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Anne with an E : parce qu’avec un E, cela fait plus distingué !

Posté par Ju le Zébu 14 novembre 2017 0 commentaire

Moira Walley-Becket (Prison Break) reprend un classique de la littérature canadienne Anne of Green Gables, de L.M. Montgomery (1908). Cette série dramatique est l’occasion de découvrir  la cote un peu plus douce de l’Est canadien (mais non moins majestueuse) et le portrait d’une famille atypique d’une grande sensibilité.

L’intrigue se déroule au début du Xxeme siècle, sur l’île du prince Edouard, sur la côte est du Canada. Anne, une orpheline de 13 ans, arrive chez Matthew et Marilla Cuthbert, frère et sœur célibataires, propriétaires d’une ferme isolée. Les Cuthbert attendaient un garçon pour aider à la ferme (ils sont tous les deux un peu vieillissants) et se retrouvent avec cette jeune fille rousse, un peu maigrichonne, à la langue bien pendue qui cite Jane Eyre et invente un milliard d’histoires merveilleuses. Une fille leur serait a priori d’aucune utilité et Anne doit repartir le lendemain. L’enfant, malgré son flot presque ininterrompu de paroles et ses manières un peu fantasques, est attachante et surtout courageuse. Son retour à l’orphelinat n’est pas si certain…

Anne et Marilla Cuthbert

Anne est un peu aux Canadiens ce que Laura Ingalls est aux Américains ou Fifi Brindacier aux Suédois. L’œuvre a été adaptée un certains nombres de fois, au petit écran notamment, dans un style un peu précieux (comme La petite maison dans la prairie). La nouvelle série nous propose un tout autre panorama, plus réaliste et de fait plus poétique. C’est aussi un véritable portrait de cette petite fille à l’imagination débordante et l’intelligence vive. Elle incarne tout à la fois marginalité et modernité d’esprit. Anne parle, parle et parle (et les mots ont une importance toute particulière à ses yeux, elle déclare : « les grandes idées s’expriment par de grands mots ! »). Ce faisant elle prend plus de place qu’une enfant banale (à qui l’on apprend à se taire) et questionne le monde entier. Elle revendique également une certaine égalité avec les adultes, les hommes, parce qu’elle ne voit pas de raison logique à certaines bonnes manières ou mœurs (l’épisode où Anne a ses règles pour la première fois est particulièrement réjouissant ! ). C’est un personnage hautement contestataire et transgressif. Cependant, elle souffre de ses différences, plus encore peut-être parce qu’elle est dans une période de sa vie où le regard des autres est central, et se retient régulièrement d’être elle-même dans une communauté où elle est doublement étrangère : elle vient de Nouvelle-Ecosse (du continent) et ses origines sont obscures. Son intégration à sa famille, puis la communauté sera houleuse. C’est une personnalité complexe, enfant par la taille et ses rêveries, adulte dans la langue et certaines expériences douloureuses. L’histoire d’Anne n’est pas rose. D’enfance elle n’a finalement jamais connu que le mot. En effet, trimballée entre l’orphelinat où elle était martyrisée et les familles « d’accueil » par lesquelles elle est exploitée et battue, elle n’a jamais été protégée ou aimée. Pourtant, et c’est là sa grande force, elle n’a rien d’un personnage pitoyable (son imagination est son arme).

La réalisatrice explique que la force réaliste de cette nouvelle adaptation est presque documentaire dans la précision des détails dans le décor mais aussi les costumes (la manière de griller le pain directement sur le poêle, les petits pots de yaourt qui refroidissent dans le ruisseau, le pardessus brodé du lit…). Les scènes de nuit sont éclairées à la bougie uniquement. Très régulièrement, on serait tenté de mettre « pause » pour observer l’image comme un tableau, portrait ou paysage.

La série est disponible en streaming sur Netflix depuis Mars et la saison 2 est prévue pour 2018.

La série est un délice, on la boit d’un trait et on y revient pour mieux voir encore. Un délice, « that’s the right name, I know it because of the thrill » (Anne to Mattew).

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Jane The Virgin : la saison 4 disponible !

Posté par Loupche 10 novembre 2017 0 commentaire
Je profite de la sortie de la saison 4 de la série Jane The Virgin pour t’en faire la promotion, parce que c’est une série que je suis depuis des années ! Si l’une de mes principales motivations est d’admirer le sublime Justin Baldoni (Rafael Solano dans la série), il y a de nombreuses autres raisons d’y trouver son compte et de passer un bon moment !

