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Solomon Pico, l’extraterrestre du rock

Posté par MaryCherryTree 12 juin 2017 0 commentaire

Naviguant entre rock cosmique et électro-pop, Solomon Pico nous vient tout droit d’une galaxie fort fort lointaine. Nourrie par sa longue expérience londonienne, sa musique nous rappelle à la fois les grands classiques du rock, mais interpelle aussi grâce à son ambiance spatiale hors du commun… Nous l’avons rencontré à l’occasion de la sortie de son premier EP  « Shifted ».

Hang on, by Solomon Pico!

Salutations, Solomon Pico! Pourrais tu nous décrire ton projet en quelques mots?

Bonjour ! C’est un projet solo actuellement basé à Lille après plusieurs années passées à Londres.

Quelles sont tes influences musicales?

Impossible de ne pas mentionner David Bowie ! J’ai grandi avec sa musique grâce à mon père, un fan absolu, et c’est une influence presque écrasante pour moi et beaucoup d’autres musiciens – le Picasso du rock en quelque sorte. Bowie c’est un impact inégalé sur la musique de notre temps, une voix exceptionnelle couvrant plusieurs octaves, et un talent inouï pour la réinvention, naviguant audacieusement entre glam-rock, folk et électro pendant près d’un demi-siècle. C’était aussi un très bel homme et un personnage incroyablement drôle et charismatique, comme on peut le constater dans ses nombreuses interviews (je passe beaucoup de temps sur Youtube…). Bref une sorte de demi-dieu, en toute objectivité ! « The man who fell to earth », comme le titre d’un de ses films.

Sinon j’écoute énormément de musique dans différents styles : sans surprise, les classiques du rock et de la folk (Beatles, Kinks, Pixies, Blur, Neil Young, Johnny Cash…), mais aussi de l’electro (Fatboy Slim notamment), de la soul et du hip-hop old school comme A Tribe Called Quest. Un peu de tout en fait, à part le métal et les horreurs commerciales sans âme. Parmi les artistes plus jeunes, je pourrais citer St. Vincent, Aldous Harding, Alela Diane et surtout Anna Calvi : que des superbes voix féminines dans un monde musical qui manque cruellement de femmes !

Si tu pouvais jouer avec un.e musicien.ne, ce serait qui?

Le grand David ayant malheureusement rejoint les étoiles l’an dernier, je dirais le très sous-estimé Gaz Coombes. C’est l’ancien chanteur de Supergrass, un de mes groupes anglais préférés, et un excellent musicien qui s’est lancé dans une belle carrière solo depuis quelques années. En plus il a l’air plutôt sympathique !

Avec le développement de nouvelles plateformes de partage, le marché de la musique se diversifie de plus en plus. Tu penses que c’est un développement positif pour la musique ?

C’est assez difficile de répondre à cette question. D’un côté, internet offre beaucoup d’opportunités et permet de partager sa musique instantanément, et gratuitement, dans le monde entier. C’est super pour des nouveaux projets comme le mien. Mais je dois avouer que je suis également assez nostalgique de l’âge d’or du rock, quand les artistes étaient repérés et soutenus par des labels et les disques se vendaient par millions… Internet offre une très grande liberté mais c’est un océan immense, et il est aujourd’hui très difficile de gagner de l’argent avec la musique puisque tout est accessible presque gratuitement. Et je ne parle même pas de devenir millionaire, simplement d’être payés décemment pour son travail. D’autant plus que le matériel coûte extrêmement cher (75 euros pour une simple pédale d’accordage de guitare par exemple). C’est bien beau la liberté, encore faut-il avoir les moyens techniques et financiers d’en profiter pleinement.

Je regrette également l’époque où des groupes visionnaires et exigeants comme les Beatles vendaient des dizaines de millions d’albums. Il existe aujourd’hui une distinction regrettable entre musique « commerciale » et musique « intelligente » : on méprise les gens comme s’ils n’étaient pas capables d’apprécier autre chose que des rappeurs sexistes sans cervelles ou des divas autotunées ! Pour être honnête, les artistes « indie » peuvent aussi faire preuve d’un certain snobisme un peu hipster, ce qui n’aide pas… Mais je suis peut-être trop pessimiste, il y a aussi d’excellents groupes comme les Arctic Monkeys qui rencontrent un très large succès.

La meilleure expérience musicale de ta vie?

J’espère que le meilleur est encore à venir, mais j’ai beaucoup de chance de jouer avec les musiciens qui m’accompagnent actuellement, tous des amis et des gens très doués. Et je suis bien content de sortir enfin mon premier EP avec des chansons dont je suis fier, un mixage pro et une super pochette réalisée par mon cousin avec le photographe Nicolas Fatous ! Ca va me permettre de bien faire avancer le projet dans les prochains mois, et c’est en plus une vraie satisfaction personnelle. Je dirais presque narcissique !

Est ce que tu peux nous raconter un peu le processus de création: où trouves tu l’inspiration pour tes paroles, la musique…

Je commence toujours par la musique, souvent une suite d’accords, une rythmique ou une petite mélodie. Je me laisse ensuite guider par ce premier jet pour finir les arrangements et les paroles, mon point faible. J’écris généralement la base des chansons au piano ou à la guitare acoustique avant de les retravailler avec mon logiciel (Ableton) et de les proposer au groupe.

En plus des artistes mentionnés plus haut, mon inspiration vient principalement de mes lectures, des films que j’ai aimés et des petits tracas de la vie quotidienne. Je ne me trouve pas très doué pour la vraie vie, donc j’essaie de me rattraper comme je peux avec la musique !

Quels sont tes projets pour les mois/années à venir?

Des concerts pour promouvoir l’EP et faire avancer le projet, et un 2ème EP déjà en préparation ! Je peux déjà vous révéler le titre d’un des morceaux que je viens d’écrire et qui sortira dans quelques mois : « Wild Supernova ».

Et une révélation embarassante pour finir ?

Il m’arrive de chanter du Robbie Williams sous la douche.

Brighton Pier, by Solomon Pico

Pour aller plus loin…

Vous pouvez suivre Solomon Pico sur Facebook, Bandcamp et Soundcloud!

www.facebook.com/solomonpico

www.soundcloud.com/solomonpico

https://solomonpico.bandcamp.com

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Portrait – « C’est l’année où tout change »

Posté par MaryCherryTree 30 mai 2017 0 commentaire

Une série de portraits consacrée aux “jeunes”. On parle souvent d’eux comme une entité homogène mais qui sont-ils réellement, dans leur singularité? Si tu veux participer toi aussi, contacte-nous par mail: contact@berthine.fr

 

Coucou! Est ce que tu pourrais te présenter en quelques mots?

Hello ! Je suis une lycéenne Chartraine, en terminale ES. Actuellement victime du stress APB, et du retard croissant sur mes fiches de bac, je suis coureuse de demi fond. Enfin j’essaie, parce que les entraînements deviennent un peu durs à loger dans mes semaines…  Je suis végétarienne, et j’adore la musique pop-rock.

 

Etre en Terminale en 2017 ça veut aussi dire, bien souvent, avoir voté pour la première fois à 18 ans à peine. Comment est ce que tu as réussi à gérer ça?

