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Revoir le concert « Paris L.A. Bruxelles »

Posté par HeHo 28 septembre 2017 0 commentaire

Depuis deux ans la Red Bull Music Academy s’est installée à Paris pour un festival annuel au mois de septembre. Ce festival a donné lieu cette année à un projet plus ambitieux qu’un simple concert sponsorisé par une grande marque. Red Bull a réuni dans son studio musical parisien quelques-uns des rappeurs français et belges les plus frais du moment ainsi qu’un producteur américain légendaire, The Alchemist, afin de réaliser une mixtape destinée à être jouée sur scène lors d’une date exclusive le 27 septembre.

Le storytelling de Red Bull autour de l’évènement nous apprend que The Alchemist (DJ d’Eminem, producteur pour Kendrick Lamar, Action Bronson ou encore Mobb Deep) est venu dans les boutiques de vinyles de la capitale cet été pour confectionner des instrumentales sur lesquelles sont venus rapper Caballero, JeanJass et Roméo Elvis, figures de proue du rap belge francophone ainsi que les rappeurs français de la Cool Connexion (Jazzy Bazz et Esso), Deen Burbigo, Lomepal, Heskis, Prince Waly, Gracy Hopkins, 3010 et son collectif Eddie Hyde.

Ce projet a été rendu possible grâce aux moyens dont Red Bull dispose pour sa promotion à travers des évènements culturels contemporains. Déjà, le fait d’inviter ces noms de la scène hip hop francophone actuelle, de leur offrir l’opportunité de travailler sur un projet dans un studio dédié avec un producteur qui fait figure de référence – durant le concert, tous les artistes ont répété quel rêve de gosse c’était pour eux de partager la scène avec The Alchemist. Ensuite, au niveau de la communication autour de la sortie de la mixtape et du concert, Red Bull s’est associé avec les médias en ligne Yard et Konbini, l’organisateur de soirées Free Your Funk et la radio Mouv’ pour créer l’évènement autour de ce projet. Cela leur a permis que le concert se tienne à guichets fermés et qu’une belle pub circule autour, confirmant que la marque est toujours dans la vibe. Pour les amateurs de bonne musique, on peut dire que ça a permis d’avoir un projet gratuit d’une petite demi-heure à se mettre sous la dent pour la rentrée 2017 et d’avoir de belles performances live à revoir en intégralité. En toute subjectivité, les palmes d’or pour ce projet vont aux morceaux de Roméo Elvis, Lomepal & Prince Waly et Gracy Hopkins qui donnaient super bien sur mixtape et encore mieux sur scène !

Pour écouter la mixtape c’est ici

Pour revoir le show c’est ici

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Les meilleurs festivals de l’été depuis chez toi !

Posté par HeHo 9 août 2017 0 commentaire

L’internet mondial te propose des séances de rattrapage pour les meilleurs festivals de cet été avec des captations vidéo au poil. Voici une sélection subjective des performances d’artistes qui ont enflammé les plus grands rendez-vous estivaux de 2017.

 

Faada Freddy à l’Africa Festival

Le chanteur sénégalais Faada Freddy a une voix hors norme. Il s’en est servi pour enregistrer son premier album solo « Gospel Journey » uniquement avec des voix et des percussions corporelles. Sur scène c’est donc la même formule qui prime, il a choisi de n’utiliser absolument aucun instrument. Il est accompagné de cinq choristes et l’ambiance de son set n’en est pas moins forte comme en atteste la captation de la performance du groupe à Wurtzbourg en Allemagne. Mention spéciale à leur remix de « Pump it » des Black Eyed Peas au bout d’une heure de show.

 

Deluxe au festival Jazz à Vienne

Le groupe d’électro français aux multiples influences jazz, soul, funk ou hip-hop a livré une performance remarquée pour l’édition 2017 du festival Jazz à Vienne. C’est la chaine musicale de France Télévisions, Culturebox, qui nous en fait profiter (sur YouTube uniquement). N’hésite pas à fouiller dans leurs autres vidéos, tu trouveras des pépites en live d’autres festivals ou de concerts tout au long de l’année.

 

Keny Arkana au Paléo Festival

Keny Arkana a signé son retour au début de l’été 2017 avec son album « L’Esquisse 3 », à pic pour entamer une tournée des festivals très réussie. La rappeuse marseillaise a présenté un mélange parfaitement dosé de ses anciens morceaux et de sons plus récents pour assurer une soirée parfaite aux festivaliers du Paléo à Nyon, en Suisse.