C’est quoi Jane The Virgin ?

C’est l’histoire de Jane Villanueva, jeune adulte vivant avec sa mère et sa grand-mère à Los Angeles et qui a fait le voeu à sa grand-mère catholique de rester vierge jusqu’au mariage. Seulement voilà, dans les premières minutes de la série, Jane se fait artificiellement inséminée par erreur et tombe enceinte. Et comme cela ne s’arrête jamais là dans Jane The Virgin, il se trouve que le sperme appartient à Rafael Solano, le patron de Jane, et que le copain de Jane, Michael Cordero, va la demander en mariage. Ah, et tu sais quelle gynécologue a inséminé Jane ? La soeur de Rafael. Et là je ne t’ai spoilé que les trente premières minutes du premier épisode.

Pourquoi j’adore Jane The Virgin ?

  • Parce que ça ne s’arrête jamais, et quand tu penses que les scénaristes ne pourront pas aller plus loin, ils vont beaucoup plus loin.
  • C’est très drôle, mais aussi dramatique, tu ris et tu pleures, tes émotions sont très vite accrochées.
  • Le style de la série s’inspire des telenovelas latinoaméricaines (dont le personnage de Jane est fan). C’est donc une forme de parodie mais qui finalement nous transporte et nous fait marcher.
  • C’est féministe, antiraciste, anti-Trump, pro-LGBT et toutes ces belles choses !

Pourquoi tu devrais regarder Jane The Virgin ?

Si tu aimes les séries où tu t’attaches aux personnages, extrêmement divertissantes et hollywoodiennes, cette série est pour toi.

Si tu aimes les retournements de situation et les éléments perturbateurs toutes les cinq minutes, cette série est pour toi.

Si tu apprécies une esthétique bien lisse et une immersion dans la vie californienne, cette série est pour toi.

Si tu me fais confiance, tu vas aller regarder le premier épisode et te faire un avis par toi-même ! Moi je t’attends au troisième épisode de la saison 4, d’accord ?
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Peut-on être féministe et adorer Friends ?

Posté par MaryCherryTree 25 octobre 2017 1 Commentaire

 

Mesdames et Messieurs, je vous présente : la question qui me hante et m’empêche de dormir. Car je suis féministe, et addict à Friends depuis pas loin de 10 ans. Mais ces deux passions sont-elles inconciliables ?

 

Il est évident pour toute personne féministe ou pro-féministe que plusieurs éléments de Friends sont problématiques. Il y a une homophobie, ainsi qu’une grossophobie, qui sont latentes dans plusieurs épisodes (coucou les blagues sur Susan et Carol, ou les scènes de lycée avec Monica) ; mais ce n’est pas tout. Beaucoup de scénarios d’épisodes sont tout à fait sexistes : prenons par exemple « The One with all the poker » (saison 1 épisode 18) où non seulement les garçons savent jouer au poker et les filles ne savent pas au début, mais en plus elle se comportent comme de vraies cruches sans cervelles lors d’une partie (N.B c’est un exemple parmi beaucoup d’autres). Ça peut paraître bête et anecdotique dit comme ça, mais de telles scènes sont omniprésentes dans Friends

Evidemment, l’argument de l’humour peut ici être invoqué*. Malheureusement, la comédie n’explique pas tout, car ce genre de péripéties – aussi superficielles soient-elles –  témoignent de quelque chose de plus profond. Lorsque ces clichés sont sur-représentés dans nos médias, ils transmettent un message qu’on le veuille ou non. Ainsi une jeune fille qui regarde Friends sera forcément influencée par ce qu’elle y verra ! Dans le sitcom, les filles aiment le shopping, elles sont plus romantiques ; les hommes ne rappellent pas leurs copines et vont voir des matchs de hockey/basket. Bien sûr, tout.e vrai.e fan de Friends me reprochera d’avoir grossi les traits, et c’est pas faux ! Il y a heureusement chez les personnages une certaine réalité qui dépasse ces clichés genrés. D’ailleurs, il est intéressant de constater que les personnages les plus genrés de la série sont au final ceux qui, je trouve, ont le plus de profondeur réaliste : je pense à Rachel et Joey.

