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Le roman de la semaine : Lavinia

Posté par Loupche 7 octobre 2017 0 commentaire

Le roman Lavinia, écrit par Ursula K. Le Guin en 2008 et traduit en France en 2011, mérite vraiment d’être lu ! L’auteure est américaine et reconnue dans le milieu littéraire depuis les années 1960. L’histoire de son roman se passe aux alentours du douzième siècle avant notre ère et parle de Lavinia, fille de Latinus, roi des Latins, et de sa ferveur à réaliser son destin. Le roman s’inspire librement des derniers poèmes de L’Enéide de Virgile, oeuvre classique fondamentale et référence importante encore trois millénaires après son écriture. Ne sois pas découragé.e, moi non plus je n’ai pas lu L’Enéide ! Par contre, j’ai adoré Lavinia, et je te donne ici ses grands points positifs, et son petit point négatif.

Points positifs :

– Il n’est pas nécessaire de lire Virgile pour comprendre Lavinia. Très accessible, le roman rend le monde semi-mythologique de Virgile facile à décrypter pour les profanes qui n’y connaissent rien à l’histoire antique — comme moi.

– L’intention de base du roman est en soi un point positif : donner de la place à une femme de L’Enéide qui n’occupe pas beaucoup d’espace. De quelques lignes d’un vieux poète illustre, une auteure écrit sur une femme. Si c’est pas #GirlPower ça, je vois pas ce que ça peut être.

– Lavinia est quand même une sacrée badass, fille de roi puis reine puis mère de roi, liseuse d’oracles, aventurière, d’un caractère doux comme c’est attendu d’une femme de son rang, mais faussement docile. Merci à l’agréable première personne du singulier qui nous donne l’impression de l’écouter nous raconter sa vie.

– Le récit accroche, il y a du suspens, de l’intrigue, on veut savoir la suite. On décrypte avec elle les oracles, on voit avec elle une armée marcher sur la ville de son père, on la voit traverser les épreuves de son destin, etc.

– Le monde de Lavinia est semi-imaginaire et donc semi-réel. La postface détaille un peu plus les libertés que l’auteure s’est permises en s’éloignant de Virgile pour être plus en accord avec les découvertes des archéologues, et vice-versa. Donne un mélange agréable et confortable d’une intrigue à moitié mythique, dans une région de l’Italie actuelle fidèle à la description.

Point négatif :

Est-ce le fait de la traduction française ou de l’écriture de l’auteure, mais certaines envolées lyriques intégrées dans l’intrigue semblent en trop. Cela ressemble parfois à un hommage à Virgile un peu loupé, une tentative d’être un poème alors que Lavinia est un roman. Ces quelques passages ne m’ont pas empêchée d’accrocher, mais m’ont tout de même repoussée lors des premiers chapitres, où l’on ne sait pas trop ce que l’on est en train de lire et s’il y a un but dans l’écriture. Le dernier paragraphe du livre m’a un peu déçue pour ces mêmes raisons.

Note finale : 7/10. Un très bon roman qui donne envie de tourner les pages, mais dont on aperçoit malheureusement les maillages censés être invisibles après le polissage final de l’écriture. Sans vouloir être trop lyrique.
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Survivre à l’automne: un livre, un film, et un gâteau.

Posté par MaryCherryTree 24 septembre 2017 0 commentaire

Les jours raccourcissent, les couleurs changent et les températures s’adoucissent. Pas de doute possible, l’automne a frappé à notre porte. Mais pas de panique !

Tandis que certains ne rêvent que d’une chose, s’endormir profondément en attendant le mois d’avril, d’autres – dont je fais partie ! – se réjouissent du retour de cette belle saison de transition, de thés à la cannelle et de batailles de feuilles mortes.

Lorsque le vent souffle et les journées s’assombrissent, (re-) lisez donc Les Hauts de Hurle-vent (Wuthering Heights en VO) d’Emily Brontë, rédigé en 1847. Cette histoire d’amour destructrice entre deux personnages plus que tourmentés, Heathcliff et Catherine, prend place dans les plaines hurlantes et grises du Sud de l’Angleterre. Parfait pour une soirée pluvieuse, au lit.

Ma raison de vivre, c’est lui . Si tout le reste venait à périr et que lui survive, je continuerais d’exister ; mais si tout demeurais et que lui périsse , l’univers me deviendrait totalement   étranger : je n’en ferais plus partie .