C’était cool ! Avec l’ampleur que prennent les élections j’aurais été déçue de ne pas pouvoir voter. Les médias et les réseaux sociaux nous présentent une approche différente de la politique, qui devient plus accessible et compréhensible, mais avec trop d’informations subjectives sur les candidats. C’est en regardant les débats et en lisant des articles, que j’ai pu me projeter sur un candidat en particulier (ou du moins savoir ceux que l’on ne veut pas voir à la tête de la France !). Et j’ai la chance d’avoir pu en discuter avec ma famille et avec mon copain. C’est un sujet qui revient régulièrement au lycée que ce soit avec les profs ou entre élèves.  

 

Est ce que tu trouves que tes intérêts étaient représentés dans cette élection ?

C’est difficile à dire dans la mesure où je suis encore dépendante financièrement de mes parents, du coup je n’ai pas encore d’intérêts économiques réels. Mais après c’est évident qu’il y a des valeurs que je soutiens plus que d’autres même si je ne suis pas directement touchée. Je suis soucieuse de l’écologie, et j’avoue que j’ai trouvé le sujet globalement assez absent dans la campagne. C’est dommage parce que vu qu’il implique également une dimension économique, il devrait peser plus dans les choix des électeurs.

 

Etre jeune en 2017, c’est avoir toutes les clés en main pour suivre ses rêves ?

En fait, nos rêves de jeunes sont orientés par le fait de devoir sélectionner les secteurs d’études où il y a potentiellement de l’emploi. Les profs sont les premiers pour nous le rappeler!  Du coup pour les miens (j’ai l’ambition de rentrer dans une école de commerce), je ne me suis pas réellement demandée là où je serai le plus épanouie. C’est assez stratégique même si c’est une branche qui m’attire plus que d’autres.

 

En quoi c’est cool d’avoir 18 ans en 2017?

On peut s’impliquer plus facilement dans plein de trucs différents via les réseaux sociaux, on est au courant de tout instantanément, l’accès à la culture est hyper large et le plus souvent gratuit, et c’est l’année où tout change; loin de mes parents,  j’ai hâte de tester mon autonomie et ma capacité à travailler …  Mais je suis optimiste pour le futur, et j’ai de beaux rêves en tête !

 

Ah oui? C’est quoi ton plus grand rêve?

Déjà, réussir mes études, obtenir dans deux ans une école de commerce, avec de bons profs, une bonne formation, et qui propose de partir en stage à l’étranger. J’aimerais bien être bilingue anglais aussi, ça peut servir! Puis après avoir un emploi stable qui me plait, grâce auquel je pourrais voyager.

 

Un conseil culture à nous donner?

En ce moment j’écoute en boucle Foxygen, un groupe de rock Californien, de la pop avec les géniaux Two Doors Cinema Club, et l’album “Book of changes” d’Entrance.

Je conseille également le groupe français Polo and Pan que j’ai découvert cette semaine.

En films j’ai vu récemment Moonrise Kingdom, de Wes Anderson que j’ai adoré. Et j’ai trop hâte de voir le nouveau Pirates des Caraïbes !

 

Et, pour finir, si tu devais dire quelque chose à ton toi dans 20 ans, ce serait quoi?

Implique-toi dans les causes qui te paraissent importantes, passe du temps avec ta famille, tes parents et tes frères et soeur, fais du sport tant que tu peux encore, et lance-toi dans un marathon!

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Portrait – « Je ne m’y fais pas. Je n’accepte pas cette information »

Posté par HeHo 27 mai 2017 0 commentaire

Une série de portraits consacrée aux “jeunes”. On parle souvent d’eux comme une entité homogène mais qui sont-ils réellement, dans leur singularité ?

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Coucou ! Peux-tu te présenter ?

Je m’appelle Maxence, j’ai 27 ans, je suis en recherche d’emploi en bureau d’étude plus centré vers la mécanique. J’habite Reims depuis quelques années et j’adore l’humour noir. Passionné de manga et de bouffe je regarde Food Wars ou des séries humoristiques comme Kaamelott. Je suis très curieux, par exemple j’adore concevoir des choses en trois dimensions sur ordinateur.

Je suis reconnu handicapé de type « moteur » pour une perte d’audition à la naissance avec d’autres complications. Ce qui veut seulement dire que je suis malentendant depuis très jeune et que ça ira en empirant au fil des années.

J’ai aussi fait du tennis à partir de mes 4 ans, je passais plus de temps à courir après les balles tel un toutou plutôt qu’à jouer, mais grâce à ça on peut dire je maitrisais le cours. Et plus tard, j’ai aussi fait le semi-marathon de Reims. Enfin, j’avais quelques pages d’humour sur Facebook, elles ont toutes été supprimées vers les 55.000/60.000 likes mais si tu veux voir ma déchéance ça se passe sur la page Inutilité II, que je co-administre, où on essaye de regagner notre gloire d’antan.

 

Quel est ton parcours de vie (scolaire/universitaire/travail…) ?

Mon parcours reste assez chaotique. J’ai fait trois terminales scientifiques « sciences de l’ingénieur », puis un BTS en maintenance, une prépa « spé maths » en un an, un an d’école d’ingénieur en packaging et un an de fac de psycho. Pour la loi je suis BAC + 3 fois deux … ce qui me fait une belle jambe.

J’ai aussi été accompagnateur personnalisé en maths dans un lycée et en service civique comme chargé de prévention auditive. Mon service civique consistait à améliorer la disponibilité de ma « cheffe » en tant qu’assistant ou conseiller. Je donnais 24 heures de mon temps par semaine, pendant 6 mois. C’était super enrichissant, j’ai fait quelques missions assez variées, je conseille réellement de faire un service civique. Si les conditions sont bonnes tu apprends à connaître le monde du travail.

 

Est-ce que tu peux expliquer un peu ce qu’est ton quotidien en tant que malentendant ?

Déjà je suis né avec une perte significative d’audition, donc il n’y a pas eu de grande évolution depuis que je suis petit. Par exemple, je me suis habitué à mettre une dizaine de réveils avec des tonalités différentes le matin pour avoir une chance de me réveiller si je me suis endormi sur mon oreille la plus valide. Depuis l’âge de 11 ans, j’ai eu plus d’une quinzaine d’opérations pour enlever une sorte de gangrène de l’oreille et j’ai eu deux opérations reconstructives, l’une pour refaire marteau, étrier, enclume et l’autre la mastoïde. Ces opérations m’ont fait retrouver une audition acceptable pendant deux mois à chaque fois. J’ai donc eu que quatre mois dans ma vie où mon audition était acceptable. Le retour à la réalité ne se fait pas tout de suite. Tu te dis pas « ah mince, j’entends plus les canards et la rivière en face de chez moi » ou « ah mince, j’entendrais plus jamais ces harmoniques là de Linkin Park c’est trop bête ». Tu en oublies juste la chance d’avoir pu entendre ta musique préférée … Linkin Park hein, pas les canards. L’humain est comme ça. C’est plus facile de vivre sans regrets, en oubliant.

Sinon, j’ai appris tout seul à lire sur les lèvres quand j’étais en primaire. Parfois je passe pour un boulet qui attend avant de répondre car je vérifie les informations que j’ai reçues par lecture labiale en lien avec le contexte de la conversation, j’assemble les sons pour faire un semblant de phrase et j’applique par-dessus ma mémoire visuelle pour dégager le sens de ce qu’il se passe. Ça à l’air barbare mais c’est devenu tellement un mécanisme pour moi que je m’en rends plus compte.

J’ai une aide auditive pour les deux oreilles mais je suis pratiquement sourd à droite, et par ailleurs je suis censé être complètement sourd à mes 30, 35 ans. C’est dans pas longtemps. Mais je ne m’y fais pas. Je n’accepte pas cette information.

