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Jean Lassalle raconte son premier enterrement.

Posté par Vincent Lautier 22 juin 2017 0 commentaire

Voici une vidéo qui a beaucoup tourné pendant la présidentielle, mais il semblerait que certains ne l’aient pas encore vue. C’est une erreur !
Peu importe qu’on n’adhère pas aux idées de cet homme, le récit de son « premier enterrement » en tant que Maire est absolument délicieux. A écouter jusqu’au bout, vraiment.

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La nature humaine selon Maurice Godelier

Posté par Loupche 19 juin 2017 0 commentaire
Qui est Maurice Godelier ?

Maurice Godelier est un célèbre anthropologue âgé de 82 ans et invité dans le monde entier pour exposer ses idées (le mois dernier, il était à Doha). Médaillé d’or du CNRS, auteur de nombreux livres et ancien assistant du grand Lévi-Strauss, Maurice Godelier donne encore aujourd’hui des cours qui ressemblent parfois à des épisodes de Père Castor.

Dans son dernier cours, il décide de nous présenter un bilan de ses recherches, avec comme prétexte : « comme ça si je meurs cet été, vous serez mes héritiers ». Même si j’espère que notre cher Maurice vivra encore de nombreuses années, j’ai eu envie de te présenter un de ses concepts qui a particulièrement attiré mon attention pendant son cours, à savoir ce qui compose la nature humaine.

Qu’est-ce que la nature humaine selon Maurice ? Quelles sont les choses que nous partageons tou.te.s, qui traversent l’Histoire et les cultures ?

Pour Maurice, il y a 5 composantes de la nature humaine, infinies, répétitives et communes à tou.te.s.

1. Un individu n’est jamais responsable de son existence. Il dépend toujours d’un homme et d’une femme (ou d’un spermatozoïde et d’un ovule). On n’a choisi ni de naître, ni notre sexe biologique, ni notre corps.

2. Un individu naît toujours dans une société et une époque qu’il n’a pas choisi. Il doit donc apprendre une ou plusieurs langue(s) qu’il n’a pas produit lui-même, ainsi que tout un système interprétatif.

3. On naît donc avec la capacité génétique de produire et de comprendre des signes qui font sens pour nous et pour tous ceux qui produisent et partagent le même code.

4. Un enfant ne peut pas survivre sans les soins, la protection et l’affection de d’autres être humains. Les anglo-saxons appellent ça le care. Ce sont souvent les parents qui ont ce rôle, mais pas nécessairement. La parenté, sous toutes ses formes, est donc le point de départ de la vie.

5. Du fait de la parenté, un individu va naître à une place qu’il n’a pas choisi dans une société. L’individu n’a pas choisi d’être homme ou femme, blanc ou noir ou, pour donner un exemple plus extrême, il n’a pas choisi la caste dans laquelle il va naître en Inde.

Essaie d’appliquer ces composantes à chaque être humain sur cette planète, que ce soit la bobo parisienne ou l’homme de Papouasie-Nouvelle-Guinée, tu verras que nous y répondons tou.te.s ! Ces 5 éléments échappent à notre liberté, malgré le fait qu’ils soient constitutifs de ce que nous sommes. Mais Maurice rappelle qu’il ne faut pas oublier l’importance de l’histoire des sociétés dans l’équation, ce qui rend finalement ces invariants variables.

J’espère que cette petite leçon d’anthropologie avec le grand Maurice Godelier t’a plu !

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Droits de l’homme et division de la gauche