Emily Brontë, Les Hauts de Hurle-vent, 1847

Besoin d’une BO ? Pas de problème ; pour égayer l’atmosphère et apporter un peu de douceur à votre journée, mettez en fond sonore le superbe album « A Summer Song » de Chad and Jeremy (oui, je vous l’accorde, le titre porte à confusion). Ce petit bijou date de 1965, et offre un mélange de folk psychédélique et d’harmonies envoûtantes…

 

Pour celleux qui préfèrent le cinéma à la littérature, l’automne est la saison de la comédie romantique ! Alors on oublie son cynisme et on se fait plaisir devant les un peu rétros mais très bons Quand Harry rencontre Sally (When Harry Met Sally) et Vous avez un Message (You’ve Got Mail). Plutôt réalistes et bien jouées, ces romcoms vous mettront du baume au cœur.

Dans Vous avez un Message, Joe et Kathleen sont ennemis dans la vraie vie, mais s’aiment en ligne!

Un homme et une femme peuvent-ils être amis? C’est à cette question que Harry et Sally tentent de répondre, dans un film tendre qui retrace près de 25 ans d’amitié tumultueuse entre les deux personnages…

 

 

 

 

 

 

 

 

Et comme toute soirée automnale qui se respecte doit s’accompagner d’une tasse de thé et d’un gâteau, pourquoi s’en priver ? Après tout, l’hiver ne va pas tarder, il est grand temps de constituer ses réserves ! Voici une très bonne recette (végétalienne) de cake pomme-cannelle, testée et approuvée par mes papilles. Il s’accompagne facilement d’un thé noir épicé, ou d’une tisane à la fleur d’oranger.

Recette de cake aux pommes et à la cannelle (végétalien)

Pour 6 personnes

Ingrédients

  • Quelques pommes (4 ou 5)
  • Une banane
  • 140g de farine
  • 60g d’huile végétale (j’ai pris l’habitude de le faire avec de l’huile de coco, mais une autre huile neutre, comme celle de tournesol, fera très bien l’affaire. Eviter l’huile d’olive dont les graisses se saturent à la cuisson)
  • 20 cl de lait végétal (ici encore à vous de choisir, j’utilise celui de coco également)
  • 80g de sucre
  • 1 sachet de levure
  • De la cannelle (quantité au choix)

Préparation

  • Préchauffez le four et graissez votre plat à cake
  • Mettre dans un robot mixeur : La banane, l’huile, le lait, le sucre, la levure, la cannelle. Mixer le tout, en rajoutant peu à peu la farine.
  • Peler et couper en petits morceaux les pommes ; dans un saladier, incorporez-les au mélange mixé.
  • Verser le tout dans votre moule, enfourner 35 minutes, et déguster tiède !

 

Qui a dit que l’automne devait être une saison morne et pluvieuse ? Avec Berthine, adieu la déprime et à vous les soirées cosy en regardant les feuilles tomber !

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Regarde ta jeunesse dans les yeux

Posté par HeHo 16 août 2017 0 commentaire

« Regarde ta jeunesse dans les yeux toi qui commande en haut-lieu », c’est ce que rappait Kool Shen sur le morceau « Le monde de demain » en 1991. Regarde ta jeunesse dans les yeux est le titre du livre de Vincent Piolet, paru en 2015 et réédité en 2017. C’est un ouvrage historique un peu particulier qui documente la naissance du hip-hop français entre 1980 et 1990, comme l’indique son sous-titre.

Si la majeure partie des disques « classiques » de rap français datent des années 90, il faut regarder la décennie qui précède ces albums pour comprendre la gestation d’une culture hip-hop française. Le livre de Vincent Piolet montre qu’il y avait des gens, des lieux, des pratiques qui ont pu orienter l’émergence du hip-hop en France. Il décrit les liens originels entre France et États-Unis pour l’importation de ce mouvement, qui semblent tenir entre un petit nombre de personnes et reposer sur quelques hasards de la vie. Puis à Paris, les graffeurs dans les bouches de métro ou aux abords du Louvre, les DJs dans les différentes soirées ou après-midis dansantes qui ont commencés à passer un style de funk étrange appelé hip-hop, ceux qui ont commencés à scander des textes en anglais puis en français sur ces instrumentales, les danseurs qui se retrouvaient sur l’esplanade du Trocadéro ou à la salle Paco Rabanne pour s’entrainer …

L’ouvrage est dense et remet tout en perspective, les acteurs dont les noms résonnent encore aujourd’hui (comme ceux de Joey Starr et Kool Shen qui figurent en couverture du livre) apparaissent au fil de l’ouvrage sans jamais en être le sujet principal. Il est fait mention d’eux pour une après-midi au Trocadéro dont on réalisera après qu’elle était un point de repère, puis ils reviendront quelques pages plus loin quand il est question de crews de danseurs. La force de Regarde ta jeunesse dans les yeux c’est que l’ouvrage réussit à recréer ce qui semblait être l’esprit d’interconnexion, d’un petit monde en plein fourmillement dont la phase de création d’identité n’était jamais formulée par les acteurs-mêmes du mouvement et souvent menacée de l’extérieur ou de l’intérieur. Il s’appuie sur de nombreux témoignages ou extraits d’entretiens réunis ici pour donner une cohérence à ce microcosme qui était en train d’ériger les fondements du mouvement hip-hop en France.