Évidemment, le plus dur c’est pas le regard des autres, ça ne se voit pas. C’est les stéréotypes. Lorsque qu’on est malentendant et que l’on parle avec un employeur ou un recruteur, même si c’est une conversation téléphonique sans soucis de compréhension la personne s’imagine des caisses et ne prend pas le risque d’embaucher « un handicapé ».

Un autre exemple, c’était lors du brevet des collèges, j’avais un tiers temps et pour l’exercice de dictée, au lieu que mon aide soit en face de moi pour que je puisse lire sur ses lèvres j’avais à remplir un texte à trou de niveau primaire. N’importe qui, handicap ou non, se sentirait diminué face à ce genre d’aide.

J’ai aussi un déficit immunitaire qui fait que je peux tomber malade à tout moment si je ne prends pas mes perfusions toutes les trois semaines à l’hôpital. Cet autre paramètre de l’inconnu peut faire peur et accentuer le cliché d’une personne handicapée, diminuée.

 

Ton plus grand rêve ?

Je ne pense pas avoir un grand rêve en fait. Je vis au jour le jour, en me prenant certes beaucoup la tête, à me questionner sans arrêt sur tout et n’importe quoi, mais si on peut appeler ça un « rêve » je souhaite juste fonder une famille, avoir un boulot et être tranquille avec un « train-train » quotidien. Je vais avoir 28 ans et je n’ai toujours pas réellement travaillé car personne ne me laisse cette chance, donc c’est malheureux à dire mais quand je réfléchis à cette question, je me dis que j’aimerais juste être introduit dans la vie active comme une personne « NORMALE ». J’ai passé des tests avec une sorte de médecin du travail, je peux bosser à mi-temps, avec des outils adaptés qui seront payés par un organisme. Donc en fait, il ne me manque plus qu’un patron. C’est triste d’avoir ce genre de rêve n’est-ce pas ?

 

En quoi c’est cool d’avoir 27 ans en 2017 ?

Tu es à la fois jeune et vieux, ce qui fait que tu n’as pas de mal à avoir une conversation avec des plus de 16 ans sans qu’il y ait une barrière de langage. Le « jeune » sait que tu commences à avoir de la bouteille donc il te respecte et le « vieux » en fait de même car tu n’es plus un gamin. Je trouve qu’en 2017 les jeunes sont de plus en plus responsables, au sens d’avoir plus de responsabilités, donc tu peux parler de tout et de rien avec eux sans être largué.

 

En quoi c’est dur ?

Le travail. Je pense que le plus dur en 2017 ça serait de trouver du travail. Handicap ou non. Parfois je reçois une offre du type « AU MOINS DIX ANS D’EXPÉRIENCE DANS CE DOMAINE » … autant dire que j’insulte la terre entière pendant vingt minutes pour me calmer tellement que je trouve ça paradoxal de chercher des employés d’élites sans laisser la chance aux autres de se former.

 

Tu peux nous donner tes « conseils culture » ?

Je vous conseille fortement de lire La Tour Sombre de Stephen King. En plus il y a une adaptation en film qui va sortir mais je vous conseille de lire les tomes avant. J’ai lu les 9000 pages en un mois et demi, juste avant de passer l’examen de BTS … C’est pour dire comme c’est addictif. En film, il y a The Big Lebowski qui est excellent, pour ceux qui adorent les quiproquos c’est le best. Je ne vais pas m’étendre dessus, si vous ne l’avez pas vu, foncez.

Pour la musique, j’écoute souvent du Monstercat, il y en a pour tous les goûts et j’adore cette mixité, si je devais conseiller un titre se serait Helberg The Girl.

Aussi, niveau jeux-vidéos, je joue en ce moment à Rainbow 6 Siege et Watch dog 2 sur PC. Le premier me rend un peu hargneux vu que je n’entends pas les bruits de pas et les sons aigus … je dois être maso pour continuer à entretenir mon niveau. Et pour le deuxième c’est détente totale. Le son n’est pas primordial donc je peux limite faire autre chose en même temps. Et faut dire ce qui est, ce jeu est magnifique graphiquement.

Enfin, si vous aimez les pages comme celle de Monsieur le Prof sur Facebook je vous conseille celle de Yoann explique la vie V, le Pape contre-attaque. Il parle, entre autres, de son quotidien d’étudiant avec humour, souvent très noir, mais comme il le dit si bien « L’humour n’a de limites que pour les gens limités ».

 

Si tu devais dire quelque chose à ton toi dans 20 ans, ce serait quoi ?

« Patience, ça ira un peu mieux dans quelques années ! »

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Portrait – « J’ai vraiment hâte qu’on s’y mette »

Posté par HeHo 17 mai 2017 0 commentaire

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Coucou ! Peux-tu te présenter ?

Salut ! Je m’appelle Corentin, j’ai 21 ans et je suis de La Rochelle.

Quel est ton parcours de vie (scolaire/universitaire…) ?

J’ai fait mon bac sur La Rochelle, après j’ai fait une année sur Bordeaux pour faire du paramédical mais ça ne m’a pas vraiment plu. Je me suis retrouvé en fac d’informatique après ça et je suis actuellement sur la fin de ma licence. Je fais un stage dans une agence de communication où je développe des applications web.

Comment tu conçois tes études actuelles ?

Comme je l’ai dit, je me suis réorienté en fac d’informatique et c’était un peu par hasard. De base je suis intéressé dans tout ce qui est nouvelles technologies alors forcément l’informatique me correspond. Il y a beaucoup de choses qui me plaisent dans ce domaine, en plus du développement, on fait beaucoup de gestion de projet pour bien répartir le travail par exemple. Ce qui est cool aussi c’est que ça ouvre à d’autres choses, comme le marketing, on peut être amené à rencontrer les clients, à faire des devis …

Ton plus grand rêve ?

J’ai plusieurs projets, que ce soit avec d’autres gens ou en solo à développer, dont une boîte de « traduction » dans le domaine de l’informatique, une application dont je ne peux pas vraiment parler et un jeu avec des potes. Pour l’instant on est vraiment au tout début du projet mais j’ai vraiment hâte qu’on s’y mette ! J’aimerai vraiment que parmi ces projets il y’en ai (au moins) un qui voit le jour et pourquoi pas qu’il ait un gros succès !

En quoi c’est cool d’avoir 21 ans en 2017 ?

« Imagine un monde sans limite » c’est un peu ça 2017. Tu cherches un album d’afro rap électro avec des influences reggae : y a sûrement un groupe d’hiptsers de Brooklyn qui l’a déjà fait. Bon, le problème c’est que ça peut amener à des abominations et pas forcément qu’au niveau de la musique, de l’art en général mais au moins ça a le mérite de nous faire rigoler … pour ne pas le nommer, le film Sharknado est un « bon » exemple.

En quoi c’est dur ?

Trop de choix ! J’en suis un bon exemple rien que pour les études ! Que ce soit après le bac où on te demande de choisir ce que tu veux faire ou en études supérieures t’as encore beaucoup de choix à faire. Je vais partir en Erasmus le semestre prochain et encore une fois t’as une liste énorme de villes potentielles !

La réputation de « jeunes branleurs » qu’a notre génération est assez pesante quand toi t’essaies de faire de ton mieux.

Tu peux nous donner tes « conseils culture » ?

Un album à écouter : le dernier Kendrick Lamar si c’est pas déjà fait. Sinon, dans un autre genre, Mellon Collie and the Infinite Sadness des Smashing Pumpkins.

