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Survivre à l’hiver: Un livre, un album, une série, une recette

Posté par MaryCherryTree 29 janvier 2018 0 commentaire

Ah ! Quelle période bien morne que celle que nous sommes en train de subir ! L’allégresse de Noël est loin derrière nous, faisant place à la grisaille du mois de janvier. Bien que l’on ne cesse de nous répéter que les jours sont de plus en plus longs depuis fin décembre, il n’empêche que lorsqu’on se lève pour aller bosser il fait nuit et quand on rentre ben… Il fait nuit (ou, pire, il fait nuit et il pleut). Berthine est là pour vous aider à survivre, allez vous êtes prêt.e.s ? C’est parti !

Un livre : Voyage en Sibérie de Sylvain Tesson

Dans cet élégant roman, Sylvain Tesson nous fait part de son périple en Sibérie, au bord du lac Baïkal, à cinq jours de marche du premier village. Superbement écrit, ce texte respire la poésie et la simplicité. Sans jamais s’égarer dans des considérations idéalistes du périple polaire à la Into The Wild, Tesson donne envie de voyager, de découvrir, et de respirer ; certains paysages sont si bien décrits, qu’on se croirait au milieu d’une scintillante neige poudreuse ou au bord d’un lac gelé ! Un très beau libre qui mérite d’être découvert emmitouflé.e.s dans un plaid chaud, une tasse de thé vert au citron brûlante à la main. Souvenez-vous que l’hiver à de belles choses à vous proposer, lui aussi.

 L’homme libre possède le temps. L’homme qui maîtrise l’espace est simplement puissant. En ville, les minutes, les heures, les années nous échappent. Elles coulent de la plaie du temps blessé. Dans la cabane, le temps se calme. Il se couche à vos pieds en vieux chien gentil et, soudain, on ne sait même plus qu’il est là. Je suis libre parce que mes jours le sont.

S. Tesson, Dans les forêts de Sibérie

Un album : The Life Pursuit , Belle and Sebastian

A la recherche d’un album qui donne la pêche, tout en restant réconfortant ? Ne cherchez pas plus loin ! L’excellent The Life Pursuit, du groupe indie pop anglo-saxon Belle and Sebastian offre des titres lumineux qui ne manqueront pas de vous mettre le sourire aux lèvres et d’apporter un peu de soleil en cette saison si grise ; notez la poésie décalée des paroles qui donne beaucoup de charme aux chansons.

 

Une série: The End of the F*cking World

La série The end of the f*cking world de Netflix, véritable pépite disponible depuis fin décembre 2017, est un très bon remède à la mélancolie hivernale. Elle est populaire dans le milieu des sériephiles et gagne également du terrain chez le grand public, et c’est mérité ! On suit l’histoire de James et Alyssa, deux ados anglais pas comme les autres : en effet, James est un psychopathe qui rêve de tuer Alyssa, et Alyssa est une ado rebelle qui dit « fuck » dans chaque phrase. Ce duo improbable va s’embarquer dans un road trip pour fuir leurs familles et vies respectives…Avec son humour noir complètement déjanté, ses personnages tout de même attachants et sa chouette B.O, The End of the F*cking World est de plus en plus incontournable

Une recette: parmentier de lentilles et de patates douces

En hiver, votre corps a besoin de trois choses : de chaleur, de réconfort, et de plats consistants pour supporter le froid et l’air sec. Une seule solution : non pas la manifestation, mais le parmentier lentilles-patates douces!

Pour 6 personnes, il vous faudra :

5 grosses patates douces

350g de lentilles

Une échalote

De la crème (fraîche ou une crème végétale neutre, comme celle de soja)

Un bouillon de légume

Du gingembre (facultatif)

Préparation :

Mettre les lentilles à cuire dans le bouillon de légume. Pendant ce temps, détaillez les patates douces en petits cubes et faites les revenir à feu vif dans une poêle ; salez, poivrez, et si vous êtes comme moi et aimez les plats bien épicés vous pouvez rajouter du gingembre.

Une fois les cubes bien dorés, versez les dans une casserole et recouvrez les d’eau ; laissez cuire le tout jusqu’à ce que les patates douces soient aussi tendres que du beurre.