Des mythes qui entourent le terrain vague de Porte de la Chapelle à l’ouverture des radios libres dans les années 80 en passant par l’impact du message de la « Zulu Nation » initiée aux États-Unis par Afrika Bambaataa, le livre retrace ce qui a permis de donner corps au mouvement comme ce qui lui a donné son image parfois négative dans les médias. Les anecdotes et les récits des trajectoires singulières des uns et des autres sont riches. Le tout est amené très habillement par la plume de Vincent Piolet qui n’a pas connu cette période et qui a donc mené un gros travail d’enquête sur trois ans pour accoucher de cet ouvrage.

La force de ce livre est avant tout d’être une première somme aussi fouillée sur le sujet. Ensuite, Regarde ta jeunesse dans les yeux est agréable à lire (malgré ses 362 pages) car il montre une époque où une partie de la jeunesse, insouciante et passionnée, avait comme seule envie de se retrouver autour d’une culture et de la partager.

 

 

Regarde ta jeunesse dans les yeux (éd. Le mot et le reste), Vincent Piolet, préface de Dee Nasty & Postface de Solo, 24 euros.

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La vie secrète des arbres – Critique

Posté par Loupche 14 août 2017 0 commentaire

La vie secrète des arbres est un de ces hybrides entre un essai scientifique et un roman de gare. Après Le charme discret de l’intestin par Giulia Enders, c’est au tour de l’allemand Peter Wohlleben, garde forestier, de publier un best-seller, avec plus de 650 000 exemplaires vendus en Allemagne et 32 traductions. Arrivé en France il y a peu, La vie secrète des arbres est dans tous les relais de toutes les gares et nous confie les secrets que les forêts ont transmis à Peter. Chez Berthine, on a voulu le lire pour te donner notre avis impartial.

Points positifs :

On accroche dès le début. On sait quand même qu’on va parler de faits scientifiques autour des arbres, en soi c’est compréhensible qu’on ait peur de s’ennuyer pendant la lecture, surtout si ce n’est pas un sujet qui nous passionne de prime abord. Mais le suspens est installé dès le début quand Peter nous met face à un fait très mystérieux : se promenant dans sa forêt, il passe devant une souche d’un arbre coupé il y a déjà plusieurs décennies, et s’arrête pour inspecter d’étranges pierres qui sont sur la souche. Mais après plusieurs minutes à les trifouiller, Peter se rend compte que ces pierres sont en fait pleines de chlorophylle et que c’est en fait l’arbre qui est encore vivant ! Mais comment une souche vieille de plusieurs décennies pourrait produire de la chlorophylle alors qu’elle n’a plus de feuilles pour faire de la photosynthèse ? Dès les premières pages, on a donc envie d’en savoir plus.

Très instructif. Hormis le mystère de la souche, de nombreuses questions sont soulevées et résolues. On ressort de la lecture avec beaucoup plus de connaissances, sans avoir eu l’impression de mettre un effort dans l’apprentissage. Après ce livre, on connaît plus d’espèces d’arbres, d’oiseaux, d’insectes, on comprend mieux les dommages faits par les hommes sur les forêts, et on perçoit ces dernières comme de réelles entités plutôt que comme un rassemblement d’arbres.

Un livre bien fait. Le mélange de faits scientifiques, anecdotes et opinions du narrateur est très juste et nous permet de naviguer dans le livre sans faire une overdose d’explications. Le ton est léger, la vulgarisation est en somme très réussie !

Points négatifs :

Un peu répétitif. Si les chapitres sont courts et bien rythmés, le résultat global est assez répétitif, puisque tous les chapitres ont la même forme mais n’ont presque pas de lien les uns avec les autres. C’est ce qui fait que ce livre est difficile à lire d’une seule traite, parce qu’on finit par saturer de cette succession de faits.

Écriture un poil trop lyrique. Faire prendre conscience aux lecteurs et lectrices de l’importance de la préservation des forêts naturelles et de la vie ainsi que des sensations des arbres – qui en font des êtres vivants dignes de notre empathie – est très louable. Cependant, les grands discours vindicatifs et conquérants sont parfois un peu excessifs au vu du ton global de l’ouvrage.

Notre note : 7/10

Idéal pour lire chapitre par chapitre mais pas comme lecture principale. On apprend beaucoup de choses et on revoit notre perception de l’écosystème qu’est la forêt, mais des envolées lyriques excessives finissent par desservir le but premier du livre, à savoir d’éveiller de l’empathie pour les arbres.

Donc : à lire ! Mais pas d’une seule traite.

