail: contact@berthine.fr

 

Coucou! Est ce que tu pourrais te présenter en quelques mots?

Hello ! Je suis une lycéenne Chartraine, en terminale ES. Actuellement victime du stress APB, et du retard croissant sur mes fiches de bac, je suis coureuse de demi fond. Enfin j’essaie, parce que les entraînements deviennent un peu durs à loger dans mes semaines…  Je suis végétarienne, et j’adore la musique pop-rock.

 

Etre en Terminale en 2017 ça veut aussi dire, bien souvent, avoir voté pour la première fois à 18 ans à peine. Comment est ce que tu as réussi à gérer ça?

C’était cool ! Avec l’ampleur que prennent les élections j’aurais été déçue de ne pas pouvoir voter. Les médias et les réseaux sociaux nous présentent une approche différente de la politique, qui devient plus accessible et compréhensible, mais avec trop d’informations subjectives sur les candidats. C’est en regardant les débats et en lisant des articles, que j’ai pu me projeter sur un candidat en particulier (ou du moins savoir ceux que l’on ne veut pas voir à la tête de la France !). Et j’ai la chance d’avoir pu en discuter avec ma famille et avec mon copain. C’est un sujet qui revient régulièrement au lycée que ce soit avec les profs ou entre élèves.  

 

Est ce que tu trouves que tes intérêts étaient représentés dans cette élection ?

C’est difficile à dire dans la mesure où je suis encore dépendante financièrement de mes parents, du coup je n’ai pas encore d’intérêts économiques réels. Mais après c’est évident qu’il y a des valeurs que je soutiens plus que d’autres même si je ne suis pas directement touchée. Je suis soucieuse de l’écologie, et j’avoue que j’ai trouvé le sujet globalement assez absent dans la campagne. C’est dommage parce que vu qu’il implique également une dimension économique, il devrait peser plus dans les choix des électeurs.

 

Etre jeune en 2017, c’est avoir toutes les clés en main pour suivre ses rêves ?

En fait, nos rêves de jeunes sont orientés par le fait de devoir sélectionner les secteurs d’études où il y a potentiellement de l’emploi. Les profs sont les premiers pour nous le rappeler!  Du coup pour les miens (j’ai l’ambition de rentrer dans une école de commerce), je ne me suis pas réellement demandée là où je serai le plus épanouie. C’est assez stratégique même si c’est une branche qui m’attire plus que d’autres.

 

En quoi c’est cool d’avoir 18 ans en 2017?

On peut s’impliquer plus facilement dans plein de trucs différents via les réseaux sociaux, on est au courant de tout instantanément, l’accès à la culture est hyper large et le plus souvent gratuit, et c’est l’année où tout change; loin de mes parents,  j’ai hâte de tester mon autonomie et ma capacité à travailler …  Mais je suis optimiste pour le futur, et j’ai de beaux rêves en tête !

 

Ah oui? C’est quoi ton plus grand rêve?

Déjà, réussir mes études, obtenir dans deux ans une école de commerce, avec de bons profs, une bonne formation, et qui propose de partir en stage à l’étranger. J’aimerais bien être bilingue anglais aussi, ça peut servir! Puis après avoir un emploi stable qui me plait, grâce auquel je pourrais voyager.

 

Un conseil culture à nous donner?

En ce moment j’écoute en boucle Foxygen, un groupe de rock Californien, de la pop avec les géniaux Two Doors Cinema Club, et l’album “Book of changes” d’Entrance.

Je conseille également le groupe français Polo and Pan que j’ai découvert cette semaine.

En films j’ai vu récemment Moonrise Kingdom, de Wes Anderson que j’ai adoré. Et j’ai trop hâte de voir le nouveau Pirates des Caraïbes !

 

Et, pour finir, si tu devais dire quelque chose à ton toi dans 20 ans, ce serait quoi?

Implique-toi dans les causes qui te paraissent importantes, passe du temps avec ta famille, tes parents et tes frères et soeur, fais du sport tant que tu peux encore, et lance-toi dans un marathon!

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Portrait – « Je ne m’y fais pas. Je n’accepte pas cette information »

Posté par HeHo 27 mai 2017 0 commentaire

Une série de portraits consacrée aux “jeunes”. On parle souvent d’eux comme une entité homogène mais qui sont-ils réellement, dans leur singularité ?