Puis égouttez les, et écrasez-les à la fourchette avec la crème.

Une fois les lentilles cuites égouttez les et faites-les revenir avec de l’échalote à la poêle (astuce : vous pouvez utiliser la même poêle que celle ayant servi pour les patates douces ! Moins de vaisselle et plus d’économie de place)

Dans un plat à gratin, faites une couche de purée de patate douce, puis une couche de lentille, puis une couche de patates douces etc ; il est préférable de terminer par la patate douce, car comme ça vous pourrez gratiner le dessus avec un peu d’emmental, de parmesan, ou de levure maltée.

Enfourner pour 15 minutes à 180 degrés. C’est prêt ! A table ! (N.B c’est absolument délicieux accompagné d’une salade de mâche-noix-betteraves).

Alors, finalement, l’hiver c’est pas si mal non ?
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Viens voir Disiz à l’Olympia le 6 décembre !

Posté par Loupche 4 décembre 2017 0 commentaire

Comment ça tu ne connais pas Disiz ? Tu n’as jamais écouté J’pète les plombs, single sorti en 2000 que les gens connaissent encore par coeur ? Tu n’as pas écouté ses onze albums sortis entre 2000 et 2017 ? Même pas son album de rock perdu au milieu du rap ? Tu n’as pas lu ses deux romans, pas vu Dans tes rêves, film dont il est l’acteur principal ? Tu ne l’as même pas vu jouer Othello en 2013 ? Et du coup, tu n’as pas lu notre dernier article sur lui (parce que chez Berthine, on le kiffe) ?

Bon, comme tu le vois ça fait beaucoup. Mais ne t’inquiète pas, pas besoin de connaître toute son oeuvre pour apprécier ses concerts. C’est un artiste total, et il amène sur scène ce besoin de créer, d’aller au-delà d’un simple concert.

« Plus qu’un concert, un concept » (c’est lui qui l’a dit)

A l’Olympia ce mercredi 6 décembre, aura lieu un concert culminant de la tournée « Pacifique Tour » de Disiz la Peste. Son dernier album, Pacifique (t’aurais pu deviner le titre mais je te le matraque quand même parce que c’est vraiment super et que tu devrais aller écouter), est un mélange de genres qui défie toutes les catégories dans lesquelles on pourrait placer un chanteur. C’est du rap ? Oui. C’est de la soul ? Oui. De l’électro ? Aussi. Du rock ? Eh oui. On trouve également toutes sortes de sujets dans les 20 titres de l’album, de la situation actuelle des migrants en Méditerranée (Poisson étrange, clip juste en-dessous) à l’amour (Menteur menteuse, La fille de la piscine) en passant par la colère (L.U.T.T.E) et la difficulté d’exister (Splash, Qu’ils ont de la chance).

En plus d’être un incroyable artiste, il est excellent sur scène et t’emporte où il veut, quand il veut. Alors, tu es convaincu.e ? Non, pas encore ? Tu veux un peu sentir l’ambiance à ses concerts pour voir si ça vaut le coup ? Alors regarde cette vidéo (juste en-dessous) qu’il a sorti ce week-end, et viens sauter avec nous mercredi ! Oui oui, Berthine y sera !

CultureMusique

Tour du monde avec une chanson du Livre de la jungle

Posté par Gomasio 13 octobre 2017 1 Commentaire

À moins de vivre dans un terrier, vous connaissez Mowgli et ses compères Bagheera et Baloo. Si comme moi, vous avez regardé le Disney un nombre incalculable de fois, vous avez en tête la chanson (la meilleure du film en toute objectivité) « Être un homme comme vous » ou « I wanna be like you » en anglais. Et vous dansez comme le roi Louie rien qu’en entendant les premières notes…

Figurez-vous que l’autre jour, je me suis perdue sur YouTube, mais c’était une aventure volontaire. J’ai voulu découvrir cette chanson que j’adore dans les versions adaptées pour chaque pays. Oui parce qu’on s’en doute, difficile de garder les paroles littérales anglaises si on veut que ça rime dans toutes les langues. Finalement, chaque chanson devient une œuvre à part entière. Parfois même, la musique est repensée pour convenir mieux aux mœurs du pays concerné. Avant de vous faire part de mes découvertes, revenons un peu sur l’histoire du Livre de la jungle…