Je suis pas un grand lecteur, mais j’ai vraiment bien aimé La Vague de de Todd Strasser, j’avoue que le fait qu’il soit court joue.

Je pourrais difficilement choisir un seul film à conseiller, alors je fais une petite liste : Le Prestige de Nolan, Requiem for a Dream d’Aronofsky, Un homme d’exception de Ron Howard, et Le Loup de Wall Street de Scorsese.

Enfin, je « clique » beaucoup, genre vraiment beaucoup. Surtout des vidéos courtes, quand je vois une vidéo de plus de 10 minutes, je me dis que j’vais perdre trop de temps de ma vie alors que d’après une application j’ai passé 4 mois 10 jours et 11 heures à regarder des séries … Plus précisément, j’aime bien les vidéos du genre AsapSCIENCE qui fait apprendre des petits trucs en seulement 3 minutes. Ah oui et je scroll beaucoup sur 9gag.

Si tu devais dire quelque chose à ton toi dans 20 ans, ce serait quoi ?

« Wesh alors ? »

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Portrait – “Je laisse la vie m’emmener là où elle veut”

Posté par MaryCherryTree 15 mai 2017 0 commentaire

Une série de portraits consacrée aux “jeunes”. On parle souvent d’eux comme une entité homogène mais qui sont-ils réellement, dans leur singularité?

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Coucou! Peux-tu te présenter?

Bonjour, j’ai 25 ans, j’ai fait une formation d’ingénieur en Génie Industriel et j’ai été consultante pendant deux ans pour une grande société où j’ai été trimballée de mission inintéressante en mission inintéressante. Il y a deux ans, j’ai eu une opportunité pour devenir enseignante que j’ai saisie. J’ai enseigné un an en IUT, puis désormais je suis dans un lycée d’enseignement professionnel ! J’adore mon métier mais je ne sais pas ce que je ferai l’an prochain. Peut être la même chose, peut être une formation, un autre travail…

Je laisse la vie m’emmener là où elle veut. Je suis jeune et j’en profite. Je déteste me dire que je ferai le même travail toute ma vie, j’aime découvrir tout le temps de nouvelles choses.

Au delà du professionnel, qu’est-ce qui t’anime, aujourd’hui, dans la vie?

Je suis passionnée d’équitation et j’ai mon propre cheval que j’essaie d’emmener sur des internationaux en concours complet. Quand on monte à cheval, on jouit d’une liberté et de sensations qu’on retrouve nulle part ailleurs. C’est un sport dangereux, mais le plaisir qu’on trouve dans l’équitation et la relation avec le cheval est plus fort que tout le reste.

Dans tes réponses, on sent un désir de dépasser les limites et de sortir d’un chemin bien tracé. Je me trompe?

Pas du tout! Je prends toujours les choses à coeur, et j’aime aller jusqu’au bout de ce que j’entreprends. Mais je pense surtout qu’on a qu’une seule vie, qui n’est malheureusement pas assez longue pour tout découvrir. J’ai toujours été un peu touche à tout et donc je prends la vie comme elle vient, suivant les opportunités. J’ai eu une opportunité pour enseigner, je l’ai saisie. Si d’autres opportunités viennent à moi, je n’hésiterai pas : j’aime l’idée que la vie n’est pas toute tracée et que l’on peut en changer si on le désire. Pour moi, la vie c’est une aventure. Et même si elle n’est pas facile tous les jours, il y a encore tant de choses à découvrir que je ne m’en lasse pas…

En quoi c’est cool, d’avoir 25 ans en 2017 ?

On vit dans une société qui n’est pas obligatoirement super pour s’épanouir au vu du contexte économique. Mais c’est quand même cool parce qu’avec les nouvelles technologies, on peut découvrir plein de choses. On est pas cantonnés dans la culture de notre famille ou de nos proches, on peut s’intéresser à plein de choses, faire des trucs cool. Par exemple, j’ai été rédactrice en chef d’un site d’actualités Harry Potter – Poudlard.org – pendant 2-3 ans et c’était super enrichissant; il y a 15 ans, j’aurais jamais pu faire ça !

Ca fait du bien de lire autant d’optimisme, dans une époque où le pessimisme règne! C’est quoi ton secret?

J’ai pas de secret, j’avance c’est tout. Adolescente, j’avais deux ans d’avance et donc j’ai vu le mal être adolescent avant de le vivre moi-même. Et lorsque j’ai dû passer ce cap, ce que j’avais vu m’a aidée à me poser les bonnes questions. Et je me suis promis de profiter de la vie parce qu’elle peut être très courte, comme très longue. Mais ça, on le sait jamais à l’avance !

Saurais-tu dire aujourd’hui ce qu’est ton plus grand rêve?

La question qui tue ! Sûrement de me dire quand je vais mourir que j’ai eu une belle vie (si j’ai le temps). Ou bien vivre en autarcie dans une maison en bois, au milieu d’hectares de forêt et de plaines, avec une rivière qui passe au milieu (pour l’eau, c’est mieux), avec ma famille, des amis, mes animaux.

Attention, une question encore plus difficile! Tu aurais un.e livre, film, série à nous conseiller?

Je peux parler musique ? Un groupe que j’adore, la chanteuse a juste une voix sublime, et sur scène ils ont une énergie d’enfer. Ils font beaucoup de reprises de musiques irlandaises et c’est juste une bonheur pour les oreilles !!. Le groupe s’appelle Cargo roads, à découvrir absolument ! http://www.cargo-roads.com.

Ma chanson préféré qu’ils interprètent, c’est Ride On (non, c’est pas la reprise d’une chanson d’AC/DC mais de Cruachan).

Et enfin, si tu devais dire quelque chose à ton toi dans 20 ans, ce serait quoi ?

“Bouge toi, t’es pas vieille, t’as encore plein de choses à découvrir! »

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Portrait – « J’ai le sentiment que ma voix sera un jour entendue »

Posté par Loupche 11 mai 2017 0 commentaire

Une série de portraits consacrée aux « jeunes ». On parle souvent d’eux comme une entité homogène mais qui sont-ils réellement, dans leur singularité ?

Si tu veux participer toi aussi, contacte-nous par mail : gomasio@berthine.fr

Coucou ! Peux-tu te présenter ?

Je m’appelle Paul, j’ai 20 ans et je suis né dans la région stéphanoise. Je suis essentiellement fan de musique (métal, jazz, blues et classique), de cinéma, de jeux-vidéo et de politique. Actuellement je suis sur la fin d’une année d’apprentissage de l’anglais à Dublin où j’y ai commencé mon blog ChroniqueBobo. Je commencerai mes études l’année prochaine où je serai en prépa au concours d’infirmier.

Qu’est-ce qui te donne envie d’être infirmier ?

J’ai passé beaucoup de temps de ma vie à l’hôpital : en 2010, je me suis fait renverser par une voiture. J’ai donc beaucoup discuté avec des infirmiers et infirmières et je me suis rendu compte que ce n’était pas juste une question de faire des piqûres et donner des cachets mais que c’était une relation humaine qui aide énormément le patient. C’est ce genre d’aide que je veux donner. Au début je voulais faire ce métier juste pour rendre ce qui m’a été donné, puis je me suis rendu compte que c’était vraiment ce que je voulais faire. Aider les gens, tous, si possible.

En quoi cet accident en 2010 a changé ta vie ?