Posté par Beaumont 13 juin 2017 0 commentaire

Droits de l’homme et division de la gauche

Les élections législatives en France témoignent une nouvelle fois de l’incapacité de la gauche à s’unir pour constituer une force électorale susceptible d’offrir une alternative crédible au gouvernement des riches par les riches. Le peuple de gauche est éclaté façon puzzle : on en trouve des morceaux chez les idéalistes déçus du parti des abstentionnistes, chez les combatifs de la France insoumise, chez les éternels communistes ou trotskistes, chez les verts écologistes, et même chez quelques attardés du parti socialiste, ou dans des mouvements naissants tellement honteux qu’ils n’osent plus rien proposer sinon de relayer le moment venu les attentes des citoyens à l’Assemblée.
Passée l’expression hébétée d’un bon sens élémentaire malheureusement rétrospectif – « Ô bah mince on aurait pu être au 2e tour si on avait fait une alliance ! » – il devient nécessaire de comprendre les motifs intellectuels plus profonds du désaccord persistant entre les différentes tendances de la gauche.
Si quelqu’un se dit de gauche ou vote à gauche, il peut le faire pour plusieurs raisons, ou du moins hiérarchiser différemment ses raisons. L’un va d’abord dénoncer la corruption régnante, la monarchie présidentielle ou les atteintes aux libertés individuelles. L’autre n’aura de cesse de combattre le capitalisme mondialisé, les profits iniques des actionnaires, la destruction des services publics et du code du travail.
Cette divergence n’est pas simplement une question de sensibilité. Son histoire est séculaire : on peut remonter à la Révolution française et à l’opposition dans l’Assemblée entre les Girondins et les Montagnards. On peut aussi s’appuyer sur les deux conceptions majeures du droit qui traversent les déclarations des droits de l’homme depuis 1789.
La première déclaration de 1789 octroie surtout des droits politiques, qu’on peut aussi appeler des « droits-libertés ». Ce sont des libertés individuelles dont la collectivité ne doit pas empêcher l’exercice : Ce sont des « droits de » ou des « libertés de » : liberté de conscience, d’expression, de manifestation, liberté de la presse, droit de posséder, de commercer ou d’entreprendre.
La déclaration de 1793, puis celle de 1946, ajoutent aux droits politiques des droits économiques et sociaux, ou « droits-créances ». Ce sont des « droits à », ce qui signifient que la collectivité non seulement n’empêche pas les individus de jouir de leurs libertés, mais aussi qu’elle leur fournit activement quelque chose : le droit aux moyens de subsistance, le droit au logement, à la santé, à l’instruction, au travail. Par exemple, l’article 21 de la déclaration de 1793 proclame : « Les secours publics sont une dette sacrée. La société doit la subsistance aux citoyens malheureux, soit en leur procurant du travail, soit en assurant les moyens d’exister à ceux qui sont hors d’état de travailler. »
Pour le dire grossièrement, on peut opposer une gauche libérale et démocrate à une gauche sociale. Une gauche qui s’indigne quand le gouvernement vénézuélien réprime durement une manifestation d’opposition ; une gauche en joie quand le même gouvernement légifère pour réduire la pauvreté et favoriser l’accès aux soins et à l’éducation des plus démunis.
L’idéal progressiste de la gauche impose évidemment de penser ensemble le progrès des droits politiques et sociaux, et l’opposition des deux gauches n’est pas une nécessité : elle est plutôt la meilleure arme de la droite ! En effet, mettre exclusivement en avant les droits politiques pour masquer le mépris des droits économiques et sociaux est désormais devenu une arme idéologique et électorale puissante.
On l’a vu avec le quinquennat Hollande, dont la seule mesure de gauche fut d’accorder un nouveau « droit-liberté » aux couples homosexuels au printemps 2013, pendant qu’un Accord National Interprofessionnel facilitait les démarches de licenciement pour les patrons.
On le verra avec Macron et sans doute dès cet été, lorsqu’on discutera démocratiquement du cannabis ou de l’Islam, pendant que l’Assemblée en marche militaire votera le démantèlement des droits des salariés.
Il faudrait alors que les gauches soient capables de s’unir et de choisir leurs priorités : Est-il raisonnable de tomber dans le piège tendu par l’agenda politique et médiatique, et qui consiste à s’entre-déchirer sur le droit de fumer de l’herbe ou celui de porter un burkini sur la plage, quand 13 % de la population ne peut pas se loger ni se soigner décemment ?
Sur la distinction entre droits politiques et droits sociaux, cf notamment Georges BURDEAU,  E.U., Marcel PRÉLOT, Pierre LAVIGNE, Gérard COHEN-JONATHAN, « DROITS DE L’HOMME  », Encyclopædia Universalis [en ligne].
URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/droits-de-l-homme/
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Le combat des Lumières

Posté par Beaumont 11 juin 2017 0 commentaire

Un duel d’épée devant la cour du prince de Galles entre un travesti et un Noir… en 1787 !

 

Le 9 avril 1787 eut lieu à Londres, devant la cour du prince de Galles, un duel amical, une joute de gala entre deux des meilleures épées de leur temps : le chevalier d’Éon et le chevalier de Saint-George.

 

Le premier est un espion au service de la monarchie française. Dès sa première mission en Russie il prit la coutume de se déguiser en femme ; ce qu’il fit si admirablement et avec une telle constance que son véritable sexe devint l’objet d’une légende mondaine et des paris les plus fous. Le mystère ne fut levé que lorsque l’autopsie dévoila à la stupeur générale sa tuyauterie apparente.

 

Notre second protagoniste est un escrimeur, musicien et militant abolitionniste. Il est né en Guadeloupe d’une mère esclave noire et d’un père colon. Il naquit donc lui-même esclave, conformément au code noir en vigueur. Une suite de hasards lui permit rapidement d’être élevé en France par une famille bourgeoise qui lui prodigua une éducation d’homme libre. Il jouera un rôle important dans la défense des idées républicaines lors de la Révolution française. Le duel de ces deux figures de liberté s’acheva, dit-on, par le triomphe de la chevalière alors âgée de 60 ans, réputée imprenable, et qui dût bravement résister aux assauts du jeune et valeureux chevalier noir.

 

Événement inouï que ce duel au sommet entre un nègre et un travesti ! Scintillant fleuron du siècle du progrès ! Avaient-ils peur qu’une fois le rideau baissé ne revienne l’obscurantisme qu’ils pourfendirent ?