Le Livre de la jungle est sorti en 1967 (oui peut-être que vos parents l’ont regardé au même âge que vous !). Il est tiré du très célèbre livre éponyme de Rudyard Kipling paru en deux volumes en 1894, Le Livre de la jungle et Le Second Livre de la jungle. Ce dernier ayant passé plus de 6 ans de sa vie en Inde – à l’époque colonisée par l’Empire Britannique –  l’intégralité des nouvelles se déroulent dans une forêt du pays, une jungle, où cohabitent animaux sauvages et hommes. Mowgli, petit garçon élevé par les loups, est un des personnages les plus importants des nouvelles, cependant il n’apparaît pas dans toutes ces dernières contrairement au film dont il est réellement le héros principal. L’adaptation de Disney a pris de grandes libertés par rapport à l’œuvre originale.

Version originale : I Wan’na Be Like You fut chantée par Louis Prima et écrite par les Robert et Richard Sherman.

Version française

Version allemande

Version italienne

Version arabe

Version japonaise

Version néerlandaise

Version portuguaise

Version russe

Version hongroise

Version persane

Version grecque

Alors, quelle est votre version favorite ?

CultureMusique

[QUIZ] Quel.le fan de David Bowie es-tu?

Posté par MaryCherryTree 9 octobre 2017 0 commentaire

Le grand David Bowie s’est éteint le 10 janvier 2016, laissant derrière lui une trace indélébile à la fois dans les domaines de la musique, de la pop culture, et de la mode. Il bénéficie, toujours aujourd’hui, d’une immense communauté de fans dévoués… Mais le connaissent-ils vraiment? Et vous? Voici un petit quiz pour avoir la réponse à cette question!

 

Le nom de naissance de David Bowie est:
David R. Jones
Pour ne pas être confondu avec Davy Jones, chanteur du groupe The Monkees, le jeune David décida d’opter pour un nom de scène.
Robert Stardust
David J. Hinny
Si Bowie a deux yeux de couleurs différentes c’est parce que..
Il est né ainsi
Il s’est battu quand il était enfant et s’est pris un coup dans l’œil
Une simple bagarre adolescente au sujet d’une fille a donné à David Bowie son regard si unique!
Il a eu une opération suite à une infection et sa pupille a été endommagée
Son premier album s’intitule…
Did The Lights Go Out ?
David Bowie
Tout simplement.
Sans titre
Quel objet a été lancé sur le chanteur, lors d’un concert à Oslo en 2004?
Un préservatif
Une boîte de cookies
Une sucette
Il faut croire qu’il a de la malchance concernant ses yeux! Elle s’est collée à son oeil et il a du demander à un de ses musiciens de le sortir de cette mauvaise passe en l’aidant à la décoller….avant de reprendre son concert comme si de rien était.
Bowie a co-produit des albums de…
Mick Jagger
Paul McCartey
Lou Reed
Les deux hommes étaient très proches, et Bowie a notamment coproduit l’excellent album Transformer (1972)
David apparait sur chacune de ses couvertures d’albums, sauf une, laquelle?
Blackstar
Ultime album de l’extraterrestre du rock, la pochette Blackstar ne représente qu’une simple étoile noire sur fond blanc. Il s’agissait peut être d’un sobre adieu..
Let’s Dance
Honky Dory
David Bowie fut la voix d’un personnage apparaissant dans une série de dessins animés… Mais laquelle ?
Bojack Horseman
Les Simpsons
Bob l’Eponge
Il y incarne Lord Royal Highness, une créature bleue au long museau, roi de la cité perdue d’Atlantide, dans un épisode de la série en 2007. Improbable!

 

Alors, satisfait.e.s de votre résultat?