Ça a totalement changé ma vie parce que cet accident a provoqué une amnésie, je n’ai quasiment aucun souvenir de ma vie d’avant 2010. Je me souvenais des personnes et qui elles étaient pour moi au niveau relationnel mais je ne me souvenais plus qui j’étais et forcément ça fout un coup au moral. J’ai fait une dépression chronique après ça et j’ai passé trois ans à prendre du Prozac. J’ai donc dû me reforger très vite une personnalité et je crois que ma personnalité d’aujourd’hui découle du Paul de 2010 qui se réveille dans sa chambre d’hôpital en se demandant qui il est.

Donc maintenant tu ne prends plus de Prozac. Comment tu te reconstruis depuis ?

Je n’en ai plus vraiment besoin. je continue simplement à vivre en m’intéressant au monde qui m”entoure et en y réfléchissant, c’est parfois triste ou scandaleux mais c’est parfois grand et plein d’espoir. J’écoute aussi beaucoup de musique, ma première passion, beaucoup de métal extrême, ça me défoule et c’est aussi une musique que j’aime. Je regarde beaucoup de films aussi, j’entretiens mon blog et je lis la presse, c’est sans doute la seconde chose que je fais le plus, ça me permet de rester informé.

Tu m’as dit tout à l’heure (dans ton mail) que tu étais un jeune “lambda”, pourquoi tu as dit ça ?

Je dis “lambda” dans le sens où je ne suis pas une personnalité célèbre même si j’ai le sentiment que ma voix sera un jour entendue à une plus grande échelle. Je dis “lambda” parce que je ne me sens pas différent des autres même si tout mon entourage me le dit.

Ton plus grand rêve ?

Être un musicien célèbre. Ou simplement être célèbre pour mes mots ou ma pensée qu’elle soit politique ou philosophique.

En quoi c’est cool d’avoir 20 ans en 2017 ?

Je pense que c’est à double-tranchant. D’un côté on a grandi avec internet et les nouvelles technologies donc on est plus alerte sur les nouvelles choses et sur la rapidité des nouvelles qui nous parviennent. Mais d’un autre côté, la génération de nos parents semble avoir peur et veut sans cesse nous accompagner ou nous assister parce que la vie est “dangereuse”. Je ne pense pas ça. J’ai l’impression que nous avons tout ce qu’il faut pour nous épanouir et nous développer mais la génération précédente ne veut pas nous lâcher la main.

Donc ce qui est dur quand on a 20 ans en 2017, c’est d’être trop accompagnés par la génération précédente ?

Je pense oui. C’est cette forme de frustration qui nous empêche de totalement nous développer. Je suis sûr que certaines choses iraient mieux (la cause des femmes par exemple, l’égalité des sexes) beaucoup plus vite si nous n’étions pas sans cesse repris par la génération d’avant. C’est ce qu’il y a de plus frustrant pour moi. J’ai l’impression que cela n’aide pas la cause féministe que je défends, ni la reconnaissance des droits LGBT+ ou l’écologie parce que nous sommes encore soumis à la philosophie de nos parents pour qui il n’y avait pas besoin de s’inquiéter de ces choses là. Aujourd’hui la chose est trop grave pour ne pas s’en inquiéter mais ça va trop lentement.

Tu peux nous donner une musique à écouter, un film à voir et un livre à lire ?

Ah question compliquée, je nage un peu dans la culture. En musique je dirais De Mysteriis Dom Sathanas de Mayhem pour comprendre ce qu’est le black metal. Film, je ne vous dirai pas de regarder Star Wars parce que tout le monde les as vus alors ce sera Horns avec Daniel Radcliffe, qui m’a vraiment mis une claque et je ne comprends pas pourquoi ce film n’a pas plus de succès. Pour ce qui est d’un livre je dirais la BD V Pour Vendetta écrite par Allan Moore.

Si tu devais dire quelque chose à ton toi dans 20 ans, ce serait quoi ? 

“Reste curieux ou tu prends mon pied dans le cul.”

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Portrait – « Mes élèves me kiffent pas particulièrement, et c’est tant mieux comme ça »

Posté par Gomasio 30 avril 2017 1 Commentaire

Une série de portraits consacrée aux « jeunes ». On parle souvent d’eux comme une entité homogène mais qui sont-ils réellement, dans leur singularité ?

Si tu veux participer toi aussi, contacte-nous par mail : gomasio@berthine.fr

Coucou ! Peux-tu te présenter ?
Je m’appelle William, j’ai 28 ans, je suis professeur d’anglais.

How fascinating ! Bon fais pas le timide, on t’a tous reconnu. Alors dis-nous Monsieur le Prof, 3 choses que tu aimes par dessus tout dans la vie (à part tes tweets) ?
J’aime pas spécialement mes tweets, en vrai. Je me sens un peu tassé dans ces 140 caractères et cette lutte constante d’égos, c’est pour ça que je migre peu à peu vers Facebook. Sinon en général j’aime bien écrire, alors je dirais écrire, j’aime bien faire rire aussi, et j’aime beaucoup quand j’entends un élève dire “déjà !?” quand ça sonne. Mais c’est rare.

A l’époque où je t’ai connu, tu avais à peine 1000 abonnés, aujourd’hui, 5 ans plus tard, tu en as plus de 200 000. Quel impact cela a-t-il sur ta vie ?
Au quotidien, pas grand chose. Je fais exactement la même chose qu’il y a 5 ans : quand quelque chose d’étonnant se passe dans ma classe, j’essaie de le raconter de façon plutôt rigolote sur le net. J’suis un prof comme les autres, mes élèves me kiffent pas particulièrement, et c’est tant mieux comme ça. Parce qu’avoir beaucoup d’abonnés, ça peut vite monter au cerveau je pense ; c’est un peu pour ça que je souhaite conserver mon anonymat, histoire de rester ancré dans le réel.

Parlons un peu plus intimement, en dehors de ton statut de célébrité – qui ne te définit pas entièrement évidemment. Peux-tu me parler des éléments qui ont marqué ton parcours de vie (aussi jeune sois-tu) ?
Pour un prof, rien de tel qu’un petit souvenir de collège. J’excellais nulle part, j’étais l’élève moyen par excellence qui se fait oublier près du radiateur. Le seul truc qui me plaisait et auquel je trouvais un sens, c’est quand on avait des rédactions à faire en français. J’avais pas des notes de ouf, mais à chaque fois, ma prof de français me demandait de lire mon travail devant la classe. J’étais tout timide et hyper mal à l’aise devant mes camarades, c’était le seul moment du mois où ils entendaient le son de ma voix, mais j’allais au tableau, et je lisais mon texte. Évidemment, ils écoutaient poliment sans vraiment prêter attention à ce que je racontais, et à la fin ils applaudissaient parce que c’est ce qu’ils étaient censés faire. Mais y’avait toujours ce moment où avant de regagner ma place je regardais ma prof, et je voyais qu’elle, elle avait compris ce que je voulais dire. Et je m’imaginais à ce moment là qu’elle avait su voir en moi quelque chose qui avait un peu de valeur. Alors, parfois, dans les moments qui suivaient, quand le cours reprenait et que je repensais au regard de ma prof, je me rêvais un peu écrivain, ouais.