Si tu veux participer toi aussi, contacte-nous par mail: contact@berthine.fr

 

Coucou ! Peux-tu te présenter ?

Je m’appelle Maxence, j’ai 27 ans, je suis en recherche d’emploi en bureau d’étude plus centré vers la mécanique. J’habite Reims depuis quelques années et j’adore l’humour noir. Passionné de manga et de bouffe je regarde Food Wars ou des séries humoristiques comme Kaamelott. Je suis très curieux, par exemple j’adore concevoir des choses en trois dimensions sur ordinateur.

Je suis reconnu handicapé de type « moteur » pour une perte d’audition à la naissance avec d’autres complications. Ce qui veut seulement dire que je suis malentendant depuis très jeune et que ça ira en empirant au fil des années.

J’ai aussi fait du tennis à partir de mes 4 ans, je passais plus de temps à courir après les balles tel un toutou plutôt qu’à jouer, mais grâce à ça on peut dire je maitrisais le cours. Et plus tard, j’ai aussi fait le semi-marathon de Reims. Enfin, j’avais quelques pages d’humour sur Facebook, elles ont toutes été supprimées vers les 55.000/60.000 likes mais si tu veux voir ma déchéance ça se passe sur la page Inutilité II, que je co-administre, où on essaye de regagner notre gloire d’antan.

 

Quel est ton parcours de vie (scolaire/universitaire/travail…) ?

Mon parcours reste assez chaotique. J’ai fait trois terminales scientifiques « sciences de l’ingénieur », puis un BTS en maintenance, une prépa « spé maths » en un an, un an d’école d’ingénieur en packaging et un an de fac de psycho. Pour la loi je suis BAC + 3 fois deux … ce qui me fait une belle jambe.

J’ai aussi été accompagnateur personnalisé en maths dans un lycée et en service civique comme chargé de prévention auditive. Mon service civique consistait à améliorer la disponibilité de ma « cheffe » en tant qu’assistant ou conseiller. Je donnais 24 heures de mon temps par semaine, pendant 6 mois. C’était super enrichissant, j’ai fait quelques missions assez variées, je conseille réellement de faire un service civique. Si les conditions sont bonnes tu apprends à connaître le monde du travail.

 

Est-ce que tu peux expliquer un peu ce qu’est ton quotidien en tant que malentendant ?

Déjà je suis né avec une perte significative d’audition, donc il n’y a pas eu de grande évolution depuis que je suis petit. Par exemple, je me suis habitué à mettre une dizaine de réveils avec des tonalités différentes le matin pour avoir une chance de me réveiller si je me suis endormi sur mon oreille la plus valide. Depuis l’âge de 11 ans, j’ai eu plus d’une quinzaine d’opérations pour enlever une sorte de gangrène de l’oreille et j’ai eu deux opérations reconstructives, l’une pour refaire marteau, étrier, enclume et l’autre la mastoïde. Ces opérations m’ont fait retrouver une audition acceptable pendant deux mois à chaque fois. J’ai donc eu que quatre mois dans ma vie où mon audition était acceptable. Le retour à la réalité ne se fait pas tout de suite. Tu te dis pas « ah mince, j’entends plus les canards et la rivière en face de chez moi » ou « ah mince, j’entendrais plus jamais ces harmoniques là de Linkin Park c’est trop bête ». Tu en oublies juste la chance d’avoir pu entendre ta musique préférée … Linkin Park hein, pas les canards. L’humain est comme ça. C’est plus facile de vivre sans regrets, en oubliant.

Sinon, j’ai appris tout seul à lire sur les lèvres quand j’étais en primaire. Parfois je passe pour un boulet qui attend avant de répondre car je vérifie les informations que j’ai reçues par lecture labiale en lien avec le contexte de la conversation, j’assemble les sons pour faire un semblant de phrase et j’applique par-dessus ma mémoire visuelle pour dégager le sens de ce qu’il se passe. Ça à l’air barbare mais c’est devenu tellement un mécanisme pour moi que je m’en rends plus compte.

J’ai une aide auditive pour les deux oreilles mais je suis pratiquement sourd à droite, et par ailleurs je suis censé être complètement sourd à mes 30, 35 ans. C’est dans pas longtemps. Mais je ne m’y fais pas. Je n’accepte pas cette information.