 

 

 

CultureMusique

Revoir le concert « Paris L.A. Bruxelles »

Posté par HeHo 28 septembre 2017 0 commentaire

Depuis deux ans la Red Bull Music Academy s’est installée à Paris pour un festival annuel au mois de septembre. Ce festival a donné lieu cette année à un projet plus ambitieux qu’un simple concert sponsorisé par une grande marque. Red Bull a réuni dans son studio musical parisien quelques-uns des rappeurs français et belges les plus frais du moment ainsi qu’un producteur américain légendaire, The Alchemist, afin de réaliser une mixtape destinée à être jouée sur scène lors d’une date exclusive le 27 septembre.

Le storytelling de Red Bull autour de l’évènement nous apprend que The Alchemist (DJ d’Eminem, producteur pour Kendrick Lamar, Action Bronson ou encore Mobb Deep) est venu dans les boutiques de vinyles de la capitale cet été pour confectionner des instrumentales sur lesquelles sont venus rapper Caballero, JeanJass et Roméo Elvis, figures de proue du rap belge francophone ainsi que les rappeurs français de la Cool Connexion (Jazzy Bazz et Esso), Deen Burbigo, Lomepal, Heskis, Prince Waly, Gracy Hopkins, 3010 et son collectif Eddie Hyde.

Ce projet a été rendu possible grâce aux moyens dont Red Bull dispose pour sa promotion à travers des évènements culturels contemporains. Déjà, le fait d’inviter ces noms de la scène hip hop francophone actuelle, de leur offrir l’opportunité de travailler sur un projet dans un studio dédié avec un producteur qui fait figure de référence – durant le concert, tous les artistes ont répété quel rêve de gosse c’était pour eux de partager la scène avec The Alchemist. Ensuite, au niveau de la communication autour de la sortie de la mixtape et du concert, Red Bull s’est associé avec les médias en ligne Yard et Konbini, l’organisateur de soirées Free Your Funk et la radio Mouv’ pour créer l’évènement autour de ce projet. Cela leur a permis que le concert se tienne à guichets fermés et qu’une belle pub circule autour, confirmant que la marque est toujours dans la vibe. Pour les amateurs de bonne musique, on peut dire que ça a permis d’avoir un projet gratuit d’une petite demi-heure à se mettre sous la dent pour la rentrée 2017 et d’avoir de belles performances live à revoir en intégralité. En toute subjectivité, les palmes d’or pour ce projet vont aux morceaux de Roméo Elvis, Lomepal & Prince Waly et Gracy Hopkins qui donnaient super bien sur mixtape et encore mieux sur scène !

Pour écouter la mixtape c’est ici

Pour revoir le show c’est ici

CinémaCultureMusique

« Patti Cake$ », Patricia rappe mieux que toi !

Posté par HeHo 4 septembre 2017 0 commentaire

(film de Geremy Jasper, 2017)

Synopsis officiel : Patricia Dombrowski, alias Patti Cake$, a 23 ans. Elle rêve de devenir la star du hip-hop, rencontrer O-Z, son Dieu du rap et surtout fuir sa petite ville du New Jersey et son job de serveuse dans un bar miteux. Elle doit cependant s’occuper de Nana, sa grand-mère qu’elle adore, et de Barb, sa mère, une chanteuse ratée et totalement instable. Un soir, au cours d’une battle sur un parking, elle révèle tout son talent de slammeuse. Elle s’embarque alors dans une aventure musicale avec Jheri, son meilleur ami et Basterd, un musicien mutique et asocial.

Avec : Danielle Macdonald, Bridget Everett, Siddharth Dhananjay …

Mon avis : Pour cette rentrée cinématographique je n’avais pas lu le “pitch” de Patti Cake$ ci-dessus, j’avais juste envie d’un bon film de fin d’été et j’avais entendu parler de celui-ci lorsqu’il s’était fait remarquer à la quinzaine des réalisateurs de Cannes, au printemps dernier. Vu que le hip-hop est le sujet du film, puisque le destin de l’héroïne (jouée par Danielle Macdonald) y est très lié, la bande originale rap du film est très présente dès les premières minutes. Certes, ma tête a bougé de plaisir dans mon petit fauteuil de cinéma mais j’ai aussi eu peur que le film se résume à un teenage movie américain avec le groupe de rap de lycée, les difficultés, les amours, les emmerdes et enfin une morale disant de suivre sa destinée et de croire en ses rêves. En fait, rien de tout ça. Si Patti Cake$ est un peu prévisible sur certains traits scénaristiques, la globalité de ce premier film de Geremy Jasper tient très bien la route.