En fait, Friends est un digne représentant d’un phénomène que j‘aime appeler le « sexisme télévisuel bienveillant des années 90’ – 2000» , à défaut d’avoir trouvé un nom plus accrocheur. C’est quelque chose que j’ai pu remarquer dans de nombreux films et séries datant des années 90 ou 2000, particulièrement dans les comédies romantiques. Désireux de faire apparaître dans leurs scénarios des femmes indépendantes et fortes, des personnages féministes donc, beaucoup de scénaristes de productions « mainstream » n’ont fait que creuser les clichés. Parce que oui, cette fille indépendante est aussi très belle, accro au shopping et à ses copines ; elle est également souvent très seule et à la recherche de l’amour parfait. Et en face, évidemment, il y a l’homme parfait qui finira par la séduire. Il est indéniable que ça part d’une bonne intention : en représentant des personnages comme Rachel qui galère avec son petit boulot de serveuse mais qui est enfin indépendante ou Monica qui a une autorité bien plus affirmée que le reste du groupe, Martha Kauffman et David Crane ont sûrement voulu enfin représenter des « vraies » femmes… Mais ont oublié de s’éloigner d’autres clichés sexistes, allant même jusqu’à les renforcer pour la comédie. Laissez-moi vous dire que j’ai regardé un nombre inavouable de comédies romantique de cette période, et c’est le cas dans près de 99% des films.

N’oublions pas le personnage le plus problématique de Friends, Ross Geller évidemment. Si vous êtes comme moi et avez découvert Friends durant votre adolescence, alors peut être que vous avez, comme moi, pris un certain temps avant de réaliser à quel point Ross était un pauvre type. Vu de loin, il paraît plutôt chouette : très gentil, romantique, amoureux de la science… Mais de plus près, c’est pas joli joli. En dehors de son comportement avec les femmes en général (« Ouin ouin je suis gentil pourquoi toutes les femmes n’aiment que les hommes qui leur font du mal »  )  , la façon dont il traite Rachel est ABERRANTE. N’oublions tout de même pas que Ross est l’inventeur du nauséeux concept de la « friendzone » dans la première saison… Puis il est jaloux, hyper patriarcal et moralisateur, sans compter que même s’ils étaient on a break, franchement c’pas très cool de coucher ailleurs le soir de ta rupture et de vouloir le cacher à tout prix pour pouvoir te remettre avec elle, non ? Ross est tellement sexiste qu’il fait tout pour que la personne gardant sa fille ne soit pas un homme parce que « un homme nounou, c’est bizarre ». Il est le prototype du « nice guy », ce mec qu’on a tou.te.s connus qui pense que tout lui est dû parce qu’il est gentil, mais qui derrière cette façade est en fait misogyne et manipulateur.

 

Alors voilà l’état des lieux : Friends est rempli de clichés sexistes, de remarques homophobes, de personnages douteux. Mais Friends c’est aussi cette série qui aura toujours une place spéciale dans mon cœur de série-addict, celle qui me console et qui me réchauffe lors de journées pluvieuses. N’oublions pas que c’est aussi truffé de blagues non-sexistes hilarantes et d’une vraie tendresse; quand on regarde Friends on se sent toujours un peu représenté.e à l’écran.

Etre féministe, c’est avoir le choix d’aimer ce que l’on veut, que ce soit problématique ou non. Ce qui pose réellement problème dans Friends, et dans tout autre film/série sexiste, c’est son contenu et ce qu’il peut transmettre à des personnes (des jeunes mais pas seulement !) moins bien informées ou plus facilement manipulables. Le plus important c’est donc d’apprendre à tout le monde à savoir décrypter une représentation sexiste, tout en sachant assumer ses goûts et ses choix. Ce n’est pas facile, et la route est encore longue !

 

*Vous pouvez retrouver mon article sur ce sujet ici!

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Mr. Robot, une cyber-série qui détonne et qui étonne

Posté par MaryCherryTree 17 octobre 2017 0 commentaire

Attention, série ovni ! Mr Robot, créée et entièrement écrite par Sam Esmail en 2015, ne ressemble à aucune autre production télévisuelle. Son pitch, sa mise en scène, sa musique : dans Mr. Robot, tout détonne !

Elliot (interprété par l’époustouflant Rami Malek) est un hacker surdoué, un sociopathe, un rebelle aux tendances paranoïaques. Chargé de la cyber-sécurité dans une petite compagnie de jour, il se transforme de nuit en terroriste du Web, cherchant à détruire une des plus grandes entreprises américaines, E Corp. Contacté par un groupe de hackers aux idées proches des siennes, le jeune Elliot mettra tout en œuvre pour détruire ceux qu’il considère comme les responsables du capitalisme dévorant de la société américaine. Le plus grand obstacle d’Elliot ? Lui-même, et ses démons internes…

Mr Robot est d’une intelligence rare. Tout y est : un vocabulaire et une thématique de l’informatique omniprésents sans jamais être écrasants, une réflexion sur la relation entre le narrateur et le spectateur (la voix off d’Elliot s’adresse directement au spectateur et est un élément incontournable de la série !), un portrait réaliste de troubles psychiatrique qui ne tombe jamais dans le cliché, mais aussi un humour grinçant et une esthétique unique !