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Chronique d’un dimanche au mois d’août

Posté par Loupche 6 août 2017 0 commentaire

8h00 : Le soleil brille, les oiseaux chantent, une magnifique journée commence ! Sauf que j’ai oublié de fermer les volets hier soir et que ce soleil il est bien joli mais là il est beaucoup trop tôt. 

10h21 : Bon ok, c’est bon, je me lève. Il faudrait que j’aille au marché mais je n’y vais pas. Il faudrait que je fasse un peu de yoga mais je n’en fais pas non plus. Non, à la place je passe quinze minutes à me faire un smoothie bowl ultra instagrammable parce qu’un dimanche d’août tout le monde traîne sur Instagram donc je vais récupérer masse de likes. Et puis j’ai le temps hein. 

10h50 : Le smoothie bowl était plutôt pas mal, maintenant j’ai le choix entre lire un très bon livre sur les arbres ou rerererereregarder Friends. 

13h : Six épisodes de Friends plus tard, il faudrait que je sorte un peu, m’aérer quoi. Bon, je vais commencer par me lever de ce canapé pour aller faire pipi, et ensuite je m’habille et je vais marcher. 

13h05 : Franchement, je me suis habillée quoi, je mérite une pause avant de sortir. 

14h09 : Trois épisodes de Friends plus tard, il faut vraiiiiiiiment que je sorte. Mais en même temps j’ai faim. Du coup je m’assois sur la terrasse en attendant que l’eau des pâtes chauffe. Gotta get that vitamin D baby. 

15h : Je suis vraiment un être humain très réussi ! Je me suis fait une petite sauce bien crémeuse pour mes pâtes fondantes, le tofu était parfaitement grillé, j’ai mangé un fruit en dessert (non non, pas de glace ni ce très beau fondant au chocolat qui me faisait des signes dans le frigo) et là je suis en direction du parc pour une promenade digestive ! Allez hop, je me mets « Fetish » de Selena Gomez dans les écouteurs et comme ça je me sens sexy. 

15h01 : You got a fetish for my looooov’, mhm tss mhm tss…

15h20 : C’était vachement cool le parc. Les arbres, la nature, l’oxygène, tout ça, je me sens ressourcée. 

17h50 : Quatre épisodes de Friends et quinze vidéos YouTube plus tard, je suis revenue à l’état végétativo-légumineux. Meh. 

18h : J’aimerais bien aller boire un verre avec des gens. Ah merde, j’avais oublié qu’on est dimanche et qu’on est en août, méhéhé, y a PERSONNE. 

18h05 : J’ai faim. Eh mais n’y avait-il pas un fondant au chocolat dans le frigo ?

18h30 : Bon il faudrait que je fasse un peu de sport pour faire passer ce fondant. Voyons voir, tapons les mots clés sur YouTube : « sport easy ten minutes 500cal ».

18h36 : Nouvelle recherche YouTube, « comment faire passer l’envie de vomir très très vite ». 

19h : Je culpabilise un peu de rien faire, je prends du retard sur ma reprise, faudrait que je travaille un peu quand même. 

19h05 : Ok je suis bien installée, mes stylos sont bien alignés, j’ai ma bouteille d’eau, mes manuels sont ouverts aux bonnes pages, j’ai plus qu’à apprendre maintenant. 

19h30 : J’avais oublié l’énergie que ça demandait d’apprendre, je suis lessivée, faut que je fasse une pause. Pour compenser je vais procrastiner activement. En faisant une lessive par exemple. Non non, pas la lessive de blancs qui attend depuis trois semaines, non, juste mes cinq culottes et trois t-shirts des derniers jours. 

20h58 : Attends j’ai fait quoi toute la dernière heure ? Ah, oui, traîner sur Facebook, Instagram, Twitter, Snapchat, Tumblr…

21h : GAME OF THRONES GAME OF THRONES GAME OF THRONES. Ah non on est en France, faut que j’attende demain. Bon bah Friends alors. Ou YouTube ? Dur de décider…

22h30 : Heureusement qu’il reste des pâtes de ce midi parce que bon, j’ai quand même bossé tout à l’heure, j’ai pas l’énergie de faire à dîner. 

00h10 : Merde ! J’ai oublié que je devais écrire un article Berthine. Bon, tant pis, j’ai qu’à raconter ce que j’ai fait aujourd’hui, voilà, ça va être vite fait. 

01h00 : Ooooh mon lit tu m’avais manqué, je suis désolée de t’avoir délaissé toute la journée et d’avoir préféré le canapé, je regrette je te jure.

01h15 : Allez, c’est l’heure de dormir.

6h10 : Aaaaargh j’ai oublié de fermer les volets. 

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Les expressions françaises [1/3]: Quand les animaux envahissent le dico

Posté par MaryCherryTree 5 juin 2017 0 commentaire

Sans même que nous nous en rendions compte, nos phrases sont truffées d’expressions, et pourtant nous les utilisons souvent sans même savoir d’où elles viennent ! Elles en disent long sur l’histoire de la langue française… Voici l’explication de quelques-unes d’entre elles.