Le gros point fort du film réside dans les personnages, extrêmement bien écrits et attachants. Danielle Macdonald capte tout de suite l’attention du spectateur. En trois scènes, l’actrice nous emmène facilement dans le quotidien pas très marrant de son personnage Patricia Dombrowski. On rit facilement de sa situation pourtant engluée dans beaucoup de mélancolie, on a envie de la pousser à rapper plus fort comme son pote Jheri et on exulte quand elle lâche un de ses meilleurs couplets qu’elle a écrit sur son carnet, derrière le comptoir du bar pourri où elle renvoie chier les habitués lourdingues.

Le freestyle ci-dessus est un moment rare où faire du rap est possible pour Patricia alias Killa P. Elle délire avec son ami l’espace d’un instant mais le reste du temps elle est coincée entre ses deux boulots et sa famille. Sa mère, une chanteuse ratée qui ne lui donne pas beaucoup de force et d’espoir pour essayer d’être une artiste à son tour. Sa grand-mère, malade et en fauteuil, dont elle doit payer les frais médicaux faute de sécurité sociale descente. C’est au cours d’une balade avec sa grand-mère, qu’elle tombe dans la maison/cabane que s’est construit Basterd, qui, outre le fait qu’il est « mutique et asocial », se décrit comme anarchiste et antéchrist. Comme les personnages de la mère ou la grand-mère de Patricia, Basterd apporte quelque chose de très fort au film qui est vraiment incarné par ses personnages.

L’histoire que raconte Patti Cake$ est bien dosée. Elle est totalement en prise avec les enjeux de société du bled du New Jersey où se déroule l’action, sans avoir la prétention d’être une fresque sociale. C’est un film musical sans que ça ne vienne jamais prendre le dessus sur la narration qui, quand elle s’affaiblit un peu, est toujours relevée par ses personnages.

Note : 7,5/10

 

 

Crédits photo de l’illustration de cet article : Jeong Park pour la Twentieth Century Fox Film Corporation (Dossier de presse du film).

Arts et LittératureCultureMusique

Regarde ta jeunesse dans les yeux

Posté par HeHo 16 août 2017 0 commentaire

« Regarde ta jeunesse dans les yeux toi qui commande en haut-lieu », c’est ce que rappait Kool Shen sur le morceau « Le monde de demain » en 1991. Regarde ta jeunesse dans les yeux est le titre du livre de Vincent Piolet, paru en 2015 et réédité en 2017. C’est un ouvrage historique un peu particulier qui documente la naissance du hip-hop français entre 1980 et 1990, comme l’indique son sous-titre.

Si la majeure partie des disques « classiques » de rap français datent des années 90, il faut regarder la décennie qui précède ces albums pour comprendre la gestation d’une culture hip-hop française. Le livre de Vincent Piolet montre qu’il y avait des gens, des lieux, des pratiques qui ont pu orienter l’émergence du hip-hop en France. Il décrit les liens originels entre France et États-Unis pour l’importation de ce mouvement, qui semblent tenir entre un petit nombre de personnes et reposer sur quelques hasards de la vie. Puis à Paris, les graffeurs dans les bouches de métro ou aux abords du Louvre, les DJs dans les différentes soirées ou après-midis dansantes qui ont commencés à passer un style de funk étrange appelé hip-hop, ceux qui ont commencés à scander des textes en anglais puis en français sur ces instrumentales, les danseurs qui se retrouvaient sur l’esplanade du Trocadéro ou à la salle Paco Rabanne pour s’entrainer …