Ce qui fait en grande partie le charme de Mr Robot, c’est son personnage principal très attachant, grâce au jeu d’acteur impeccable de Rami Mallek.

Les retournements de situation sont (très !) nombreux et vous couperont le souffle, aussi bien dans la première que dans la deuxième saison. Malheureusement, un scénario parfois trop alambiqué dans la deuxième saison est un obstacle qui rend la compréhension globale plus difficile ; en plus, les personnages y sont bien moins développés et c’est dommage car c’est eux en grande partie qui donnent autant de puissance à la série. Mention spéciale pour les personnages féminins très réussis, et qui témoignent de la place non-négligeable qu’ont les femmes dans l’univers de l’informatique, contrairement à beaucoup d’idées reçues.

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Le 11 octobre, la saison 3 a débuté. Le premier épisode était prometteur, car il semblait pleinement renouer avec l’ambiance inquiétante des deux premières saisons ainsi que leur humour si particulier ! Il ne reste plus qu’à voir si les épisodes suivants seront tout aussi fidèles…

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« Freaks and Geeks », série culte

Posté par MaryCherryTree 25 août 2017 0 commentaire

D’un côté, il y a les « freaks » : ces jeunes qui traînent dans les coins sombres de la cour de récréation, qui fument des joints entre les cours, qui sèchent, qui se révoltent contre le système et qui portent des vestes en cuir.

De l’autre : les « geeks », des collégiens fans d’imitations de Bill Murray, de Star Trek, qui galèrent avec les filles et qui ont honte de leurs corps en pleine transition.

 

Et au milieu de tout ça, il y a Lindsay Weir et son petit frère Sam. Tandis que ce dernier est bien integré – et même trop à son goût – dans la catégorie des « geeks » avec ses deux meilleurs amis, Lindsay cherche à tout prix à intégrer celui des « freaks », quitte à abandonner en route son image de petite fille parfaite.

Tout ceci pourrait ressembler au scénario d’un campus movie américain classique, mais pourtant il n’en est rien. Il se dégage de Freaks and Geeks une sincérité et une tendresse peu commune, à la fois grâce à un scénario finement écrit qui oscille entre comédie et portrait social, et des jeux d’acteurs particulièrement réussis. On y retrouve notamment James Franco dans un de ses tous premiers rôles, Jason Segel (de How I Met your Mother) à 20 ans à peine, et les excellents Becky Ann Baker et Joe Flaherty dans le rôle des parents Weir.

Freaks and Geeks c’est aussi un formidable portrait d’une jeunesse à une époque où tout change. Bien qu’elle ait été diffusée entre 2000 et 2001, l’intrigue de la série se déroule entre 1980 et 1981. On est donc témoins de l’émergence de nouvelles technologies (comme la fameuse console Atari), de l’évolution de la façon dont certains sujets, surtout le sexe, sont traités au collège et au lycée, mais aussi de changements plus subtils tels que l’univers musical en pleine métamorphose (« I hate disco ! » scandent les « freaks » dès que possible).

Mais, avant tout, cette série, sous couvert de péripéties rigolotes, dépeint des questionnements adolescents intemporels. Comment assumer mon corps ? Comment faire comprendre à mes parents que je ne veux plus être la même personne qu’il y a deux ans ? Comment gérer mes premiers émois amoureux ?  Comment exprimer la colère que je ressens envers mes parents, ma famille, ma belle-famille ? Là où beaucoup de séries et films tombent facilement dans le cliché et la caricature, Freaks and Geeks parvient à éviter ls lieux communs et délivrer quelque chose qui sonne juste.

Cependant, la série fait si peu de visionnages que l’unique saison est interrompue au bout de 12 épisodes, sur 18 tournés en tout. Heureusement, les six épisodes supplémentaires sont aujourd’hui disponibles sur Youtube, sur Netflix, et en DVD. Est-ce cette interruption soudaine qui a fait de Freaks and Geeks une série totalement culte ? Ou son casting devenu prestigieux ? Difficile à dire ; en tout cas, c’est une renommée bien méritée !

Et vous, laquelle de ces répliques cultes de Freaks and Geeks vous parle le plus?