Évidemment, le plus dur c’est pas le regard des autres, ça ne se voit pas. C’est les stéréotypes. Lorsque qu’on est malentendant et que l’on parle avec un employeur ou un recruteur, même si c’est une conversation téléphonique sans soucis de compréhension la personne s’imagine des caisses et ne prend pas le risque d’embaucher « un handicapé ».

Un autre exemple, c’était lors du brevet des collèges, j’avais un tiers temps et pour l’exercice de dictée, au lieu que mon aide soit en face de moi pour que je puisse lire sur ses lèvres j’avais à remplir un texte à trou de niveau primaire. N’importe qui, handicap ou non, se sentirait diminué face à ce genre d’aide.

J’ai aussi un déficit immunitaire qui fait que je peux tomber malade à tout moment si je ne prends pas mes perfusions toutes les trois semaines à l’hôpital. Cet autre paramètre de l’inconnu peut faire peur et accentuer le cliché d’une personne handicapée, diminuée.

 

Ton plus grand rêve ?

Je ne pense pas avoir un grand rêve en fait. Je vis au jour le jour, en me prenant certes beaucoup la tête, à me questionner sans arrêt sur tout et n’importe quoi, mais si on peut appeler ça un « rêve » je souhaite juste fonder une famille, avoir un boulot et être tranquille avec un « train-train » quotidien. Je vais avoir 28 ans et je n’ai toujours pas réellement travaillé car personne ne me laisse cette chance, donc c’est malheureux à dire mais quand je réfléchis à cette question, je me dis que j’aimerais juste être introduit dans la vie active comme une personne « NORMALE ». J’ai passé des tests avec une sorte de médecin du travail, je peux bosser à mi-temps, avec des outils adaptés qui seront payés par un organisme. Donc en fait, il ne me manque plus qu’un patron. C’est triste d’avoir ce genre de rêve n’est-ce pas ?

 

En quoi c’est cool d’avoir 27 ans en 2017 ?

Tu es à la fois jeune et vieux, ce qui fait que tu n’as pas de mal à avoir une conversation avec des plus de 16 ans sans qu’il y ait une barrière de langage. Le « jeune » sait que tu commences à avoir de la bouteille donc il te respecte et le « vieux » en fait de même car tu n’es plus un gamin. Je trouve qu’en 2017 les jeunes sont de plus en plus responsables, au sens d’avoir plus de responsabilités, donc tu peux parler de tout et de rien avec eux sans être largué.

 

En quoi c’est dur ?

Le travail. Je pense que le plus dur en 2017 ça serait de trouver du travail. Handicap ou non. Parfois je reçois une offre du type « AU MOINS DIX ANS D’EXPÉRIENCE DANS CE DOMAINE » … autant dire que j’insulte la terre entière pendant vingt minutes pour me calmer tellement que je trouve ça paradoxal de chercher des employés d’élites sans laisser la chance aux autres de se former.

 

Tu peux nous donner tes « conseils culture » ?

Je vous conseille fortement de lire La Tour Sombre de Stephen King. En plus il y a une adaptation en film qui va sortir mais je vous conseille de lire les tomes avant. J’ai lu les 9000 pages en un mois et demi, juste avant de passer l’examen de BTS … C’est pour dire comme c’est addictif. En film, il y a The Big Lebowski qui est excellent, pour ceux qui adorent les quiproquos c’est le best. Je ne vais pas m’étendre dessus, si vous ne l’avez pas vu, foncez.

Pour la musique, j’écoute souvent du Monstercat, il y en a pour tous les goûts et j’adore cette mixité, si je devais conseiller un titre se serait Helberg The Girl.

Aussi, niveau jeux-vidéos, je joue en ce moment à Rainbow 6 Siege et Watch dog 2 sur PC. Le premier me rend un peu hargneux vu que je n’entends pas les bruits de pas et les sons aigus … je dois être maso pour continuer à entretenir mon niveau. Et pour le deuxième c’est détente totale. Le son n’est pas primordial donc je peux limite faire autre chose en même temps. Et faut dire ce qui est, ce jeu est magnifique graphiquement.

Enfin, si vous aimez les pages comme celle de Monsieur le Prof sur Facebook je vous conseille celle de Yoann explique la vie V, le Pape contre-attaque. Il parle, entre autres, de son quotidien d’étudiant avec humour, souvent très noir, mais comme il le dit si bien « L’humour n’a de limites que pour les gens limités ».

 

Si tu devais dire quelque chose à ton toi dans 20 ans, ce serait quoi ?