L’ouvrage est dense et remet tout en perspective, les acteurs dont les noms résonnent encore aujourd’hui (comme ceux de Joey Starr et Kool Shen qui figurent en couverture du livre) apparaissent au fil de l’ouvrage sans jamais en être le sujet principal. Il est fait mention d’eux pour une après-midi au Trocadéro dont on réalisera après qu’elle était un point de repère, puis ils reviendront quelques pages plus loin quand il est question de crews de danseurs. La force de Regarde ta jeunesse dans les yeux c’est que l’ouvrage réussit à recréer ce qui semblait être l’esprit d’interconnexion, d’un petit monde en plein fourmillement dont la phase de création d’identité n’était jamais formulée par les acteurs-mêmes du mouvement et souvent menacée de l’extérieur ou de l’intérieur. Il s’appuie sur de nombreux témoignages ou extraits d’entretiens réunis ici pour donner une cohérence à ce microcosme qui était en train d’ériger les fondements du mouvement hip-hop en France.

Des mythes qui entourent le terrain vague de Porte de la Chapelle à l’ouverture des radios libres dans les années 80 en passant par l’impact du message de la « Zulu Nation » initiée aux États-Unis par Afrika Bambaataa, le livre retrace ce qui a permis de donner corps au mouvement comme ce qui lui a donné son image parfois négative dans les médias. Les anecdotes et les récits des trajectoires singulières des uns et des autres sont riches. Le tout est amené très habillement par la plume de Vincent Piolet qui n’a pas connu cette période et qui a donc mené un gros travail d’enquête sur trois ans pour accoucher de cet ouvrage.

La force de ce livre est avant tout d’être une première somme aussi fouillée sur le sujet. Ensuite, Regarde ta jeunesse dans les yeux est agréable à lire (malgré ses 362 pages) car il montre une époque où une partie de la jeunesse, insouciante et passionnée, avait comme seule envie de se retrouver autour d’une culture et de la partager.

 

 

Regarde ta jeunesse dans les yeux (éd. Le mot et le reste), Vincent Piolet, préface de Dee Nasty & Postface de Solo, 24 euros.

CultureMusique

Les meilleurs festivals de l’été depuis chez toi !

Posté par HeHo 9 août 2017 0 commentaire

L’internet mondial te propose des séances de rattrapage pour les meilleurs festivals de cet été avec des captations vidéo au poil. Voici une sélection subjective des performances d’artistes qui ont enflammé les plus grands rendez-vous estivaux de 2017.

 

Faada Freddy à l’Africa Festival

Le chanteur sénégalais Faada Freddy a une voix hors norme. Il s’en est servi pour enregistrer son premier album solo « Gospel Journey » uniquement avec des voix et des percussions corporelles. Sur scène c’est donc la même formule qui prime, il a choisi de n’utiliser absolument aucun instrument. Il est accompagné de cinq choristes et l’ambiance de son set n’en est pas moins forte comme en atteste la captation de la performance du groupe à Wurtzbourg en Allemagne. Mention spéciale à leur remix de « Pump it » des Black Eyed Peas au bout d’une heure de show.

 

Deluxe au festival Jazz à Vienne

Le groupe d’électro français aux multiples influences jazz, soul, funk ou hip-hop a livré une performance remarquée pour l’édition 2017 du festival Jazz à Vienne. C’est la chaine musicale de France Télévisions, Culturebox, qui nous en fait profiter (sur YouTube uniquement). N’hésite pas à fouiller dans leurs autres vidéos, tu trouveras des pépites en live d’autres festivals ou de concerts tout au long de l’année.

 

Keny Arkana au Paléo Festival

Keny Arkana a signé son retour au début de l’été 2017 avec son album « L’Esquisse 3 », à pic pour entamer une tournée des festivals très réussie. La rappeuse marseillaise a présenté un mélange parfaitement dosé de ses anciens morceaux et de sons plus récents pour assurer une soirée parfaite aux festivaliers du Paléo à Nyon, en Suisse.

 

Travis Scott à l’Openair Frauenfeld

Pour les fans de rap américain, the place to be en Europe l’été c’est Frauenfeld en Suisse, le deuxième plus gros festival du pays après le Paléo de Nyon. Ce festival a la spécificité d’avoir une programmation presque complétement orientée vers le hip-hop anglosaxon. C’est donc l’endroit rêvé pour voir, sur trois jour, quelques-uns des meilleurs rappeurs du moment. Travis Scott fait partie de ceux-là et il a assuré le show, ne laissant pas de répit au public durant tout son set.