Nos amies les bêtes ont le beau rôle dans la langue française. Globalement, les expressions comportant un nom d’animal représentent un peu plus de 70% de celles qu’on utilise ! Chose guère étonnante puisqu’ils font partie intégrante de notre culture et de l’organisation de notre société. En effet, il y a une importante corrélation entre le langage et la réalité de l’époque ; nos tournures de phrases, l’apparition ou la disparition de vocabulaire, et même certaines règles de grammaire varient en fonction de la société et la culture dans lesquelles le langage est utilisé (souvenez-vous, j’abordais déjà ce sujet lorsque je vous parlais de l’écriture inclusive). Ainsi, moutons, chèvres, cochons apparaissent peu à peu dans les expressions françaises antérieurement au 19ème siècle, au moment où l’élevage de petit bétail était toujours très courant dans les foyers. Mais à partir du 19ème siècle, la dichotomie ville-campagne se marque de plus en plus et chiens, chats, chevaux deviennent majoritaires dans l’apparition de nouvelles expressions !

De même, il est intéressant de constater l’évolution de la représentation linguistique qui est faite d’un même animal au fil des siècles. Prenons par exemple le chat : au Moyen-Age, le chat était un animal auquel on prêtait de nombreuses propriétés magiques et qui était associé à la sorcellerie voire au Diable. En plus, une puissante connotation sexuelle entourait cet animal mystérieux et langoureux… Quelques siècles plus tard, alors que la domestication du chat se faisait de plus en plus courante, notre félin préféré abandonne son aura 100% négative pour gagner une réputation d’être malin, joueur, et aimant, si bien que certaines expressions françaises reflétèrent ce changement !

Ainsi, l’expression « avoir un chat dans la gorge » apparaît au 12ème siècle environ. Mais peu de gens savent que cette expression a une origine sulfureuse ! En fait, le « chat » était alors un euphémisme sexuel… « Avoir un chat dans la gorge » signifie avoir une texture gélatineuse dans la gorge (on peut ici noter qu’il s’agit en plus d’un jeu de mot entre les homonymes  maton et  maton  en ancien français, l’un signifiant « chat » et l’autre « grumeaux »). Et cette texture gélatineuse était associée… au sperme.

C’est également pourquoi on dit « Appeler un chat un chat », c’est-à-dire arrêter de tourner autour du pot avec quantité d’euphémismes, et appeler les choses par leurs vrais noms !

Plus tard, apparaît « Donner sa langue au chat », c’est-à-dire rester silencieux et attendre qu’un autre, plus sage, vienne apporter la réponse à son problème. Et ce sage n’est d’autre que notre ami le chat !

 D’autres exemples d’expressions avec des animaux :

Etre ami.e.s (ou camarades, copains..) comme cochons, a pour origine un quiproquo étymologique. Le mot soçon (ancien français), venant du latin « socius », signifiait camarade ou associé. Il a lentement glissé vers « chochon », puis « cochon » ! Ainsi, être « copains comme cochons » voudrait dire « être copains comme camarades », ce qui est nettement moins imagé.

L’expression Avoir vu le loup (qui désigne aujourd’hui le premier acte sexuel d’une femme) vient, quant à elle, d’un mélange entre l’histoire de la chasse et des contes. En effet, la chasse au loup était considérée aux 15ème-16ème siècles comme un rite de passage pour les garçons, qui devenaient « homme » après avoir chassé le loup pour la première fois. Puis, l’apparition de la thématique du loup chassant les jeunes filles dans les contes faisant son apparition dans la culture littéraire (via des contes tel que le très connu « Petit Chaperon Rouge ») , « Voir le loup » devint le fait de devenir femme, et par extension de vivre ses premières expériences sexuelles.

[N.B : Le loup remplace le chat à partir du 15ème siècle dans son rôle « d’animal sexualisé » et de nombreuses expressions, aujourd’hui désuettes, utilisent le loup comme sous-entendu sexuel]

Etre coiffé.e.s sur le poteau (se faire arracher la victoire de peu) a pour racine étymologique les courses de chevaux. « Le poteau » désigne ici le poteau marquant l’arrivée des courses de chevaux, et les crins des chevaux sont « coiffés » par la vitesse du gagnant !

La poule a toujours été associée à l’idée de la peur, et de la lâcheté. Etre une poule mouillée est une contraction entre « être une poule », et donc être peureux, et « mollir » qui signifiait à l’époque « rendre efféminé », la femme étant alors associée avec ce qui était humide et mou. Etre une poule mouillée veut donc dire être un lâche mais, en plus, un lâche efféminé ! Et oui, nos expressions sont souvent très misogynes !