 

 

Remarque : Freaks and Geeks a été produit par Judd Appatow, également responsable des géniales séries Girls (HBO) et Love (Netflix)

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Chronique d’un dimanche au mois d’août

Posté par Loupche 6 août 2017 0 commentaire

8h00 : Le soleil brille, les oiseaux chantent, une magnifique journée commence ! Sauf que j’ai oublié de fermer les volets hier soir et que ce soleil il est bien joli mais là il est beaucoup trop tôt. 

10h21 : Bon ok, c’est bon, je me lève. Il faudrait que j’aille au marché mais je n’y vais pas. Il faudrait que je fasse un peu de yoga mais je n’en fais pas non plus. Non, à la place je passe quinze minutes à me faire un smoothie bowl ultra instagrammable parce qu’un dimanche d’août tout le monde traîne sur Instagram donc je vais récupérer masse de likes. Et puis j’ai le temps hein. 

10h50 : Le smoothie bowl était plutôt pas mal, maintenant j’ai le choix entre lire un très bon livre sur les arbres ou rerererereregarder Friends. 

13h : Six épisodes de Friends plus tard, il faudrait que je sorte un peu, m’aérer quoi. Bon, je vais commencer par me lever de ce canapé pour aller faire pipi, et ensuite je m’habille et je vais marcher. 

13h05 : Franchement, je me suis habillée quoi, je mérite une pause avant de sortir. 

14h09 : Trois épisodes de Friends plus tard, il faut vraiiiiiiiment que je sorte. Mais en même temps j’ai faim. Du coup je m’assois sur la terrasse en attendant que l’eau des pâtes chauffe. Gotta get that vitamin D baby. 

15h : Je suis vraiment un être humain très réussi ! Je me suis fait une petite sauce bien crémeuse pour mes pâtes fondantes, le tofu était parfaitement grillé, j’ai mangé un fruit en dessert (non non, pas de glace ni ce très beau fondant au chocolat qui me faisait des signes dans le frigo) et là je suis en direction du parc pour une promenade digestive ! Allez hop, je me mets « Fetish » de Selena Gomez dans les écouteurs et comme ça je me sens sexy. 

15h01 : You got a fetish for my looooov’, mhm tss mhm tss…

15h20 : C’était vachement cool le parc. Les arbres, la nature, l’oxygène, tout ça, je me sens ressourcée. 

17h50 : Quatre épisodes de Friends et quinze vidéos YouTube plus tard, je suis revenue à l’état végétativo-légumineux. Meh. 

18h : J’aimerais bien aller boire un verre avec des gens. Ah merde, j’avais oublié qu’on est dimanche et qu’on est en août, méhéhé, y a PERSONNE. 

18h05 : J’ai faim. Eh mais n’y avait-il pas un fondant au chocolat dans le frigo ?

18h30 : Bon il faudrait que je fasse un peu de sport pour faire passer ce fondant. Voyons voir, tapons les mots clés sur YouTube : « sport easy ten minutes 500cal ».

18h36 : Nouvelle recherche YouTube, « comment faire passer l’envie de vomir très très vite ». 

19h : Je culpabilise un peu de rien faire, je prends du retard sur ma reprise, faudrait que je travaille un peu quand même. 

19h05 : Ok je suis bien installée, mes stylos sont bien alignés, j’ai ma bouteille d’eau, mes manuels sont ouverts aux bonnes pages, j’ai plus qu’à apprendre maintenant. 

19h30 : J’avais oublié l’énergie que ça demandait d’apprendre, je suis lessivée, faut que je fasse une pause. Pour compenser je vais procrastiner activement. En faisant une lessive par exemple. Non non, pas la lessive de blancs qui attend depuis trois semaines, non, juste mes cinq culottes et trois t-shirts des derniers jours. 

20h58 : Attends j’ai fait quoi toute la dernière heure ? Ah, oui, traîner sur Facebook, Instagram, Twitter, Snapchat, Tumblr…

21h : GAME OF THRONES GAME OF THRONES GAME OF THRONES. Ah non on est en France, faut que j’attende demain. Bon bah Friends alors. Ou YouTube ? Dur de décider…

22h30 : Heureusement qu’il reste des pâtes de ce midi parce que bon, j’ai quand même bossé tout à l’heure, j’ai pas l’énergie de faire à dîner. 

00h10 : Merde ! J’ai oublié que je devais écrire un article Berthine. Bon, tant pis, j’ai qu’à raconter ce que j’ai fait aujourd’hui, voilà, ça va être vite fait. 