Enfin, si tu veux profiter de l’ambiance plus intimiste des concerts du libanais Bachar Mar-Khalifé ou du groupe britannique Alt-J, le site d’arte.tv t’en donne la possibilité. Attention ces replays sont disponibles uniquement jusqu’à début janvier 2018.

Certes, un festival depuis son salon c’est peut-être moins fun mais c’est moins cher, vous êtes sûr de voir la scène et ça permet de garder la pêche même si septembre approche !

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Vas-y DJ fais péter le son

Posté par HeHo 26 juillet 2017 0 commentaire

L’été c’est le moment où, encore plus que d’habitude, j’ai envie de passer mon temps à écouter de la musique. En plus de ça, à cette période, j’ai facilement tendance à préférer les gros hits sans aucun sens à la finesse des mouvements d’une symphonie. J’ai envie de me réveiller de bonne humeur et de croire que je sais danser tout en m’habillant. J’ai envie de conduire les fenêtres ouvertes en braillant les paroles du tube de l’été en yaourt. J’ai envie de profiter du coucher de soleil sur le morceau le plus chill du moment. Pour tout ça, il m’est facile de constater que l’électro grand public, qui incarne le caractère festif de la période estivale, répond parfaitement à mes envies. Et oui, mais non.

La musique électronique est le style le plus diffusé sur les radios françaises et représente un marché qui génère plusieurs centaines de millions d’euros chaque année, surtout grâce au live. L’électro c’est un des principaux genres de l’EDM, « l’electronic dance music » (avec la House, la Techno etc.), dont le but premier est de faire danser les gens dans les clubs ou en festivals. Les programmateurs des plus gros festivals français ne s’y trompent pas et ont surement envie, comme moi, de se trémousser sur des rythmes de fous dans les nuits tempérées de juillet et d’août. C’est pour ça que, du prodige encore adolescent aux plus grands DJ internationaux jet lagués, les festivals à côté de chez toi contiennent quasiment tous un ou plusieurs noms d’artistes électro dans leur programmation. Ça donne envie de se retrouver avec ses potes dans un lieu sympa pour passer une bonne soirée. Festival + musique + ami.e.s = été réussi (selon moi).

De mon côté, j’ai souvent entendu parler de ces têtes d’affiches électro, sans doute étant un cerveau un peu trop ouvert à la musique des publicités et aux suggestions mainstream de YouTube. Je connais aussi les plus petits artisans de l’électro qui pétrissent leurs sons « posés » et leurs visuels léchés toute l’année pour sortir de leur tanière une fois que la saison des festivals est déclarée ouverte. Du coup, impatient petit festivalier que je suis, j’ai toujours hâte d’aller à un concert voir ce que l’artiste que j’ai écouté des heures dans mes écouteurs et enceintes va me proposer comme expérience en live. Et là, c’est le drame. Qu’iel soit seul ou à plusieurs. En train de mixer ou de tapoter sur les petits carrés multicolores de sa MPC. Qu’iel ait prévu un spectacle pyrotechnique en plus de son set, rien n’y fait, l’émotion ne passe pas, l’envie de danser ne vient pas, j’attends désespérément l’artiste suivant.

Quand la musique est trop douce j’aimerai faire des grands signes au gugus qui tripote ses boutons au loin pour lui signifier que je suis en train de m’endormir. Quand le/la DJ balance de manière ultra répétée des « drops » qui te font autant de bien que des coups de barre de fer sur le crâne – en te demandant de sauter en levant les mains en criant en te baissant en montant sur les épaules de ton ami.e en allumant le flash de ton portable – j’ai juste envie de creuser un trou et disparaitre de la foule de festivaliers qui m’entourent. En rajoutant à ça le fait que les DJ sont rarement des grands communicants, j’ai presque toujours terminé un concert d’électro ou un set dans un festival en me disant « plus jamais ». Mais HEUREUSEMENT le festival est aussi, et surtout, le lieu où il est possible de découvrir pleins de groupes ou d’artistes pour lesquelles tu n’étais pas venu à la base mais qui savent ce que c’est que de faire de la scène. C’est-à-dire, pour ma part, de voir des gens qui, en chantant ou non, avec ou sans instruments, électroniques ou pas, font passer une émotion, une énergie qui me touche l’espace d’un instant.