Est-ce qu’il y a des expressions dont tu aimerais conaître l’origine? N’hésite pas à demander en envoyant un mail à contact@berthine.fr ou en commentant ci-dessous et je l’intégrerai dans le volet 2 de cet article!

 

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Elsa n’avait pas que de belles mains

Posté par Ju le Zébu 7 mai 2017 0 commentaire

 « Donne-moi tes mains que mon cœur s’y forme
S’y taise le monde au moins un moment
Donne-moi tes mains que mon âme y dorme
Que mon âme y dorme éternellement. »

Extrait , « Les mains d’Elsa », Le fou d’Elsa, Louis Aragon

Aragon, on ne l’appelle même plus Louis, il est si grand, ses mots sont renversants. Aragon, on ne l’appelle plus Louis. Elsa, on ne l’appelle pourtant pas Triolet. On cite rarement une artiste ou écrivaine simplement par son nom. Il y a souvent un prénom pour signifier qu’il s’agit d’une femme. Quelques contre-exemple me viennent : Despentes, Vigée-Lebrun… Après je cale.

Seghers_Aragon_&_Triolet_1942

Il y a quelque chose de fascinant à observer ce couple sur les photos en noir et blanc. Quelque chose de fascinant dans ce couple vieillissant et pourtant un peu hors du temps.

On l’appelle donc Elsa. Elsa est la muse d’Aragon. Elle n’a qu’un petit nom. Qu’il est problématique le statut de muse ! Soudain, Elsa n’est plus Elsa Triolet à nos yeux, nous, public, lecteur, élève en cours de français ou littérature. Elle est Elsa, l’Elsa d’Aragon. Nous l’associons toujours à ce grand nom, cette figure de la langue française, de l’engagement politique, de la résistance. Oui, la muse est un objet, elle appartient à son poète, à son musicien. Bien sûr, ensemble Elsa Triolet et Louis Aragon forment un couple emblématique. J’adore la langue de Louis, et j’aime les romans d’Elsa. De ses dix doigts, elle ne faisait pas que recueillir l’amour de Louis, elle écrivait, traduisait, travaillait. Oui, Elsa n’était pas seulement un objet de contemplation passif. Pourtant en cours de français, au collège, au lycée, à la fac, on nous disait seulement (et encore si on le disait) que Aragon était marié à Elsa Triolet qui était elle aussi écrivain et qu’il avait écrit de magnifiques poèmes pour elle. Une fois seulement, un prof durant ma licence a déclaré : « Aragon était fou d’Elsa Triolet qui écrivait peut-être même mieux que lui ». Elle n’écrivait donc pas seulement pour passer le temps.

Entre 1925 et 1970, Triolet écrit près d’une trentaine de romans, d’abord en langue russe puis française. Elle rédige également des articles de presse et traduit du russe au français.

L’été dernier, j’ai lu Roses à crédit (1959). Ce roman est le premier de la trilogie L’âge de Nylon. Dans ce cycle, Triolet souligne les bouleversements économiques des trente Glorieuses et ses conséquences dans la consommation quotidienne de la classe moyenne montante. C’est l’entrée du plastique dans nos vie. Du nylon dans nos vêtements.

Roses à crédit est l’une de mes grandes claques littéraires. La clarté de la langue. Le réalisme. Ce conte qui ne tournera pas bien dans ce tourbillon de sentiments vrais mais troublés par un matérialisme quasi maladif. Plusieurs thématiques passionnantes forment la trame du récit : la relation entre ville et campagne, l’amélioration génétique de la culture (de roses), la montée des échelons sociaux (et la chute), le confort moderne et ses crédits… L’héroïne de ce roman est Martine. Elle grandit dans des conditions misérables et rêve du confort de la vie moderne. Dans cette quête de mieux-être, de bien-être, elle brûle petit à petit les ailes de son amour sincère. C’est en cela que le roman est terrible. On voudrait tout arrêter, dire à ces personnages qui se déchirent qu’il faut ralentir, que tout ne pourra pas être réparé. On apprend cependant aussi à apprécier cette vie d’apparence si facile, on sent l’odeur d’une époque. Une époque d’opulence. D’opulence en plastique.

Je vous en dis peut-être déjà trop. Cela ne gâche cependant rien au récit et à cette plume. Cette ambiance, cette puissance. Je me suis parfois sentie mal. Elsa Triolet nous parle en effet d’une face sombre de l’humain, l’humain qui poursuit sa route coûte que coûte pour chuter d’encore plus haut.

Si vous êtes d’humeur à lire, je vous copie la première page de ce roman édifiant. Nous sommes quelque part dans la campagne, Martine n’est qu’une petite fille au milieu d’une fratrie qu’elle méprise, d’une boue collante et miséreuse.