01h00 : Ooooh mon lit tu m’avais manqué, je suis désolée de t’avoir délaissé toute la journée et d’avoir préféré le canapé, je regrette je te jure.

01h15 : Allez, c’est l’heure de dormir.

6h10 : Aaaaargh j’ai oublié de fermer les volets. 

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Pourquoi on n’adore pas 13 Reasons Why

Posté par Loupche 5 mai 2017 0 commentaire

Hannah Baker, une élève d’un lycée américain se suicide et laisse des cassettes audio qu’elle a enregistrées. 13 faces, 13 raisons pour lesquelles elle s’est suicidée. Chacune de ces 13 raisons est en réalité une personne, et la volonté de Hannah est que ces cassettes soient écoutées par celleux qu’elle considère responsables et transmises entre ces personnes. La série nous fait accompagner Clay Jensen, ami de Hannah, durant l’écoute des 13 faces, nous permettant de reconstituer les conditions de son suicide.

Ce qui nous a plu :

Les identités et personnalités complexes des personnages sont très appréciables, ainsi que la diversité représentée méticuleusement (différentes couleurs de peau, orientations sexuelles, milieux sociaux…). Le suspens marche bien, on a envie que Clay arrive à l’écoute de sa cassette, on commence à recomposer les pièces du puzzle avec lui, on pleure, c’est dur, pour résumer les mécanismes hollywoodiens sont bien huilés. Et petit coup de coeur sur le personnage de Tony, mais chut on veut pas spoiler.

Le point très positif de cette série est sa portée éducationnelle : pour tou.te.s les adolescent.e.s qui n’ont peut-être pas encore la conscience des effets de leurs gestes, mots et actions, cette série se révèle très utile. Notre avis ? Elle devrait être vue dans les lycées et permettre une discussion autour du harcèlement moral, sexuel et les violences physiques et sexuelles. En somme, cette série Netflix est une excellente sensibilisation à ce que provoque le manque d’empathie.

Ce qu’on trouve pas top :

Déjà, le jeu de certains acteurs pourrait être amélioré et certaines situations sont particulièrement caricaturales (attention spoiler : quand Hannah commence à plonger dans sa descente aux enfers, c’est justement le moment où ses parents décident de se disputer entre eux).

Mais le problème que l’on a avec cette série, ce que si elle peut prévenir le harcèlement à l’école, 13 Reasons Why semble glorifier le suicide et lui donner un pouvoir énorme : celui de la vengeance sur les « responsables » du malheur de la suicidée. Par ailleurs, les 13 épisodes ne laissent aucune place à la possible aide d’autrui. Le monde entier semble être contre Hannah Baker et trouver un malin plaisir à la trahir, abuser d’elle ou la rejeter. La série semble faire passer comme message « personne ne peut t’aider si tu vas mal, tout le monde te tirera vers le bas, personne ne se préoccupera de toi, mais ne t’en fais pas, tu peux te tuer et te venger ensuite en enregistrant 13 cassettes qui vont les écraser sous le poids de la culpabilité ».

En gros, ce que l’on reproche à 13 Reasons Why, c’est de ne pas penser à ces jeunes qui se sentent déjà seul.e.s au monde et qui cherchent désespérément des raisons de ne pas se suicider. Alors si on leur donne 13 raisons en plus de se tuer, cette série risque de faillir à son but éducationnel et devenir dangereuse pour de nombreux et nombreuses adolescent.e.s.

Mon conseil de visionnage :

Il faut faire preuve de discernement quant au public confronté à cette série. Donc, si tu es affecté.e par des pensées suicidaires ou si tu as un.e jeune dans ton entourage qui pourrait y être trop sensible, sois attentif.ve aux pensées que cela pourrait provoquer ; et si j’étais toi, je ne la regarderais pas toute seule. Mais si tu ne te sens pas concerné.e par cette mise en garde, va donc faire un tour pour te faire ton propre avis sur la série ! Et si tu es au lycée, parles-en à tes professeur.e.s pour lancer une discussion sur ce sujet.

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Top 6 des séries HBO à voir absolument

Posté par MaryCherryTree 28 mars 2017 0 commentaire

 

Qui n’a jamais frissonné en entendant le « pssscchhh….paaaaam » de l’intro HBO avant sa série préférée ? Véritable monument de la production de séries de qualité depuis plus de 20 ans, HBO nous a tous fait rêver. Voici mon top 6, choisi avec beaucoup de difficulté!

