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Berlin, 1960 – L’histoire du live d’Ella Fitzgerald

Posté par Loupche 27 mars 2017 1 Commentaire

Je voudrais que tu écoutes la version de « How High The Moon » interprétée par Ella Fitzgerald à Berlin en 1960 (le lien est juste en-dessous). Laisse-moi t’expliquer pourquoi je tiens réellement à ce que tu écoutes cette version précise.

La seule chose meilleure que de chanter, c’est de chanter encore plus.

1960. Ella a 43 ans et est en tournée européenne depuis 1957. Plusieurs soirs par semaine depuis plusieurs années, elle chante « How High the Moon », chanson écrite par Morgan Lewis et Nancy Hamilton en 1940. Le morceau dure trois minutes et, comme tous les morceaux de jazz, il intègre une partie d’improvisation sur la grille harmonique pour que les musiciens se laissent aller à leur génie. Dans le morceau original repris par de nombreux artistes, cette partie dure une minute.

Bon, super, et maintenant que je t’ai assailli.e de chiffres et de dates et de noms, où est-ce que je veux en venir ? Eh bien ce soir-là, en 1960 à Berlin, Ella pète les plombs et, sans prévenir ses musiciens, s’envole dans une improvisation galopante de plus de cinq minutes ! On retrouve dans ces instants-là ce qui fait l’essence même du jazz : la beauté de son imprévisibilité, et la porte qu’il laisse au grand saut dans le vide. Et si tu écoutes pendant que tu lis ces mots, tu entendras qu’Ella ne fait pas les choses à moitié : elle se balade dans les octaves, enchaîne les onomatopées à une vitesse vertigineuse, embarque ses musiciens dans une aventure trépidante (ils s’en sortent d’ailleurs terriblement bien) et, à la fin de son improvisation, elle lance dans une grande exclamation « je suppose que ces gens n’ont aucune idée de ce que je suis en train de chanter ! », avant de repartir sur les deux phrases conclusives de la chanson pour finir dans un aigu magistral. En gros, Ella Fitzgerald est connue pour son agilité vocale, mais ici, son talent atteint des sommets.

Conclusion : écoute. Ça fait six fois que j’appuie sur « rejouer » et je ne m’en lasse pas, c’est mieux que n’importe quelle drogue ce truc.

1 Commentaire

ReiPika 5 avril 2017 at 9 h 38 min

Ella Fitzgerald <3 Une femme grandiose à la voix pure et magnifique! Super article sur la "First Lady of Swing "
Et … Ce morceau est sublime !!

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