Et ton plus grand rêve aujourd’hui ?
C’est un peu tristoune, mais je crois que c’est d’avoir ma propre salle de classe. Mes rêves d’ado c’était de faire un voyage de ouf et d’écrire un livre, et je les ai réalisés, donc il va falloir que j’en trouve d’autres. Mais avoir ma propre salle, ça serait vraiment chouette, je pourrais la décorer, je m’imagine même installer une petite bibliothèque avec toutes mes BD et livres en libre service pour les élèves qui auraient fini de bosser et tout. Là j’suis dans des salles moroses sans aucune personnalité, c’est terriblement triste. Genre l’année dernière j’avais customisé ma salle ça pétait bien :

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En quoi c’est cool d’avoir 28 ans aujourd’hui en 2017 ?
J’imagine qu’on a fait suffisamment d’expériences pour savoir ce qu’on ne veut plus. Suffisamment d’erreurs pour avoir appris à ne pas les répéter. Rencontré suffisamment de personnes pour savoir un peu mieux qui on est.

En quoi c’est dur ?
C’est dur parce qu’on commence à vieillir, à perdre un peu de notre fougue, et peut-être de notre romantisme, de notre innocence. Les choses ne sont plus neuves, elles sont désormais un écho ou un reflet d’un moment déjà vécu. C’est très dur de vivre des choses véritablement nouvelles et uniques, passé un certain âge. On n’est plus dans la découverte, désormais, alors, on marche dans l’ombre de notre passé, et c’est une véritable lutte de s’en détacher. Enfin je dis “on” mais je ne parle que de ce que je ressens.

Peux-tu nous donner un livre à lire, un album à écouter et un film à voir ?
Je ne sais pas trop, c’est très dur de conseiller des œuvres ! D’un côté on a envie de proposer quelque chose qui puisse plaire à tout le monde, et genre L’Étranger c’est pour moi LE livre qui t’apprend des choses quand t’es jeune, sur ta place dans le monde, ton rapport aux autres. Mais bon L’Étranger t’as la moitié des gens qui l’ont déjà abordé au lycée. Alors je pencherai pour La Maison des Feuilles, de Mark Z. Danielewski, qui n’intéressera peut-être que 3 personnes, mais qui est à mes yeux LE plus grand livre qui soit, et je pèse mes mots. C’est pas juste le truc qu’on dit en soirée genre “ouais c’est le meilleur livre du monde” alors qu’en fait y’e an 50 de mieux. Non, dans La Maison des Feuilles, y’a tout. Y’a de l’angoisse, y’a de la réflexion, y’a de l’humour, y’a un roman puis sa propre analyse puis un récit épistolaire qui se rajoute par dessus. Il y a des poèmes, il y a des jeux sur les polices de caractère, sur les formes des paragraphes, etc. C’est un livre monde. Et ça raconte (en gros) l’histoire d’un mec qui découvre un labyrinthe dans sa propre maison. Il décide de l’explorer et vous allez faire des cauchemars.

Un film à voir je dirais Seul Contre Tous, qui m’a énormément marqué, parce qu’il nous fait suivre un être misogyne, violent, homophobe et raciste pendant 1h30, avec en fond sa voix off qui ne s’arrête jamais. Je trouve que ce film est puissant parce qu’il nous aide à mieux cerner cet épouvantail des temps modernes.

Comme album je ne sais pas trop, j’écoute énormément de choses. Pas vraiment d’albums, plutôt des chansons isolées, vraiment très variées. J’ai fait pas mal de playlists sur YouTube, si ça vous intéresse : https://www.youtube.com/user/MsieurLProf/playlists

Si tu devais dire quelque chose à ton toi dans 20 ans, ce serait quoi ?
“T’es encore là toi ?”

 

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Portrait – « Aller dans l’espace, trouver la paix avec moi-même »

Posté par Gomasio 20 avril 2017 0 commentaire

image de couverture : La ligne rouge de Terrence Malick (1998)

 

Une série de portraits consacrée aux « jeunes ». On parle souvent d’eux comme une entité homogène mais qui sont-ils réellement, dans leur singularité ?

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Peux-tu te présenter ?
C’est super dur comme question… Je n’aurais pas répondu la même chose il y a 3 jours que ce que je répondrais aujourd’hui. Et je ne sais pas si je dirais la même chose dans 3 jours non plus… enfin j’espère que si (rires). Là, tout de suite je suis quelqu’un d’un peu perdu qui court après des idéaux et parmi eux, certains me tirent vers le bas, certains me tirent vers le haut. Disons que quand je poursuis des idéaux d’amour, de réussite, ça me tire plutôt vers le bas et quand ce sont des idéaux comme la vérité et la sagesse ça me tire plus vers le haut.

Peux-tu m’expliquer pourquoi lorsque tu te présentes tu ne me dis pas ce que tu fais dans la vie ?
Parce que je suis toujours mal à l’aise quand on me demande qui je suis. Selon le contexte, la personne, je ne répondrais pas la même chose… Là j’ai répondu ça, je ne sais pas, peut-être parce que c’est une interview ? Si c’est un flic qui me demande, je dirais « Youenn, 29 ans » tu vois. Bon aussi parce que j’ai pas l’impression de faire grand chose dans ma vie… Ceci dit même quand j’avais un boulot, ou quand j’étais étudiant, je trouvais ça beaucoup plus intéressant de parler de ce qui me passionnait, de ce que je recherchais plutôt que de dire « je fais tel boulot ». Je sais pas pourquoi on se définit toujours par son travail ou ses études. Quand je veux connaître quelqu’un je m’en fous de savoir ça, je veux savoir ce que la personne aime, ce qui l’anime dans la vie.

Alors qu’est-ce qui t’anime aujourd’hui dans la vie ?
Je vais me répéter un peu : la quête de la vérité, la sagesse. Choses que tu n’atteins jamais en fait. Mais de m’y diriger ça me fait me sentir vraiment très bien. Aujourd’hui, on passe plein de temps à lire sur internet des trucs qui nous insupportent, à penser à des gens qui nous énervent. Ça crée vraiment une mauvaise dynamique. La bonne direction, c’est quelque chose que j’avais il y a 1 an, que j’avais trouvé : la quête de la connaissance, la stimulation artistique, se dire des choses belles avec ses ami-e-s, son entourage, consolider ses relations. Et en fait c’est ça, je me suis jamais senti aussi bien alors qu’à l’époque j’étais à la campagne chez mes parents, je ne pouvais même pas bouger de mon lit, j’avais une atèle et malgré ça je me sentais bien, j’allais vers ce qui me stimule, j’étais épanoui.

Pourquoi tu en parles au passé ?
Des événements qui ont fait que j’ai perdu ce truc pendant 1 an. J’ai entrepris une chute vers le bas, morale, un peu misanthrope, un peu blasée. Et il y a 2 jours, j’ai eu une conversation avec un ami qui m’a demandé « comment ça se fait que t’es plus comme t’étais y a 1 an ? Comment t’as perdu ça ? » Je me suis mis à réfléchir et je me suis dit : je sais pas comment ça a disparu, je ne sais pas comment le récupérer. Mais après réflexion, je crois que c’est une question de choix, d’aller vers ce qui te stimule. La première étape, c’est d’arrêter de penser aux choses négatives. Parce que même si on se dit « tiens je vais lire un bouquin de philo, regarder un film », quand on va mal on n’a même pas l’envie de s’y mettre. Donc le premier pas c’est d’enlever toutes les choses qui noircissent le tableau et après on peut aller vers ce qu’on aime et c’est primordial.

Ton plus grand rêve ?
Wahou. Euh… me faire sucer en apesanteur ? Non mais attends j’en ai plein des rêves ! Aller dans l’espace, trouver la paix avec moi-même. Y a des rêves qui sont des fantasmes, et des rêves plus pragmatiques. Plus pragmatiquement donc, de pouvoir vivre indépendamment du regard des autres.

