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A la rencontre de November Polaroid

Posté par MaryCherryTree 10 juin 2018 0 commentaire

November Polaroid est un projet né au fin fond de l’Ouest américain, alors que Julie et Solène s’y promenaient armées de leurs guitares. Ce groupe lillois propose une musique un peu hybride, la “dream folk”; à l’occasion de la sortie de leur dernier clip et quelques mois après leur premier EP, nous avons rencontré Julie et Solène.

To The North, un morceau de l’E.P « 6 a.m. » de November Polaroid

Bonjour! Pouvez vous nous présenter votre projet en quelques mots?

Bonjour ! Notre projet s’appelle « November Polaroid ». Il existe depuis fin 2015, et a pris forme lorsqu’on a décidé d’aller parcourir l’ouest américain avec nos guitares. En revenant, on s’est lancé ! La dream folk est une sorte d’indie-folk à l’atmosphère éthérée, qu’on essaie de créer grâce aux textures de son, et principalement à la reverb. Les ambiances sont plutôt mélancoliques. Certains aspects sont caractéristiques de la dream-pop, mais on affectionne particulièrement le côté brut et songwriting du folk. D’ailleurs, dans notre processus d’écriture, on part souvent du second pour aller vers le premier. Ça s’imbrique assez naturellement de par nos influences respectives.

La question des influences est d’actualité, car de plus en plus de critiques se plaignent de l’absence de renouveau dans la musique; vous pensez qu’il est toujours possible de créer de nouvelles choses?

Etre influencé par ce qu’on a écouté, ce qu’on a aimé, ceux qu’on a admiré en tant qu’artistes, ça nous paraît plutôt normal et sain. A notre sens, ce n’est pas nécessairement synonyme de conformisme ou d’immuable recommencement.

On trouve en revanche important d’apporter quelque chose de nouveau à une substance qui est nécessairement un peu le reflet de choses passées. De créer des chansons qui disent les choses comme si elles n’avaient jamais été dites avant. C’est l’intention qui doit être nouvelle, ancrée dans une époque, écho de celui qui a créé.

Dans un monde où les réseaux sociaux servent de tremplin à tous les esprits créatifs, est-ce difficile de se faire remarquer?

On ne voit pas vraiment les réseaux sociaux comme un tremplin à vrai dire. Ni comme un moyen de nous faire remarquer. Les belles opportunités que l’on a eu jusque-là n’ont jamais été provoquées par les réseaux sociaux. Au contraire, elles ont pour la plupart découlé de concerts et de rencontres. De hasards aussi, parfois. Mais en tout cas, de choses profondément ancrées dans le réel. Et tant mieux !

Justement, en parlant de belles rencontres, vous avez joué en première partie des Fleet Foxes à Lille en juin 2017; une expérience marquante?

C’était tellement incroyable qu’on a l’impression que ça n’a existé que dans nos têtes (haha). C’est un groupe que l’on suivait, dont on a écouté les albums en boucle. Nous retrouver sur la même scène qu’eux, c’était plutôt inattendu.

Les conditions techniques étaient optimales et on a été très bien accueilli par l’équipe de l’Aéronef  (une salle de concert lilloise, ndlr) . Il y avait beaucoup de monde, c’était sacrément impressionnant. Fleet Foxes, c’est une grosse machine, mais on a eu l’occasion d’échanger quelques mots avec le groupe, qui était très cool.

Ça a été d’autant plus marquant pour nous qu’on ne s’y attendait pas. C’est une expérience qui nous a beaucoup appris et qui nous a encouragé à démarcher ce type de scènes. Enfin, pour l’instant, on l’a pas encore fait, mais on va y venir ! Peut-être que d’autres nous feront confiance et qu’on vivra d’autres belles expériences comme celle-ci.

Quel est votre plus beau souvenir musical?

Celui juste au-dessus ! Et après celui-là, le concert en première partie de Grand Blanc, pour le festival Tour de Chauffe. Il a clôturé une année d’accompagnement par le dispositif, pendant laquelle on a beaucoup appris grâce aux différents intervenants.

Et puis c’était au Nautilys, à Comines qui est un lieu avec lequel on garde un lien particulier. On y a fait nos premières répétitions, notre première résidence, notre premier concert dans une vraie salle. C’est un endroit qui nous a vu évoluer. Et l’équipe est top ! Ils nous ont accompagnées à l’époque et nous soutiennent encore aujourd’hui, dès qu’ils en ont la possibilité.

Chez Berthine, nous aimons parler des femmes, de leur combat, de leurs diversité… Est-ce parfois difficile d’être un duo de femmes dans le monde de la musique?

Honnêtement, quand on se penche sur nos expériences passées, on a eu finalement peu de moments difficiles liés au fait d’être un duo féminin. Ca reste à la marge. Mais il y a quand même eu de rares fois où on a ressenti une différence de traitement entre les groupes de garçons, et nous. Parce qu’on était moins prises au sérieux. C’est assez déstabilisant la première fois. Et puis, les fois d’après, tu te dis qu’il t’appartient d’avoir l’aplomb nécessaire, et de prouver sur scène que tu as ta place. Mais ça reste dommage, de devoir apporter une preuve de ta légitimité.

Finalement, ce qui nous dérange le plus à ce sujet, c’est le manque de visibilité des femmes dans les musiques actuelles. On est (trop) souvent le seul groupe féminin de l’événement, quand il s’agit de festivals ou de tremplins par exemple. Et ce manque de visibilité existe pour les artistes mais aussi au niveau de la technique ou des directions de salle.

D’ailleurs on a suivi la création récente de l’association Loud’Her, qui oeuvre à la féminisation des musiques actuelles. On trouve que c’est un super projet, qui mérite d’être soutenu.

We Are Strangers, un morceau de l’E.P « 6 a.m. » de November Polaroid

Quels sont vos projets pour les mois à venir?

On aimerait avant tout faire vivre cet E.P. dans les mois à venir, en jouant un peu partout, autour de la métropole lilloise mais aussi dans le Sud des Hauts-de-France, en Belgique ou à Paris.

On a également pour idée de démarcher les tourneurs, les sociétés d’édition / de management voire les labels. C’est quelque chose qu’on n’a encore jamais fait. Pourtant, on nous y encourage. Ça nous semble inaccessible en fait, peut-être parce qu’on ne se sent pas encore légitime. Mais on aimerait s’entourer un peu, passer une étape. Il parait que le tout, c’est de se lancer !

Et pour finir, un film/livre/artiste à nous conseiller?

Julie :

Un livre :  Le festin nu – William S. Burroughs

Un film : Kids – Larry Clark

Un artiste : Alela Diane

 

Solène :

Un livre : Seul autour du monde – Joshua Slocum

Un film : Get out – Jordan Peele

Un artiste : This is the Kit

 

Retrouvez November Polaroid sur Bandcamp,  Youtube et Facebook!

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