Un commentaire? Un classement différent?  Une série à conseiller? Contactez nous sur contact@berthine.fr!

 

6. True Blood (Alan Ball ; 2008-2014)

Versez plusieurs litres de sang rouge écarlate. Incorporez doucement une histoire d’amour improbable entre un vampire et une télépathe, ajoutez une pincée d’humour absurde. Pétrissez la pâte jusqu’à obtenir un mélange de drame, de comique et de fantastique ; ça y est, votre série est prête !

Dans la ville fictive de Bon Temps, en Louisiane, humains et vampires tentent de cohabiter ; depuis qu’une firme japonaise a développé le « Tru Blood », hémoglobine sang pour sang (#lol) synthétique, ces derniers n’ont plus besoin de vivre cachés. Sookie (Anna Paquin) tombe amoureuse du vampire Bill Compton (Stephen Moyer) et découvre peu à peu son univers hors du commun…

On aime : Le mélange réussi de la satire, du fantastique, de l’esthétique et du gore qui font de True Blood un vrai divertissement.

On aime moins : La qualité très inégale des saisons (sept en tout)

 

  5.  Westworld (Jonathan Nolan et Lisa Joy ; 2016 –     )

Avant dernière production HBO à ce jour, Westworld ne fait pas les choses à moitié. Budget XXL, casting prestigieux (Anthony Hopkins, rien que ça !), scénario ambitieux… Tout y est. L’action se déroule plusieurs dizaines d’années dans le futur ; le parc d’attraction Westworld propulse ses visiteurs dans une recréation hyper réaliste du far-west américain, s’étendant sur plusieurs centaines d’hectares. Le parc est peuplé d’« hôtes », androïdes hyper-réalistes qui évoluent dans un boucle narrative soigneusement contrôlée, et d’ « invités », visiteurs en chair et en os qui sont tout puissants dans le parc. Tout se passe bien, jusqu’au jour où la boucle narrative de certains hôtes est rompue…

Westworld coupe le souffle. Son scénario est complexe et captivant dès le premier épisode. Les scènes crues et violentes, devenues une marque de fabrique HBO, rendent le tout d’autant plus effrayant.

On aime : L’ambiance à la fois western et futuriste ; et la BO est un délice !

On aime moins : Le scénario parfois trop intriqué et redondant.

     4. Game of Thrones (David Benioff et D. B. Weiss; 2011-    )

Je ne vais pas m’attarder sur Game of Thrones. Ceux qui ne l’ont pas vue en ont sûrement marre de nous entendre dire « Mais si regarde tu vas voir c’est génial !! » ; ceux qui l’ont vue…. Plus que quatre mois à attendre avant la saison 7, soyons courageux.

(la vidéo c’est juste pour se faire du bien)

   3. Rome (John Hilius et Bruno Heller ; 2005-2007)

Moins connue que les séries précédentes, Rome est pourtant un véritable bijou. Elle retrace les deux grandes guerres civiles romaines précédant la chute de la République, et l’avènement de l’Empire :  celle entre Jules César et Pompée (de -49 à -45) puis celle entre Marc Antoine et Octave Auguste (de -43 à -30). Rome est le fruit d’une co-production anglo-italieno-américaine, et a bénéficié d’un budget titanesque (un des plus élevés de l’histoire télévisuelle !). Les décors sont somptueux : on a l’impression d’y être. Loin de la Rome de marbre des péplums classiques, c’est ici un portrait de la « vraie » Rome qui est dressé. On y suit donc aussi bien l’histoire des nobles et des sénateurs (avec des apparitions d’illustres romains, comme Cicéron, Caton, Brutus…) que celle de deux soldats romains aux vies plutôt ordinaires, Pullo et Vorenus.

On aime : Le caractère très humain de tous les personnages, même les plus connus comme César ou Octave, et le travail monstrueux d’une équipe d’historiens afin que la série soit la plus réaliste possible.

On aime moins : La production a été arrêtée, faute de moyens, au bout de deux saisons seulement… Frustrant !

 

  2. Big Little Lies (David. E. Kelley ; 2017)

Petit dernier de la famille HBO (le dernier épisode est diffusé lundi prochain), Big Little Lies est une mini-série (7 épisodes de 50 minutes) hors du commun. Le casting y est plus que luxueux : Nicole Kidman, Reese Witherspoon (toutes deux également productrices), Shailene Wodley, ou encore Alexander Skarsgard y occupent des rôles centraux. Big Little Lies est une série policière qui se déroule à Monterey, en Californie, petite ville côtière où tout semble absolument parfait. Mais sous la couche apparente de perfection de chaque foyer, se cache de sombres secrets… Sorte de mélange entre Desperate Housewives et Broadchurch, Big Little Lies est un double mystère : on ne sait pas qui est la.e meurtri.è.r.e, mais on ne sait pas non plus qui est la victime ! C’est un vrai délice à regarder.