En quoi c’est cool d’avoir 29 ans en 2017 ?
Déjà j’ai jamais dit que c’était cool ! (rires) Ça veut dire quoi ? En quoi c’est mieux maintenant ? On a un accès au savoir, à la connaissance, à l’art, un accès qui est incroyable comme jamais. Ça c’est quand même quelque chose de génial. Bon bien sûr le mauvais côté c’est que l’information est tellement partout qu’il y a beaucoup de conneries qui sont dites aussi, on prend moins de recul. Mais bon, objectivement, prenons un exemple : j’aime beaucoup le cinéma, si j’étais né 30 ans plus tôt ça aurait été beaucoup plus dur d’assouvir cette passion ne serait-ce que financièrement…
Une autre raison c’est qu’on fait partie de la génération qui, j’en suis convaincu, vivra la découverte de la vie autre part que sur Terre, et j’espère que ce sera un bouleversement philosophique et sociétal comme l’a été la révolution copernicienne.

En quoi c’est dur ?
C’est dur parce que, paradoxalement, cet accès à tout, cette possibilité d’être en communication constante avec le monde, ça nous fait voir tellement de perspectives… on a tellement de choix, on a tellement d’opportunités, d’autres possibles, que ça nous met une pression folle, qu’au final ça devient difficile de choisir et de se dire quelle est sa place. On est toujours confrontés au doute, confrontés à la réussite des autres.
L’autre chose, c’est que ça pue un peu la merde pour la Terre quoi. Je ne suis pas trop serein là-dessus.

Tu peux nous donner une musique à écouter, un livre à lire, et un film à voir ?
Un film ? Poser cette question à un cinéphile c’est comme demander à un parent de choisir entre ses enfants, c’est très très dur ! « La ligne rouge » de Terrence Malick.

Le livre : « L’idiot » de Dostoievski. Un bouquin incroyable qui donne foi en l’humanité, qui est d’une richesse hallucinante sur l’être humain.

Une musique ? « Shine on you crazy diamond » Voilà. Si on envoie une boîte dans l’espace pour montrer ce que l’humain a fait de mieux on mettra ça et ça suffira.

 

Si tu devais dire quelque chose à ton toi dans 20 ans, ce serait quoi ?
Donc dans 20 ans, j’aurai quasiment 50 ans… « J’espère que t’as enfin trouvé, l’harmonie que tu cherches depuis longtemps. Si t’as un fils, une femme qui t’aime et que tu t’aimes, le pari est gagné. »

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Portrait – « S’occuper de choses qui n’ont pas d’importance »

Posté par Loupche 13 avril 2017 0 commentaire

Une série de portraits consacrée aux « jeunes ». On parle souvent d’eux comme une entité homogène mais qui sont-ils réellement, dans leur singularité ?

Si tu veux participer toi aussi, contacte-nous par mail : gomasio@berthine.fr

Coucou ! Peux-tu te présenter ? 

Je m’appelle Swan, j’ai maintenant 18 ans, je suis en Terminale S, spé maths, à Poitiers. Et un petit détail : j’aime beaucoup les pâtes au pesto.

Tu viens tout juste d’avoir 18 ans, ça te fait quoi d’être majeur ? 

Physiquement, absolument rien. Mentalement, absolument rien non plus. Disons que je n’ai pas encore ressenti l’effet de la majorité. Pour l’instant j’ai pas l’impression que ça change grand-chose. Donc le seul changement c’est que maintenant on reconnaît mon avis comme important pour la démocratie, et en plus je suis censé être responsable.

Tu termines le lycée dans quelques mois, c’est quoi la suite ?

L’idée serait d’aller en prépa MPSI (Mathématiques, Physique et Sciences de l’Ingénieur). C’est pour ceux qui veulent faire les grandes écoles d’ingénieur mais moi ça ne m’intéresse absolument pas. Mon but c’est juste d’avoir un très bon niveau pour, dans le meilleur des cas, entrer à l’ENS. Mais ça reste un rêve fou, farfelu et fantasmagorique hein. J’ai choisi cette prépa parce que je sais très bien que si je vais en fac, je ne ferai rien de mes journées.

Ton plus grand rêve ? 

Etant mélomane, musicien et appréciant mixer à mes soirées perdues, le grand rêve ce serait de balancer un gros drop d’électro, ou de future house pour les initiés, devant une foule de vingt mille personnes. Tu vois le plan arrière sur le dj qui lève les bras et commence à sauter avec les quinze machines à fumée qui jettent des jets de fumée de vingt mètres de long, avec des lasers et tout. C’est ça le délire. Mais cela n’arrivera probablement jamais. Le fait que ce soit inatteignable participe beaucoup au fait que ce soit un rêve. Quand c’est quelque chose de réaliste, en quoi c’est un rêve ? Un musicien va travailler parce qu’il aime sa musique, pas pour jouer devant vingt mille personnes, donc il ne travaille pas pour son rêve, même si un concert devant une foule immense peut finir par arriver. Je pense que c’est ce qui différencie un rêve d’un objectif.

En quoi c’est cool d’être jeune en 2017 ? 

Déjà on n’a pas de rhumatismes. Et sinon, on vit dans une société où les jeunes sont souvent encadrés, aidés. Les parents, les professeurs et au-delà vont aider les jeunes à s’accomplir dans la vie, et ça permet d’avoir une énorme liberté individuelle. Un jeune a quand même beaucoup plus de liberté qu’un adulte ou qu’un jeune né au début du vingtième siècle. Et cette liberté implique de pouvoir sortir, de pouvoir faire des soirées, de pouvoir laisser son esprit s’occuper de choses qui n’ont pas tellement d’importance.

En quoi c’est dur d’être jeune en 2017 ? 

C’est un peu le règne des phénomènes de mode. En 2017, le « jeune » a une manière d’être, et quelqu’un qui sort de cette manière d’être va finir marginalisé. Je veux dire qu’il faut avoir un certain profil. C’est ironique parce que je disais qu’on a plus de liberté, mais il faut croire que si on veut « s’intégrer », si on veut faire partie d’un mouvement large, il faut renoncer à une partie de cette liberté en se conformant à un certain type de « jeune ». Je pense à ce tout petit échantillon de chansons qui est glorifié sur les réseaux sociaux et à la télé. Y a une culture « jeune » à laquelle il faut appartenir. Enfin je me perds un peu, mais en gros l’image du « jeune » aujourd’hui c’est celui qui porte des New Balance, des Stan Smith ou des Nike, qui a un ourlet sur son jean, un pull lisse (attention il faut pas qu’il soit tressé), les cheveux très courts sur les côtés et moins courts devant et avec un iPhone ou un Samsung. Ça craint, on sort du lot si on n’aime pas ces marques de chaussures ou si on porte des chemises toute l’année. Donc moi je suis « le gars qui porte des chemises » ou « le mec original » parce que même quand tu suis pas le phénomène de mode, tu finis par être défini.e en fonction de celui-ci : si tu mets des Stan Smith, t’es à la mode, si tu n’en mets pas, tu es original. 

Donne-nous une musique à écouter, un livre à lire et un film à voir ! 

Musique à écouter : Rubber – Curbi

Livre à lire : Le grand roman des maths de Mickaël Launay. C’est génial, tu comprends tout, t’as pas besoin d’aimer les maths, et surtout tu comprends pourquoi t’as pas aimé les maths pendant ta scolarité.

Film à voir : Bah franchement je pense au Disney Zootopie. C’est un film qui fait un portrait de la société très juste, pas édulcoré, en utilisant la métaphore animale ; et ça j’aime bien.