 

Travis Scott à l’Openair Frauenfeld

Pour les fans de rap américain, the place to be en Europe l’été c’est Frauenfeld en Suisse, le deuxième plus gros festival du pays après le Paléo de Nyon. Ce festival a la spécificité d’avoir une programmation presque complétement orientée vers le hip-hop anglosaxon. C’est donc l’endroit rêvé pour voir, sur trois jour, quelques-uns des meilleurs rappeurs du moment. Travis Scott fait partie de ceux-là et il a assuré le show, ne laissant pas de répit au public durant tout son set.

Enfin, si tu veux profiter de l’ambiance plus intimiste des concerts du libanais Bachar Mar-Khalifé ou du groupe britannique Alt-J, le site d’arte.tv t’en donne la possibilité. Attention ces replays sont disponibles uniquement jusqu’à début janvier 2018.

Certes, un festival depuis son salon c’est peut-être moins fun mais c’est moins cher, vous êtes sûr de voir la scène et ça permet de garder la pêche même si septembre approche !

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Vas-y DJ fais péter le son

Posté par HeHo 26 juillet 2017 0 commentaire

L’été c’est le moment où, encore plus que d’habitude, j’ai envie de passer mon temps à écouter de la musique. En plus de ça, à cette période, j’ai facilement tendance à préférer les gros hits sans aucun sens à la finesse des mouvements d’une symphonie. J’ai envie de me réveiller de bonne humeur et de croire que je sais danser tout en m’habillant. J’ai envie de conduire les fenêtres ouvertes en braillant les paroles du tube de l’été en yaourt. J’ai envie de profiter du coucher de soleil sur le morceau le plus chill du moment. Pour tout ça, il m’est facile de constater que l’électro grand public, qui incarne le caractère festif de la période estivale, répond parfaitement à mes envies. Et oui, mais non.

La musique électronique est le style le plus diffusé sur les radios françaises et représente un marché qui génère plusieurs centaines de millions d’euros chaque année, surtout grâce au live. L’électro c’est un des principaux genres de l’EDM, « l’electronic dance music » (avec la House, la Techno etc.), dont le but premier est de faire danser les gens dans les clubs ou en festivals. Les programmateurs des plus gros festivals français ne s’y trompent pas et ont surement envie, comme moi, de se trémousser sur des rythmes de fous dans les nuits tempérées de juillet et d’août. C’est pour ça que, du prodige encore adolescent aux plus grands DJ internationaux jet lagués, les festivals à côté de chez toi contiennent quasiment tous un ou plusieurs noms d’artistes électro dans leur programmation. Ça donne envie de se retrouver avec ses potes dans un lieu sympa pour passer une bonne soirée. Festival + musique + ami.e.s = été réussi (selon moi).

De mon côté, j’ai souvent entendu parler de ces têtes d’affiches électro, sans doute étant un cerveau un peu trop ouvert à la musique des publicités et aux suggestions mainstream de YouTube. Je connais aussi les plus petits artisans de l’électro qui pétrissent leurs sons « posés » et leurs visuels léchés toute l’année pour sortir de leur tanière une fois que la saison des festivals est déclarée ouverte. Du coup, impatient petit festivalier que je suis, j’ai toujours hâte d’aller à un concert voir ce que l’artiste que j’ai écouté des heures dans mes écouteurs et enceintes va me proposer comme expérience en live. Et là, c’est le drame. Qu’iel soit seul ou à plusieurs. En train de mixer ou de tapoter sur les petits carrés multicolores de sa MPC. Qu’iel ait prévu un spectacle pyrotechnique en plus de son set, rien n’y fait, l’émotion ne passe pas, l’envie de danser ne vient pas, j’attends désespérément l’artiste suivant.