Je t’en veux pas hein L’électro, on est pas devenu incompatible à tout jamais. C’est juste que je préfère attendre la grisaille de l’automne pour te remettre dans mes oreilles parce qu’à mon goût tu ne mérites pas ta couronne de reine de l’été et des festivals.

CultureMusique

Graffiti Fish, quand M.A.O rime avec vidéo

Posté par MaryCherryTree 3 juillet 2017 0 commentaire

Basé à Lille, Graffiti Fish est un projet aux multiples facettes: d’une part il y a la musique électronique pleine d’énergie; d’autre part, des clips vidéos pour l’accompagner, décalés, délirants, et toujours surprenants! A l’occasion de la sortie de son dernier clip, “Terror Attack Anniversary”, nous avons rencontré la créatrice de Graffiti Fish.

« Terror Attack Anniversary », une production Graffiti Fish

 

Salut! Est ce que tu pourrais te présenter en quelques mots?

Salut! Je suis Valentine Crépel, j’ai 21 ans. Je suis à l’initiative du projet Graffiti Fish.

 

Graffiti Fish est donc “ton” projet en quelque sorte. Il occupe une place importante dans ta vie?

Oui, il occupe une place énorme. Comme c’est un projet en auto-production, tout est à faire.

Heureusement que je ne suis pas toute seule. Vincent Vieville finalise les productions et réalise le mixage.  J’ai aussi la chance de travailler avec Béranger Lorillec qui je travaille sur les arrangements acoustiques de mon prochain EP. Et en plus de cela, je réalise mes propres clips!

Comment se déroule ton processus de création? Tu commences par l’écriture de la musique?

Cela dépend si l’idée qui me vient en premier est un texte ou une partie de musique. Je suis rentrée dans la musique par l’écriture. Mais depuis que je produis, j’aime me laisser submerger par les sons pour écrire.

Pour Knots In The Brain, j’ai quelques fois écrit les textes au fur et à mesure que le morceau progressait… Cela change souvent en réalité, je n’ai pas vraiment de règles!

J’imagine que la diffusion de tes créations est un moment clé de ton projet! C’est pas trop difficile aujourd’hui, avec la multiplication d’artistes sur les réseaux sociaux?

Oui, j’essaye de ne pas négliger la communication. Je ne sais pas si je m’y prends bien. Par contre, je pense que le développement des réseaux sociaux est un atout. Même nos artistes préférés utilisent Facebook et Instagram. Donc oui c’est difficile mais j’essaye de tourner ça à mon avantage.

Quelles sont tes influences (musicales, filmiques, artistiques…)? Un.e artiste en particulier à nous recommander?

J’ai découvert le hip-hop avec P.O.S et Eyedea and Abilities qui resteront des références pour moi. Aujourd’hui, je suis devenue une grande fan du travail de Kate Tempest et des Young Fathers. Je pourrais en citer pleins d’autres comme Serengeti, Clouddead, St Vincent… Je vous les recommande tous !

Tes projets pour les mois à venir?

Des vacances bien chargées !

Beaucoup de choses vont sortir à la rentrée. Notamment des collaborations avec Inrush A, Clayton, Laskiz et Spaenk. En plus de ça on prépare un troisième EP. Ce sera une adaptation acoustique de « Knots In The Brain ».Au final, on est comme une petite communauté qui s’entraide. On met nos compétences au profit des copains pour faire avancer les projets de tout le monde!

Et pour finir, un aveu étonnant?

Je suis passionnée de street art et de graffiti mais je ne sais absolument pas dessiner !

 

Retrouvez Graffiti Fish sur Facebook:

https://www.facebook.com/GraffitiFish/

Sur Youtube:

https://www.youtube.com/channel/UClmnWYdl76QZ9OxJkjZBhrA

Et sur Soundcloud!

https://soundcloud.com/valentine-59