On aime : Le portrait réaliste de femmes modernes et l’ambiance maritime pesante.

On aime moins : Les quelques lourdeurs dans la réalisation, et un premier épisode un peu trop lent

 

1. Six Feet Under (Alan Ball ; 2001-2005)

La série médaillée d’or de mon classement serait également la gagnante toutes catégories confondues. Six Feet Under raconte l’histoire peu commune de la famille Fisher, propriétaire d’une société de pompes funèbres à Los Angeles. Après le décès de leur père, Nate et David Fisher doivent prendre les rênes de la compagnie familiale. Ils sont accompagnés de leur jeune sœur, Claire, et de leur mère veuve, Ruth. On suit pendant près de 63 épisodes (divisés en 5 saisons) les déboires de cette famille pas comme les autres. La plus grande force de cette série réside en la profonde humanité de ses protagonistes. Le thème de la mort est traité avec à la fois beaucoup de délicatesse et beaucoup d’humour (chaque épisode débute par une scène de mort !), et ce beau mélange donne non pas une série sur le deuil mais bien une série sur la vie.

On aime : Les acteurs toujours aussi bons les cinq saisons durant, l’humour noir, et la finesse des dialogues.

On aime moins : Rien du tout cette série est parfaite. (qui a dit qu’on était objectifs chez Berthine ?)

CultureSérie

On regarde quoi ce soir ? Broadchurch, of course !

Posté par MaryCherryTree 7 mars 2017 0 commentaire

Envie de procrastiner pendant près de 16 heures ? Envie de faire des insomnies ? Envie de pleurer toutes les larmes de ton corps ? Ne cherche pas plus loin, la série Broadchurch est faite pour toi.

Le soleil se lève sur Broadchurch, petite ville côtière fictive du Dorset (Royaume-Uni), et annonce le début d’une journée qui chamboulera la vie de tous ses habitants. Le jeune Danny Latimer, 11 ans à peine, est porté disparu puis retrouvé mort sur la plage. La ville fait appel à ses deux détectives, Ellie Miller (Olivia Colman) et Alec Hardy (David Tennant) pour enquêter sur les circonstances de cette mort terrible.

Le décor est donc installé, la pièce peut commencer : mensonges, ragots, suspicions, médias incontrôlables viennent se mêler à l’enquête. Chaque épisode est à la fois bouleversant, palpitant et complètement hypnotisant. Les images des falaises menaçantes et des flots bleus-gris de la Manche  font écho à ce curieux mélange de poésie et de drame qui habite chaque minute de Broadchurch.

On vous avait prévenus: Broadchurch c'est pas drôle

On vous avait prévenus: Broadchurch c’est pas drôle

Tout dans Broadchurch sonne juste, malgré son scénario truffé de rebondissements. Les personnages, même secondaires, sont complexes et réels, tout simplement, de telle sorte que chacun d’entre eux soit dépeint avec son lot de qualités et de défauts : on est loin de la dichotomie gentils vs. méchants habituellement si présente dans les séries policières. En plus – et c’est malheureusement tellement rare que c’est devenu un gage indiscutable de qualité – les personnages féminins y sont libérés de tous stéréotypes et bénéficient d’un réalisme frappant éloigné des préjugés sexistes. Et hop, un point pour Broadchurch !

Olivia Colman et David Tennant endossent les rôles des deux protagonistes avec des jeux d’acteurs impeccables.

Olivia Colman et David Tennant endossent les rôles des deux protagonistes avec des jeux d’acteurs impeccables.

Le suspens de l’enquête ne vient jamais parasiter la réalité de celle-ci, à savoir le deuil, la colère, et cette colère viscérale que provoque la mort inexpliquée d’un jeune garçon. De même, si c’est du sentimentalisme que vous cherchez passez votre chemin !

En fait, Broadchurch réussit l’exploit d’un parfait équilibre entre beauté et cruauté, entre rythme haletant de l’action et intemporalité des paysages, entre innocence et culpabilité.

En somme : à voir absolument, et maintenant que sa diffusion vient de reprendre avec les premiers épisodes de sa troisième et dernière saison, tu n’as plus AUCUNE excuses.