Quand la musique est trop douce j’aimerai faire des grands signes au gugus qui tripote ses boutons au loin pour lui signifier que je suis en train de m’endormir. Quand le/la DJ balance de manière ultra répétée des « drops » qui te font autant de bien que des coups de barre de fer sur le crâne – en te demandant de sauter en levant les mains en criant en te baissant en montant sur les épaules de ton ami.e en allumant le flash de ton portable – j’ai juste envie de creuser un trou et disparaitre de la foule de festivaliers qui m’entourent. En rajoutant à ça le fait que les DJ sont rarement des grands communicants, j’ai presque toujours terminé un concert d’électro ou un set dans un festival en me disant « plus jamais ». Mais HEUREUSEMENT le festival est aussi, et surtout, le lieu où il est possible de découvrir pleins de groupes ou d’artistes pour lesquelles tu n’étais pas venu à la base mais qui savent ce que c’est que de faire de la scène. C’est-à-dire, pour ma part, de voir des gens qui, en chantant ou non, avec ou sans instruments, électroniques ou pas, font passer une émotion, une énergie qui me touche l’espace d’un instant.

Je t’en veux pas hein L’électro, on est pas devenu incompatible à tout jamais. C’est juste que je préfère attendre la grisaille de l’automne pour te remettre dans mes oreilles parce qu’à mon goût tu ne mérites pas ta couronne de reine de l’été et des festivals.

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Georgio à l’Olympia – Report

Posté par HeHo 25 mars 2017 0 commentaire

Est-ce que tu as déjà fait l’expérience de voir un-e de tes artistes préféré-e en « live » ? Est-ce que tu t’es déjà retrouvé-e dans un concert de rap ? Est-ce que c’était de ton plein gré ou est-ce qu’un-e pote t’a trainé par les cheveux dans une foule qui criait des paroles incompréhensibles ?

Ce vendredi 24 mars, j’entrais pour la première fois à l’Olympia, une des salles de spectacles mythique de Paris, inaugurée en 1893. Le truc était plein à craquer, autour de 2000 personnes serrées en fosse et au balcon pour voir Georgio, un rappeur parisien, défendre Héra, son deuxième album. Ce projet intervient seulement un an après son premier album Bleu Noir (financé via une campagne de crowdfunding par 1 821 participants), qui lui a permis de parcourir la France pour une tournée d’octobre 2015 à septembre 2016. En sillonnant l’hexagone, le rappeur de 24 ans s’est révélé être un incroyable rockeur de foule. Avec sa gueule d’ange, Georgio arrive à mêler la liberté, la rage et la douceur pour emmener son public vers un moment lumineux – qui se poursuit longtemps après le concert.

A l’Olympia, après deux premières parties de qualité (le parisien Josman et les Dead Obies de Montréal), le rappeur originaire du 18ème arrondissement de la capitale fait son apparition sous les cris du public : « Ce soir c’est un peu particulier, on est à domicile y a tout le monde, y a mes amis, y a ma famille, est-ce que vous êtes prêt à vous donner à fond jusqu’à la fin ? ». Pendant près d’une heure et demie, Georgio va enchainer ses refrains repris en cœur par le public, crier sa colère, danser sur les instrumentales ou slamer sa mélancolie a capella. Un concert avec Georgio c’est une multiplicité de moments, d’ambiances et de clins d’œil avec ses compagnons de scènes, potes de longue date. Le show se passe aussi dans le public. Un concert de rap c’est des mains, des briquets, des poings qui se lèvent, des têtes qui bougent en rythme sur le beat, des moments où tout le monde chante religieusement un couplet puis la chanson d’après se rentre joyeusement dedans dans un pogo avant de sauter comme un seul homme. Georgio combine tout ça à merveille car son écriture est dure, poétique, personnelle et communique une force incroyable. Avant d’entamer le titre « La vue du sang », il se fait bavard et dit que « pendant très longtemps [il a] pensé que [s]a musique n’était pas du tout politique parce que [il] ne connai[t] rien à la politique » puis qu’il a compris que le fait de parler du peuple, des hommes et femmes de l’ombre rendait son propos politique au sens premier du terme. Georgio parle de journées à déprimer au fond de son lit, d’amitié, d’une jeunesse qui ne croit plus aux promesses, d’une curiosité de voyages, de lectures ainsi que d’une envie féroce d’aimer et de dévorer la terre.

« Toi et moi, moi et le rap c’est loin d’être terminé … » rappait Georgio en 2013. En 2017, il est l’une des multiples facettes de ce qu’est le rap et il est là pour durer. S’il passe près de chez toi, en festival, dans une petite ou une grande salle, tu ne peux plus dire que tu n’étais pas prévenu-e, fonce.

 

 

Crédit Photo : Georgio (de g. à d. : Angelo Foley, Sanka, Georgio, Rooster et Diabi)