« Patience, ça ira un peu mieux dans quelques années ! »

IntimePortraits

Portrait – « J’ai vraiment hâte qu’on s’y mette »

Posté par HeHo 17 mai 2017 0 commentaire

Une série de portraits consacrée aux “jeunes”. On parle souvent d’eux comme une entité homogène mais qui sont-ils réellement, dans leur singularité ?

Si tu veux participer toi aussi, contacte-nous par mail: contact@berthine.fr

 

Coucou ! Peux-tu te présenter ?

Salut ! Je m’appelle Corentin, j’ai 21 ans et je suis de La Rochelle.

Quel est ton parcours de vie (scolaire/universitaire…) ?

J’ai fait mon bac sur La Rochelle, après j’ai fait une année sur Bordeaux pour faire du paramédical mais ça ne m’a pas vraiment plu. Je me suis retrouvé en fac d’informatique après ça et je suis actuellement sur la fin de ma licence. Je fais un stage dans une agence de communication où je développe des applications web.

Comment tu conçois tes études actuelles ?

Comme je l’ai dit, je me suis réorienté en fac d’informatique et c’était un peu par hasard. De base je suis intéressé dans tout ce qui est nouvelles technologies alors forcément l’informatique me correspond. Il y a beaucoup de choses qui me plaisent dans ce domaine, en plus du développement, on fait beaucoup de gestion de projet pour bien répartir le travail par exemple. Ce qui est cool aussi c’est que ça ouvre à d’autres choses, comme le marketing, on peut être amené à rencontrer les clients, à faire des devis …

Ton plus grand rêve ?

J’ai plusieurs projets, que ce soit avec d’autres gens ou en solo à développer, dont une boîte de « traduction » dans le domaine de l’informatique, une application dont je ne peux pas vraiment parler et un jeu avec des potes. Pour l’instant on est vraiment au tout début du projet mais j’ai vraiment hâte qu’on s’y mette ! J’aimerai vraiment que parmi ces projets il y’en ai (au moins) un qui voit le jour et pourquoi pas qu’il ait un gros succès !

En quoi c’est cool d’avoir 21 ans en 2017 ?

« Imagine un monde sans limite » c’est un peu ça 2017. Tu cherches un album d’afro rap électro avec des influences reggae : y a sûrement un groupe d’hiptsers de Brooklyn qui l’a déjà fait. Bon, le problème c’est que ça peut amener à des abominations et pas forcément qu’au niveau de la musique, de l’art en général mais au moins ça a le mérite de nous faire rigoler … pour ne pas le nommer, le film Sharknado est un « bon » exemple.

En quoi c’est dur ?

Trop de choix ! J’en suis un bon exemple rien que pour les études ! Que ce soit après le bac où on te demande de choisir ce que tu veux faire ou en études supérieures t’as encore beaucoup de choix à faire. Je vais partir en Erasmus le semestre prochain et encore une fois t’as une liste énorme de villes potentielles !

La réputation de « jeunes branleurs » qu’a notre génération est assez pesante quand toi t’essaies de faire de ton mieux.

Tu peux nous donner tes « conseils culture » ?

Un album à écouter : le dernier Kendrick Lamar si c’est pas déjà fait. Sinon, dans un autre genre, Mellon Collie and the Infinite Sadness des Smashing Pumpkins.

Je suis pas un grand lecteur, mais j’ai vraiment bien aimé La Vague de de Todd Strasser, j’avoue que le fait qu’il soit court joue.

Je pourrais difficilement choisir un seul film à conseiller, alors je fais une petite liste : Le Prestige de Nolan, Requiem for a Dream d’Aronofsky, Un homme d’exception de Ron Howard, et Le Loup de Wall Street de Scorsese.

Enfin, je « clique » beaucoup, genre vraiment beaucoup. Surtout des vidéos courtes, quand je vois une vidéo de plus de 10 minutes, je me dis que j’vais perdre trop de temps de ma vie alors que d’après une application j’ai passé 4 mois 10 jours et 11 heures à regarder des séries … Plus précisément, j’aime bien les vidéos du genre AsapSCIENCE qui fait apprendre des petits trucs en seulement 3 minutes. Ah oui et je scroll beaucoup sur 9gag.

Si tu devais dire quelque chose à ton toi dans 20 ans, ce serait quoi ?

« Wesh alors ? »