Si tu devais dire quelque chose à ton toi dans 20 ans, ce serait quoi ? 

J’espère que je pourrai lui dire « t’as géré, mec ».

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Portrait – Rêver en toute sécurité

Posté par HeHo 10 avril 2017 0 commentaire

Une série de portraits consacrée aux « jeunes ». On parle souvent d’eux comme une entité homogène mais qui sont-ils réellement, dans leur singularité ?

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Coucou ! Peux-tu te présenter ?

Coucou, je m’appelle Léa, j’ai 24 ans, j’habite à Paris mais je vais vite partir. Je suis du Nord, de Lille. A Paris je fais un Master de sociologie à SciencesPo, avant ça j’ai fait des études de science politique européenne, c’était cool. Je suis partie en Finlande aussi, un semestre. Je suis végétarienne et tout doucement je suis en train d’enlever les produits laitiers de mon alimentation. Ça ne fait pas de moi une végane mais j’essaye de mieux manger, d’être super consciente de ce que je mets dans mon corps et ça me fait du bien d’être de plus en plus attentive à ça. J’aime plus que tout : les animaux, la nature, le calme et le « vert ». Du coup l’année prochaine je vais partir vivre à la montagne.

Tu peux nous en dire plus sur tes envies pour la suite ?

C’est une grosse question à laquelle je me trouve confrontée au moment de terminer mon Master 2. A part les gens qui sont dans un système où tout roule et qui ne se posent jamais de questions, on passe tou-te-s par là à un moment. Mais comme je termine un Master de sociologie, je n’ai pas énormément de débouchés. Enfin si, je pourrais faire plein de choses en fait, dans le domaine des politiques publiques, mais ça ne m’intéresse pas trop pour l’instant. Maintenant j’ai envie de calme, c’est-à-dire que j’en ai marre de me stresser pour du boulot pas bien rendu ou mal fait. C’est très lié à la valorisation personnelle : tu te sens dévalorisé-e en permanence parce que tu ne fais pas bien les choses. J’aimerais ne rien avoir à faire dans le sens de ne pas avoir de challenges parce que si t’as rien à faire tu ne peux pas être déçu-e. J’ai envie de ça pour quelques mois. En même temps, je sais que je vais vite m’ennuyer parce que j’ai besoin de vibrer tous les jours, d’avoir plein de projets. En tout cas, pour l’instant j’ai juste envie de faire un potager, de cultiver mes légumes, d’être avec mes chiens et si on pouvait être payé pour ça ce serait génial. Enfin je crois que ça s’appelle le revenu universel mais on n’y est pas encore. En tout cas pour l’année prochaine, je vais peut-être faire un service civique ou reprendre des études, il y a dix mille choses que j’ai envie d’étudier ou que j’ai envie de faire ! C’est super excitant mais super vertigineux.

Ton plus grand rêve ?

Mon plus grand rêve – c’est super matérialiste – serait de ne manquer de rien et de créer un refuge pour des animaux envoyés à l’abattoir, mais ça coûte très cher. Je pense à des animaux dont les éleveurs ne veulent plus ou des animaux maltraités par des éleveurs ou des particuliers que l’on repère grâce à certaines personnes qui font des signalements. C’est un énorme projet matériellement, humainement et financièrement mais j’aimerais vraiment pouvoir le faire et être sereine avec ça, être heureuse avec mes animaux tous les jours.

Il faudrait que ce rêve s’accompagne d’une sécurité matérielle afin que tu sois sereine ?

Oui, parce qu’on est dans une société où on se dit : « il faut que je fasse un job qui est bien payé pendant dix ans, que je mette de l’argent de côté et quand j’aurai mis cet argent de côté, je pourrai enfin réaliser mes rêves ». Moi je voudrais faire ce projet mais c’est quelque chose qui ne te rapporte pas du tout d’argent et même qui t’en fait perdre. Un refuge c’est énorme, il faut avoir une structure, payer des employés et ça me saoule de me dire qu’il faut que je fasse un métier qui ne me plait pas trop ou qui ne va pas me rendre heureuse pendant plusieurs années pour mettre de l’argent de côté. En soi, je suis à SciencesPo, je suis diplômée, je pourrais faire un métier qui me fait gagner 4 000 balles par mois, dans le domaine des politiques publiques à Paris … mais ça ne me plait pas. J’aimerais pouvoir faire ce genre de projet tout de suite mais c’est compliqué de vivre avec un RSA pour le mois dans les conditions actuelles, ou alors il faudrait aller vivre dans une communauté alternative.

Est-ce que c’est dur du coup d’avoir 24 ans en 2017 ?

Non, dans mon cas personnel ce n’est pas dur mais je suis consciente que j’ai de la chance, que je suis privilégiée : je suis blanche, je suis riche, je suis diplômée et j’ai des parents derrière moi avec un minimum d’argent donc je trouve ça génial d’avoir 24 ans en 2017. Mais c’est dans mon cas précis, parce que j’ai toutes ces données sociales qui font que j’ai de la chance. Je ne pense pas que je puisse parler pour les autres jeunes parce que je fais partie du très faible pourcentage qui a de la chance.

Tu peux avoir des problèmes malgré tes privilèges aussi, des « problèmes de riche » …

Moi je n’en ai pas. Après, c’est malheureusement toujours dur d’être une femme en 2017 : c’est pas normal d’avoir toujours peur dans la rue, c’est pas normal de se faire siffler, c’est pas normal de se faire regarder de haut en bas, c’est pas normal de toujours avoir peur de prendre la parole … mais, de nouveau, je suis blanche donc y a des problématiques que je n’ai pas. Il y a plein de choses comme ça dont je n’ai pas envie de me plaindre en fait parce que ça va. Ensuite, il y a plein de choses qui ne vont pas mais qui ne sont pas dues au fait d’être jeune ou non. Il y a plein de choses sur lesquelles je désespère, le pouvoir des industries agroalimentaires, Fillon, Macron … tous ces politiques c’est extrêmement désespérant mais ce n’est pas parce qu’on est jeune. Au contraire, je trouve ça super excitant de se dire que l’on va arriver après, nous.

Tu peux nous donner tes « conseils culture » ?

J’invite tout le monde à écouter ou à redécouvrir Leonard Cohen. Je le connaissais mais depuis quelques mois je l’écoute vraiment beaucoup et c’est un artiste incroyable. Si on comprend l’anglais il faut lire ses textes parce que c’est un poète et un romancier avant d’être un musicien. En musique toujours, écoutez la nouvelle scène française un peu alternative, les Zoufris Maracas, Les Cowboys fringants, Debout sur le Zinc, Les Ogres de Barback. Si je devais vous partager une seule chanson se serait « Cocagne » des Zoufris Maracas. En film, regardez tous « Demain », c’est assez politiquement correct mais ça souligne plein de trucs chouettes et ça fout le smile.

Si tu devais dire quelque chose à ton toi dans 20 ans, ce serait quoi ?

Fais attention grosse … j’espère que tu n’as pas perdu tes idéaux. J’espère tu ne te dis pas qu’être révoltée et avoir envie d’aller faire son potager c’est un truc de jeune, qu’à 40 ans il faut se ranger, payer ses impôts, bien gagner sa vie parce qu’on a des gamins et qu’il faut bien leur payer l’université. J’espère que je ne serai pas là-dedans, j’espère que j’aurai toujours 20 ans dans ma tête dans 20 ans.