« C’était cette mauvaise heure crépusculaire, où, avant la nuit aveugle, on voit mal, on voit faux. Le camion arrêté dans une petite route, au fond d’un silence froid, cotonneux et humide, penchait du coté d’un fantôme de cabane. Le crépuscule salissait le ciel, le chemin défoncé et ses flaques d’eau, les vagues d’une palissade, et une haie de broussailles finement emmêlées comme des cheveux gris enroulés sur les dents d’un peigne. Derrière, un gros chien, broussailleux lui aussi, de race indécise, traînait sa chaîne avec un bruit solitaire. Son long poil était collé par la boue du terrain, une boue tenace, où l’on distinguait la pointe d’un sabot d’enfant, englué. Cette boue retenait aussi une roue de bicyclette sans pneu, un seau, un pot de chambre, d’autres choses indistinctes…Au fond, la cabane, comme une grande caisse vieille et sale, un assemblage de planches à échardes, clouées ensemble. Il n’y avait pas de lumière derrière la fenêtre aux vitres étrangement intactes pour un univers brisé. […] ».

Elsa Triolet, Roses à crédit, Chapitre I « Un univers brisé »

PS : Roses à Crédit a été adapté au cinéma par Amos Gitaï en 2010 (je n’ai pas vu le film et j’ai un peu de mal avec Léa Seydoux mais si vous êtes plus cinéphile que lecteur, il s’agit peut-être d’une bonne option pour découvrir ce récit)

 

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Une histoire de frontières, une histoire humaine

Posté par Ju le Zébu 23 avril 2017 0 commentaire

Je viens de terminer la lecture de Zinc (Zink, en néerlandais, Belgique) de David Van Reybrouk. Des sons en « ink » et en « ouk », voilà qui peut vous sembler un brin exotique ! L’auteur traite dans cet essai de l’histoire étonnante d’un petit bout de territoire perché entre la Belgique, les Pays-Bas et l’Allemagne : la Calamine, Kalamijn. On y trouve le village de Moresnet-Neutre. Le connaissez-vous ? Je n’y ai jamais mis les pieds mais la région alentour m’est familière, c’est celle où a grandi ma mère. C’est elle d’ailleurs qui m’a glissé le livre en me disant : « Nous allions nous y promener et ramasser de petites fleurs blanches ». Les petites fleurs en question ne poussent que dans les sols riches en zinc. L’histoire de la Calamine débute, comme bon nombre de conflits frontaliers, avec l’exploitation de ressources. Le tracé des frontières n’a-t-il pas pour principale mission de déterminer qui peut exploiter un sol ? Les frontières sont abstraites. Elles sont invisibles. A moins qu’elles ne soient naturelles. On manque rarement une montagne ou un océan (mais rien ne nous empêche de les traverser). Mais entre les Pays-Bas, l’Allemagne et la Belgique, dans ces plats pays où les maisons se ressemblent, où les langues sont sœurs, où les fêtes et coutumes sont partagées, où sont les frontières ? Il y a des gens. Cela vaut pour toutes les frontières du monde. Il y a des gens. Poser des lignes sur l’humain, mouvant, vivant, est source de drames.

L’enquête menée par Van Reybrouk se concentre sur un homme, un habitant de Moresnet : Emil Rixen. Les faits revêtent ainsi un aspect humain qui donne du sens à la portée des événements et des dates. Cet homme, né au début du XXeme siècle, aura connu tous les grands changements de son village, de son époque. Né « Neutre », il aura été tour à tour Allemand et Belge. Il aura servi deux armées, fui les rangs du Reich et tout de même été fait prisonnier durant plusieurs mois par les Alliés. Ses enfants déclarent : « Ce sont les frontières qui l’ont traversé ».

Au XIXeme siècle, le zinc est en vogue. Les Pays-Bas et la Prusse, suite à la chute de Napoléon (qui avait tracé des petites lignes partout et frappé à coup de Code) effectuent un redécoupage. Personne ne veut céder à l’autre la Calamine et son village de Moresnet. Puisqu’il en est ainsi, le traité d’Aix-la-Chapelle octroie provisoirement un statut juridique unique en Europe au village : la neutralité. Moresnet se voit greffé de « Neutre » pour une centaine d’années. Quelles sont donc les conséquences d’un tel statut ? Le village ne répond à aucune autorité étatique. Pas de monnaie locale, pas de taxe. Pas de roi ou de parlement. L’organisation politique se fonde sur celle de la mine, principale activité économique. Le contre-maître est également une sorte de garde-chasse. Le code napoléonien, qui a été effacé ou adapté partout où le général français été passé, devient le seul texte de loi appliqué.

Moresnet_Karte

Mais qui habite donc ce village grandissant ? De petits êtres bleus au chapeau blanc ! Mais non ! Les habitants de Moresnet forment un « ensemble cosmopolite local ». Emil Rixen est né d’une mère allemande dans une famille du village. Il épousera une Limbourgeoise (région du Sud des Pays-Bas). Peut-être a-t-il aussi appris le français. Peut-être même l’espéranto qui est choisi pendant un temps comme langue officielle. Ce mélange et cette tolérance sont l’essence de ces régions de rencontres culturelles et linguistiques. Loin d’être des « zones tampons » faisant office de gris dans une palette entre le blanc et le noir, entre deux nations, elles recouvrent une identité propre et unique.

La Calamine forme aujourd’hui le territoire de la minorité des Belges germanophones. Moresnet, sur les photos que j’ai pu voir, ressemble à n’importe quel village du coin. Ordinairement paisible. A travers cet essai, Van Reybrouk parvient à nous expliquer comment le dessin des frontières actuelles s’est fait et quel en a été le prix humain. Je retiendrais de cette lecture comment la mixité des langues, des personnes a été brisée par le jeu des nations, des nationalismes. Lorsque je me rends aux Pays-Bas, dans ma famille, cela nous prend moins de temps pour nous rendre à Aix-la-Chappelle ou à Liège que de faire un tour à Amsterdam. Le dialecte que nous parlons est plus proche de l’allemand que du néerlandais. Où sont les frontières ? Dans nos têtes.

Référence :

Zinc, David Van Reybrouk, Actes Sud,, Novembre 2016 (8,50€, env. 75 pages)

 

CultureLecture/Ecriture

Vernon Subutex de Virginie Despentes, tome 3 prévu pour le 24 mai!

Posté par MaryCherryTree 22 avril 2017 0 commentaire

Crédits photo: Couverture de Vernon Subutex I, Karim Adduchi, Getty Images.

Après des succès tels que Baise Moi (1993) ou encore Apocalypse Bébé (2010), le talent de Virginie Despentes n’est plus à prouver. Son style d’apparence cru et incisif est marqué d’une poésie sous-jacente bouleversante ; il n’y a pas à dire, Virginie Despentes est une grande romancière. C’est pourquoi il est d’autant plus étonnant que les premiers tomes de la trilogie Vernon Subutex soient encore meilleurs que prévus.

Vernon Subutex, c’est l’histoire d’un homme qui s’appelle Vernon (jusque-là, pas de grande surprise) qui a la cinquantaine ; ancien patron d’un magasin de disque, il tombe dans une spirale infernale après la fermeture de sa boutique. Ses amis meurent un à un, emportés tour à tour par le cancer ou encore la déprime. Puis il est expulsé de son appartement, et ainsi débute une longue cavalcade dans Paris.

Mais les gens de cette génération avaient été élevés au rythme de la Voix dans la Maison des Secrets : un monde dans lequel le téléphone pouvait sonner à n’importe quel moment pour te donner l’ordre de virer la moitié de tes collègues. Éliminer son prochain est la règle d’or de jeux dont on les a gavés au biberon. Comment leur demander, aujourd’hui de trouver ça morbide ?

 

Vernon Subutex I, Edition Grasset, page 21

 

La construction romanesque est remarquable. C’est une intrigue polyphonique, c’est-à-dire que chaque chapitre est centré autour d’un personnage différent (et de Vernon, à une transsexuelle brésilienne, à un membre des Jeunes Identitaires ou encore une adolescente musulmane très pieuse, je peux vous  dire qu’il y en a, des différences !). En tout, une petite vingtaine de personnages se tournent autour, se croisent, se connaissent, se rencontrent, et gravitent tout simplement autour du mystérieux Vernon Subutex, jusqu’à ce que leurs voix multiples se rejoignent en fin de roman.

On y retrouve tous les éléments si reconnaissables du style de Despentes : le tableau social réaliste, l’engagement féroce, et une façon de décrire chaque personnage avec tant de clairvoyance qu’il est impossible de ne pas s’y identifier, même avec les plus improbables.

La prunelle de mes yeux. L’expression peine à rendre ce qui lie le parent à son nouveau-né. La prunelle de ses yeux, on pouvait la lui arracher sans qu’il tombe – la moelle de mes os s’approcherait davantage, pour dire que ça parcourt tout ce qu’on est, et qu’il s’agit du lien qui s’établit, avant même qu’on soit capable de reconnaître son enfant parmi les autres. Il était à peine arrivé, et déjà la terreur avait rempli Patrice.

Vernon Subutex I, Edition Grasset, page 273

Exemple concret: le Patrice dont il est question dans cet extrait, père épanoui d’un nouveau-né, bat sa femme et vote FN.

Le second tome, plus lumineux, vient parfaitement compléter la noirceur du premier. Mais alors, quelles surprises nous réserve l’ultime épisode ? Réponse (très attendue !) le 24 mai. Si ce n’est pas déjà fait, il vous reste un gros mois pour lire les deux premiers !